La lecture de cette semaine se concentre sur les habits sacerdotaux, comprenant également les huit vêtements du Grand Prêtre. Parmi eux, le manteau, dont il est dit : « Il y aura des clochettes d’or et des grenades tout au long de la bordure du manteau. Aharon le portera pendant son service. Leur son s’entendra quand il pénétrera dans le Sanctuaire devant D.ieu et quand il partira ».

Une question se pose  : pourquoi le son des clochettes doit-il se faire entendre lorsque le Grand Prêtre pénètre dans le Sanctuaire  ? Il semblerait plutôt que leur son présente un inconvénient, comme le reflète le verset se référant à la révélation de D.ieu au prophète Elie : D.ieu n’intervenait pas dans le bruit ». C’était plutôt « une silencieuse et tranquille voix » qui révélait la présence Divine. Cependant, cette idée ne contredit pas ce que nous lisons dans cette Paracha dans la mesure où il s’agit de deux niveaux de Divinité. Le verset «  D.ieu n’intervenait pas dans le bruit » fait allusion à un niveau de Divinité sublime, un niveau qui transcende les limites de l’existence matérielle. Mais lorsqu’il s’agit de niveaux moindres, ceux qui sont incorporés dans des créatures matérielles, le service Divin doit alors être associé au bruit. Expliquons cette idée. «  Une silencieuse et tranquille voix » reflète le service Divin d’une personne qui a complètement soumis son individualité à D.ieu. C’est pour cette raison qu’elle est silencieuse. Elle ne possède pas de voix, par elle-même, son identité étant effacée. Mais lorsque quelqu’un n’a pas atteint un tel niveau, dans son service Divin, et garde encore son individualité, il doit accomplir un service « bruyant ». Son égo rencontre des défis et des conflits, des vestiges, ou peut-être plus que des vestiges, des aspects négatifs de sa personnalité auxquels il doit se confronter. Ces conflits et ces confrontations provoquent, pour ainsi dire, du « bruit ». Donnons un exemple concret. Quand des substances pures et raffinées brûlent, elles ne font que peu, voire pas, de bruit. Mais quand brûlent des matériaux bruts, ils font entendre des craquements très sonores. En fait, plus la substance est grossière, plus elle fait du bruit. C’est sur cette base que nous pouvons comprendre la conduite du Grand Prêtre. Le jour de Yom Kippour, lorsqu’il péné- trait dans le Saint des Saints, il ne portait pas son manteau mais une simple robe blanche qui n’avait pas de clochettes. Car alors, dans cette chambre où la Présence Divine se révélait ouvertement, le silence était de mise. Dans le Saint des Saints, il perdait tout sens d’individualité personnelle, suivant le modèle d’  «  une silencieuse et petite voix ». Par contre, tout au long de l’année, en accomplissant son service dans le Sanctuaire, il portait son manteau et se faisait entendre. Car alors, il agissait au nom de tout le Peuple juif, même de ceux dont le niveau spirituel n’était pas élevé. Son service comportait donc du bruit, c’est-à-dire le son qui résultait des conflits spirituels que rencontraient les individus avec lesquels il était lié. A Yom Kippour, tout le monde était élevé au-dessus de ces conflits. Durant l’année, il était nécessaire d’y faire face. Ce «  bruit  » présente un autre avantage en rapport avec la dissémination de la Torah. Dans un monde où tout est publié de manière sonore, et c’est là la manière d’attirer l’attention, des techniques similaires, qui se proposent de permettre un raffinement, doivent être utilisées pour disséminer la Torah. Il nous faut aller dans le domaine public, sans être gênés, animés par notre désir d’attirer les gens à la Torah et proclamer son message haut et fort. Perspectives La lecture de la Torah commence par le commandement de préparer de l’huile d’olive pour la Menorah, le candélabre utilisé dans le Beth Hamikdach. La Torah indique que l’huile doit être « écrasée pour la lumière  ». Nos Sages expliquent que l’olive est une métaphore du Peuple juif. Quand ils sont «  écrasés », pressés jusqu’au cœur, ils produisent de l’huile «  pour la lumière  », « la lumière de la Rédemption ». Il existe cependant une différence dans la manière dont ce thème s’applique dans notre génération par rapport aux générations précédentes. Auparavant, cette « pression » était extérieure. Persécutions après persécutions, pogroms après pogroms, exils après exils, l’enveloppe extérieure du Peuple juif fut brisée et leur intériorité Divine révélée. De nos jours, D.ieu merci, de telles pressions n’existent généralement plus. Dans la grande majorité, le Peuple juif vit dans la paix et la prospérité et n’est plus persécuté par les nations du monde. Et pourtant, nous nous sentons « (op)pressés ». Le fait même que nous soyons en exil, que Machia’h ne soit pas encore venu et que le monde n’ait pas atteint son apogée constitue une prise de conscience écrasante, qui secoue chacun de nous dans notre essence-même et nous motive à produire notre « huile » pour « la lumière de la Rédemption ».