Le huitième jour, suivant les sept jours de leur initiation, Aharon et ses fils commencent leur service de Cohanim (prêtres). Un feu jaillit de D.ieu pour consumer les offrandes et la Présence Divine vient résider dans le Sanctuaire.

Les fils aînés d’Aharon offrent un «feu étranger devant D.ieu, qu’Il ne leur avait pas commandé» et ils meurent devant D.ieu. Aharon reste silencieux devant sa tragédie.

Moché et Aharon sont, par la suite, en désaccord sur un point de la loi concernant les offrandes mais Moché reconnaît qu’Aharon a raison.

D.ieu ordonne les lois de la Cacherout, identifiant les espèces animales permises et celles qui sont interdites à la consommation. Les animaux mammifères ne peuvent être consommés que s’ils ont le sabot fendu et ruminent. Les poissons doivent posséder des nageoires et des écailles. Une liste d’oiseaux non Cacher est établie ainsi qu’une liste d’insectes Cacher (quatre espèces de sauterelles).

Chemini comporte également certaines lois de pureté rituelle, y compris celles qui évoquent la nature purificatrice du Mikvé (un bassin d’eau construit selon certaines règles précises) et de la source. C’est ainsi que le peuple est enjoint de «faire la distinction entre l’impur et le pur».

La Paracha décrit, cette semaine, l’inauguration du Sanctuaire du désert. Pour compléter ce récit, la Haftara décrit la façon dont l’Arche fut apportée à Jérusalem par le Roi David, pour préparer la construction du Temple.

Accompagnant l’Arche, le roi était emporté par la joie. La Présence de D.ieu allait résider dans la ville qu’il avait construite. C’est pourquoi «Le roi David dansait follement et caracolait devant D.ieu».

Sa femme, Mi’hal, la fille du roi Chaoul, regarda par la fenêtre et fut horrifiée par la conduite de son mari. Quand il rentra à la maison, elle le lui reprocha : «Quelle est la gloire du roi d’Israël, en ce jour, lui qui s’est découvert aujourd’hui… comme un de ces hommes bas qui se découvrent sans honte !».

David répliqua durement : «En présence de D.ieu Qui m’a préféré à ton père… je me considérerai encore moins digne de respect que cela».

Pourquoi les Ecritures se réfèrent-elles à Mi’hal comme à «la fille du Roi Chaoul» et pourquoi David mentionne-t-il le choix de D.ieu Qui le préféra à Chaoul ?

Là est le cœur du problème. Ce que David signifiait abruptement à Mi’hal était que c’était précisément sa faculté à se laisser aller, à se donner entièrement, sans retenue, à D.ieu, qui expliquait le choix de D.ieu porté sur lui et non sur Chaoul. Chaoul suivait sa logique. Bien sûr, il était engagé à suivre la volonté de D.ieu, mais seulement dans les limites de sa compréhension. Il ne pouvait pas se dépasser complètement. Alors que chez David, l’aptitude à le faire était la base de sa relation avec D.ieu. Il ne connaissait aucune limite. Il se dévouait à D.ieu, de tout son être.

Et cela le menait à une joie illimitée. Il ne dansait pas parce qu’il était personnellement joyeux. Son allégresse n’était pas le résultat de la prise de conscience de la grande chose qu’il avait accomplie. En fait, il ne pensait à rien. Il était en présence de D.ieu et Le célébrait sans limites. Car tout comme D.ieu est illimité et infini, le service de l’homme doit également ne connaître aucune restriction. Il était bien loin de réfléchir à «un comportement respectueux et approprié». Son «moi» avait complètement été éclipsé. Il formait un avec la Divinité, devant laquelle il n’existe aucune possibilité que l’être mortel ne se considère comme grand.

Rambam (Maïmonide) le dit plus succinctement : «Celui qui se comporte en orgueilleux, qui recherche son propre honneur… est, dans tels cas, un pécheur et un fou. A ce propos, le Roi Chlomo avertit : «Ne recherche pas la gloire devant le Roi». (Par contre) celui qui s’abaisse et pense en termes peu élogieux de sa personne… est véritablement quelqu’un de grand, digne d’honneur».

Quand l’on se réjouit de telle manière, alors, et pour à nouveau citer Rambam : «le bonheur avec lequel il devrait se réjouir de l’accomplissement des mitsvot et l’amour de D.ieu Qui les a ordonnées est véritablement un grand Service».

Perspectives

La Torah met l’accent sur le fait que l’inauguration du Sanctuaire eut lieu le huitième jour. Pourquoi le huitième ? Parce que l’ordre naturel du monde est structuré sur un modèle de «sept», comme l’indiquent les sept jours de la semaine. «Huit» représente la transcendance de la nature. C’est pourquoi le Sanctuaire, où la Présence de D.ieu, révélation au-dessus de la nature, était manifeste, fut inauguré le huitième jour.

Huit est la somme de sept et un. «Un» signifie la transcendance de D.ieu mais comme Il existe Seul, au-dessus de ce monde. «Huit» reflète la manière dont le «un» pénètre dans le «sept». Contrairement à «un», «huit» ne se réfère pas à la transcendance pure, qui ne laisse aucune place à l’élément naturel. Mais au contraire, «huit» souligne la fusion du transcendant et du naturel, la façon dont Sa transcendance pénètre et imprègne l’ordre naturel symbolisé par «sept».

C’est pour cette raison que nos Sages associent le nombre «huit» avec l’Ere de Machia’h, statuant que la harpe, dont on jouera alors dans le Temple, aura huit cordes (plutôt que sept comme c’était le cas dans les deux Temples précédents). En effet, la nouvelle conscience qui se lèvera à l’époque messianique effacera la dichotomie entre le matériel et le spirituel. A cette époque, notre conscience spirituelle imprégnera toutes nos activités physiques, les dotant de profondeur et signification intérieures.