A peine a-t-il permis aux Enfants d’Israël de quitter l’Egypte que le pharaon se lance à leur poursuite pour les obliger à revenir. Le peuple hébreu se trouve pris au piège, entre les armées égyptiennes et la mer. D.ieu dit à Moché de lever son bâton au-dessus de l’eau et la mer s’ouvre pour permettre au Peuple juif de passer puis elle se referme sur les assaillants égyptiens. Les Enfants d’Israël entonnent un chant de louange et de gratitude à l’égard de D.ieu.

Dans le désert, le peuple souffre de faim et de soif et se plaint sans cesse à Moché et Aharon. D.ieu adoucit miraculeusement les eaux amères de Marah et par la suite, Moché fait jaillir de l’eau d’un rocher, en le frappant de son bâton. Grâce à son mérite, la Manne tombe des cieux, chaque matin avant l’aube, et des cailles apparaissent, chaque soir, dans le camp d’Israël.

Les Enfants d’Israël reçoivent l’instruction de ramasser, chaque vendredi, une double portion de la Manne, puisqu’elle ne tombera pas le Chabbat, décrété par D.ieu comme jour de repos. Certains désobéissent, veulent en ramasser le septième jour mais n’en trouvent pas. Aharon préserve une petite quantité de Manne dans une fiole, comme témoignage pour les générations futures.

A Refidim, le peuple est attaqué par Amalek qui est vaincu grâce aux prières de Moché et une armée levée par Yehochoua.

 

La Paracha mentionne, cette semaine, la Manne, cette nourriture céleste qui sustenta le Peuple juif tout au long de son périple dans le désert. La Manne servit de moyen d’apprentissage, enseignant aux Juifs à développer leur foi et leur confiance en D.ieu. Pendant quarante ans, la Manne, « pain du Ciel », tomba quotidiennement, démontrant clairement à chacun qu’il n’était pas besoin de se soucier de ses besoins. « La part de chaque jour (descendait) le jour dû », ce qui venait enseigner que « Celui Qui a créé le jour en a également créé la subsistance nécessaire ».

Cette prise de conscience permit au Peuple juif de faire la transition vers les normes du « pain de la terre », après leur entrée en Israël. Quand ils furent confrontés au défit de subvenir à leurs propres besoins, à travers des moyens naturels, ils furent capables de rester conscients du fait que « c’est Lui Qui (…) donne la possibilité de prospérer ».

Il est donc sous-entendu que la foi et la confiance ne sont pas des excuses qui pourraient permettre à la personne d’être paresseuse ou même passive. Elles permettent, bien au contraire, d’organiser sa vie en un partenariat avec D.ieu, L’associant à ses efforts pour gagner sa vie et élever sa famille, dans l’esprit du verset : « Et l’Eternel ton D.ieu te bénira dans tout ce que tu feras ». Cela implique que la Torah ordonne à chacun de créer un moyen naturel pour sa subsistance, et ne pas « se reposer sur un miracle ».

Mais pourquoi doit-on utiliser ces moyens intermédiaires ? Parce que nous en avons reçu l’injonction. Nous ne considérons pas ce moyen intermédiaire comme important en soi mais nous ne l’utilisons qu’en réponse au commandement de D.ieu, tout au plus comme un outil par lequel D.ieu accomplit Son œuvre. Ainsi, tout en travaillant et en prenant des initiatives, nous réalisons que rien de ce que nous accomplissons n’est le résultat de « (notre) force et de la force de (notre) main » mais c’est D.ieu « Qui (nous) donne la possibilité de prospérer ».

Il ne s’agit pas seulement d’un récit appartenant à notre passé. Le Rabbi Maharach avait l’habitude de dire que même aujourd’hui, dans la période d’exil, notre subsistance descend comme le faisait la Manne, comme du « pain du ciel ». Nos efforts pour gagner « le pain de la terre » ne sont, en réalité, qu’un canal pour la subsistance ultime, « le pain du Ciel ».

Il ne s’agit pas simplement de concepts spirituels. Mais ils ont un effet direct sur la façon dont nous devons gérer les deux émotions les plus directement en relation avec notre réussite financière : l’ambition et la crainte. Une dose soigneusement mesurée de ces sentiments est bienvenue. Une mesure excessive de l’un des deux, et a fortiori des deux, est dangereuse.

Que peut causer un excès d’ambition ou de crainte ? Un manque de foi en D.ieu.

Quand nous étudions la leçon de la Manne, c’est-à-dire le principe selon lequel, chaque jour, nous recevons de D.ieu exactement ce dont nous avons besoin, nous n’aspirons pas sans cesse à plus, empruntant alors un chemin qui risque de nous faire perdre ce que nous possédons déjà. Nous ne sommes pas non plus paralysés par la peur et incapables de faire la démarche nécessaire pour protéger et augmenter ce que nous possédons. Mais nous jouissons joyeusement de ce que nous possédons et entreprenons les actions nécessaires pour augmenter nos ressources.

Perspectives

Ce Chabbat a un nom très particulier, on l’appelle Chabbat Chira, « le Chabbat du chant », parce qu’on y lit le chant qu’entonna le Peuple Juif après le miracle de la mer rouge.

En fait, la Paracha de cette semaine comprend plus précisément deux chants : le chant dans lequel Moché entraîna les hommes et le chant dans lequel Myriam entraîna les femmes. Ce dernier exprimait encore plus d’élan. En effet, Myriam fit aussi danser les femmes et elles accompagnèrent leurs chants de tambourins.

Nos Sages s’interrogent : où purent-elles se procurer des tambourins dans le désert ? Ils apportent la réponse suivante : les femmes juives avaient confiance que D.ieu accomplirait des miracles dans le désert, aussi emportèrent-elles avec elles, d’Egypte, des tambourins, dans l’attente de pouvoir célébrer ces miracles. Encore en Egypte, ces femmes juives avaient la foi dans la rédemption et dans les miracles.

Cela nous ramène au thème de la foi que nous avons mentionné plus haut. Alors même que nous sommes encore en exil, nous devons nous rappeler qu’il ne s’agit que d’un phénomène temporaire. Aujourd’hui, la Rédemption n’est pas manifeste mais puisque l’exil va finir et qu’elle deviendra éternelle, elle est la vérité de notre existence. Et notre foi en D.ieu va, en fait, servir d’élément déclencheur pour que la Rédemption surgisse de façon anticipée, tout comme nous l’affirmons dans nos prières : « Rapidement refleurira la pousse de David… parce que nous espérons en Ta délivrance tout le jour. »