En complément du recensement des Enfants d’Israël effectué dans le désert du Sinaï, un total de 8580 Lévites, hommes entre 30 et 50 ans, est compté, pour récapituler le nombre de ceux qui se livreront effectivement à la tâche de transporter le Tabernacle.

D.ieu communique à Moché la loi de la Sotta, la femme indocile, suspectée d’infidélité envers son mari. Sont également données les lois du Nazir qui renonce à la consommation de vin, laisse pousser ses cheveux et ne peut se rendre impur par le contact avec un corps sans vie.

Aharon et ses descendants, les Cohanim, sont instruits sur la manière de bénir le peuple d’Israël.

Les dirigeants des douze tribus d’Israël apportent tous leurs offrandes pour l’inauguration de l’Autel. Et bien que leurs dons soient identiques, chacun est apporté un jour différent et ils sont décrits, un par un, par la Torah.

La Paracha de cette semaine comporte la mitsva de Nezirout, c’est-à-dire de faire le vœu d’être Nazir. Ce sujet présente un paradoxe. D’un côté, concernant le Nazir, la Torah statue : «Le diadème de son D.ieu est posé sur sa tête… Il est saint pour D.ieu» et il est équivalent à un prophète, comme il est écrit : «Et de tes fils, J’(en)élèverai certains comme prophètes et de tes jeunes, (certains) comme Nazirs».

Cependant, la Torah requiert également d’un Nazir qu’il apporte un sacrifice expiatoire, établissant qu’il a «péché contre son âme». Et nos Sages de parler de lui en le critiquant, posant une question rhétorique : «Les choses que la Torah interdit ne sont-elles pas suffisantes pour toi ? (Pourquoi) dois-tu ajouter des interdictions supplémentaires ?»

Car l’ascétisme a toujours été déconsidéré par la Torah. Contrairement aux autres fois qui mettent les ermites éthérés sur un piédestal, le Judaïsme met l’accent sur la sanctification de l’ici et du maintenant, sur le fait d’apporter de la sainteté dans le contexte de notre expérience quotidienne, ordinaire.

C’est dans cette optique que nos Sages enseignent que le verset : «Connais-Le dans toutes tes voies» est «un petit passage sur lequel repose tous les fondements de la Torah».

Le Judaïsme souligne l’importance de connaître D.ieu, non seulement à la synagogue ou dans les lieux d’étude, mais dans chaque dimension de notre vie quotidienne, dans notre activité professionnelle, dans notre maison et même dans la manière dont nous nous détendons. Comme le dit Maïmonide : «Un homme doit diriger son cœur et l’intégralité de son comportement vers un but unique, être conscient de la présence de D.ieu, béni soit-Il. La façon dont il se repose, se lève, et parle doit être dirigée vers cette fin». Car le but de la création est d’utiliser chaque parcelle d’existence dans le service de D.ieu.

En s’interdisant la consommation de vin, le Nazir prend une direction opposée. Le vin est le symbole de la joie et du plaisir, une substance qui nous permet de nous relâcher et de nous détendre. Mais cette joie et cette détente doivent constituer une expérience de sainteté, accomplie de manière à rapprocher l’homme du Divin. Quand quelqu’un s’abstient de vin, il dit par là qu’il ne sait pas comment sanctifier une telle activité.

Dans ce cas, pourquoi le Nazir est-il donc digne de louanges ? Parce que parfois, un homme doit admettre ses défauts. Quand une personne se regarde dans un miroir et réalise qu’elle a certaines tendances qu’il lui est impossible de contrôler, elle est, en fait, en train d’accomplir les premiers pas vers ce contrôle qui lui manque. Pour citer à nouveau Maïmonide, «faire et garder les vœux de s’abstenir de certains modes de (conduite) (indésirables) instille chez la personne la tendance à réfréner les désirs qu’elle cherche à soumettre. Cette habitude se maintiendra et il lui sera facile d’acquérir la retenue, c’est-à-dire la tendance à se protéger de l’impureté».

Ainsi, lorsque le Nazir fait le vœu de développer le contrôle de soi et la discipline intérieure, la Torah considère que cette attitude est admirable. Mais quand il agit ainsi parce qu’il pense que l’intention ultime de D.ieu est l’abstinence éthérée, sa conduite est comparable à un péché.

Perspectives

La résolution ultime du conflit intérieur décrit plus haut s’effectuera avec la venue de Machia’h, quand «le bien s’écoulera en abondance et tous les délices seront aussi librement accessibles que la poussière». Au jour d’aujourd’hui, puisque l’existence matérielle présente un défi et que l’on doit véritablement apprendre à se maîtriser, la retenue joue un rôle important dans notre service Divin.

Mais à l’époque de Machia’h quand «l’occupation du monde entier sera exclusivement de connaître D.ieu», il n’y aura alors aucun besoin de tels freins. Car dans cet environnement où sera révélée la Divinité, l’homme ne sera pas poussé par des désirs égoïstes. Il profitera de tout le bien que le monde pourra lui offrir mais il appréciera aussi que ce bien est une expression de la bonté Divine et utilisera donc toutes ces influences à Son service.