Moché étudie les lois de la Vache Rousse dont les cendres purifient la personne qui a été en contact avec un corps sans vie.

Après quarante ans de voyage dans le désert, le Peuple d’Israël arrive dans le désert de Sine. Miryam meurt et le peuple a soif. D.ieu dit à Moché de parler à un rocher et de lui ordonner de produire de l’eau. Moché est en colère contre les rebelles et frappe la pierre. De l’eau en sort mais Moché apprend de D.ieu que ni lui ni Aharon ne pénétreront en Terre Promise.

Aharon meurt au Mont Hahar et lui succède, dans la grande prêtrise, son fils Elazar. Des serpents venimeux attaquent le camp des Bné Israël, après une nouvelle explosion de mécontentement lors de laquelle le peuple «parle contre D.ieu et Moché». D.ieu dit à Moché de placer un serpent d’airain sur un haut bâton et promet que tous ceux qui le regarderont seront guéris. Le peuple chante un chant en l’honneur du puits miraculeux qui leur donne de l’eau dans le désert.

Moché conduit le peuple dans ses batailles contre les rois Emoréens, Si’hon et Og (qui cherchent à empêcher le passage du peuple d’Israël à travers leurs territoires) et dans la conquête de leurs terres qui se situent à l’est du Jourdain.

La Paracha commence avec le verset : «Voici le décret de D.ieu» et poursuit en décrivant le processus de purification requis après qu’une personne a été en contact avec un corps humain sans vie.

Nos Sages expliquent que le terme ‘Houkat, «décret»,  évoque une loi qui ne peut être comprise par la logique humaine. Car tout le concept de la pureté et de l’impureté rituelles n’est pas quelque chose qui peut être saisi par notre intellect.

Pourquoi quelqu’un qui aurait été en contact avec un corps devrait-il être considéré comme impur ? Il n’a ni péché ni transgressé une interdiction. Bien au contraire, prendre soin d’un corps, le préparer pour l’enterrement et l’enterrer constituent un acte de bonté immense pour la personne qui a quitté ce monde et pour sa famille. Pourquoi celui qui accomplit un tel acte n’aurait-il pas le droit de pénétrer dans le Temple ou de prendre part à la consommation des sacrifices, parce qu’il s’est rendu impur ?

Cela va encore plus loin. Une fois que la Torah a décrété que la personne qui a été en contact avec un corps est devenue impure, le procédé qui lui est indiqué pour regagner sa pureté est encore plus difficile à comprendre.

En fait, le Midrach relate que lorsque D.ieu dit à Moché qu’une personne devenait ainsi impure, son visage perdit sa coloration et il s’exclama : «Comment une telle personne peut-elle regagner sa pureté ?». Et même après que D.ieu lui eut indiqué le processus de purification, utilisant les cendres de la Vache Rousse (ce qui est le sujet de cette Paracha), Moché demanda : «est-ce suffisant ?».

D’où venait la difficulté qui se posait à Moché ?

Dans tous les autres cas d’impureté rituelle, il s’agissait, en fait,  d’une personne vivante. Tant qu’il existe une connexion entre l’âme et le corps, l’âme, qui est «une véritable partie de D.ieu», peut surmonter toute déficience spirituelle et va, en fait, jusqu’à élever le corps à un statut où il peut également devenir pur. Mais après que l’âme a quitté le corps et que le lien entre eux a été coupé, cette dynamique n’est plus possible. La mort apporte avec elle une notion de fin. Apparemment, l’âme n’a plus aucun lien avec le corps dont il ne reste que la dimension matérielle, physique. C’est la raison pour laquelle le corps, lui-même, est une source d’impureté. Une fois qu’une telle impureté a été transmise à une autre personne, il apparaîtrait que la pureté ne peut jamais être regagnée.

D.ieu informe cependant Moché que ce lien entre l’âme et le corps n’est jamais totalement coupé. Pendant que l’âme habitait le corps, il étudiait la Torah et accomplissait les Mitsvot. La conséquence en est que la qualité Divine de la Torah s‘imprègne dans le corps, de façon permanente. Même après le départ de l’âme, ce lien Divin perdure. C’est pourquoi, il n’y a aucune notion de fin, associée à l’impureté transmise par un corps, et l’on peut retrouver la pureté, même après un contact avec la mort.

Toutefois, cette possibilité est un «décret», quelque chose que notre esprit ne peut réellement comprendre. Car l’intellect humain ne peut appréhender une relation entre quelque chose qui est matériel et quelque chose qui est spirituel que lorsque les deux sont en contact. Mais de la perspective de D.ieu, le matériel et le spirituel ne sont jamais véritablement séparés et même quand, selon toutes apparences, il n’existe plus de lien, l’empreinte du spirituel reste marquée, à tout jamais. Plus encore, cette empreinte spirituelle nous permet de gagner la prise de conscience de la vérité ultime : même notre existence matérielle est une expression de la Divinité. De ce point de vue, l’impureté n’est que temporaire.

Perspectives

Aujourd’hui, les concepts que l’on vient d’aborder représentent un «décret». Ils dépassent notre compréhension normale et quotidienne. Car l’état d’esprit qui domine est celui d’une conscience matérielle. Nous avons une relation avec le spirituel, le considérant comme quelque chose d’abstrait et qui dépasse notre réalité quotidienne. Dans le meilleur des cas, quand nous entretenons une relation active entre le spirituel et le matériel, il est possible que nous apprécions l’influence du spirituel. Mais le matériel reste toujours dominant et parfois va même jusqu’à éclipser complètement le spirituel.

Cependant, dans le futur ultime, tout cela changera. La nature véritablement Divine de la totalité de l’existence sera révélée et nous apprécierons que non seulement l’âme mais aussi le corps sont une expression de D.ieu. Cela nous permettra de comprendre différemment le monde matériel. Au lieu de le considérer comme la source des plaisirs et des satisfactions physiques, nous en ressentirons l’essence Divine profonde.

Cela introduira une ère nouvelle, une ère où, selon les paroles des prophètes, «Je ferai en sorte que l’esprit d’impureté partira de la terre» et «la mort sera avalée pour l’éternité». Alors, le corps, lui-même, sera une source de vie éternelle. Et plus encore, même ceux qui sont partis reviendront à la vie.