Avec la hausse des températures, réelle ou attendue, une lecture revient. Ce n’est guère surprenant dans la tradition, le retour rituel n’en est-il pas une constante ? Pourtant, ici, quelque chose de subtilement différent est introduit. Il s’agit moins d’une lecture à caractère quasi liturgique que du livre qui doit accompagner la saison qui commence.

Il porte le beau nom de « Pirkei Avot – Maximes des pères » et ce nom n’en exprime qu’imparfaitement la grandeur. Il est étudié chaque Chabbat de la période et, bien plus qu’une morale à laquelle il est souvent assimilé, il définit un chemin du meilleur service de D.ieu. La route peut sembler parfois difficile mais elle fait partie de ces voies balisées qui mènent à bon port avec certitude.

Cette étude en ce moment ne constitue pas un hasard mais une volonté déterminée. C’est à présent le temps du renouveau des forces de la nature. Le monde semble comme plus présent et il offre des ouvertures aux sens qui, bien souvent, ne sont que des impasses. Limitées à elles-mêmes, elles ne mènent qu’à l’oubli. Certes, le monde autour de nous, création Divine, ne doit pas être rejeté. Le judaïsme ne prône pas une quelconque forme d’ascétisme et une vie séparée du monde n’est pas son idéal. Mais le danger existe que cela ne soit dévoyé en une recherche constante et effrénée des plaisirs offerts, en particulier en notre époque si friande des choses éphémères et des satisfactions individualistes. C’est ici qu’interviennent les Maximes des pères. Elles nous invitent à aller plus loin que nous aurions pu l’envisager, à découvrir en nous des ressources insoupçonnées. Constitué d’enseignements de sages du Talmud, l’ouvrage nous fait entrer dans un monde où l’homme révèle en lui ce qu’il a de meilleur, son essence Divine.

A l’ainsi nommée « belle saison », la pratique sociale est de déclarer un texte « livre de l’été », comme pour dire qu’il est l’indispensable de ce temps. La mode veut que cela change d’année en année, ce qui est la logique même puisque, dans l’esprit de tous, il ne s’agit que d’un indispensable temporaire. Nous voici en face d’un indispensable éternel car l’homme et le monde présentent des constantes dont les évolutions ne se produisent souvent qu’en surface. Les Maximes des pères sont le guide d’une actualité profonde. Bien plus qu’un livre en fin de compte : une manière de vivre.