A’haré

Après la mort de Nadav et Avihou, D.ieu donne un avertissement interdisant l’entrée non autorisée « dans le Saint des Saints ». Une seule personne, le Cohen Gadol (« le Grand Prêtre ») peut, une seule fois dans l’année, à Yom Kippour, pénétrer dans la pièce la plus intérieure du Sanctuaire pour y offrir à D.ieu le sacrifice des Ketorèt (« encens »).

Une des autres caractéristiques du service du Jour du Pardon est le « tirage au sort » exercé sur deux boucs, pour déterminer lequel sera offert à D.ieu et lequel sera envoyé dans le désert, chargé des péchés du Peuple d’Israël.

La Paracha A’haré avertit également contre le fait de n’apporter des Korbanot (offrandes animales ou alimentaires) nulle part ailleurs que dans le Saint Temple, interdit la consommation du sang et détaille les lois prohibant l’inceste et d’autres relations déviantes.

Kedochim

La Paracha Kedochim commence par le statut : « Vous serez saints car Moi, l’Eternel votre D.ieu, Je suis saint ». S’ensuivent des dizaines de Mitsvot (commandements divins) par l’intermédiaire desquels le Juif se sanctifie et se lie à la sainteté de D.ieu.

Elles comprennent : l’interdiction d’idolâtrie, la Mitsva de la charité, le principe d’égalité devant la loi, le Chabbat, la moralité, l’honnêteté dans les affaires, l’honneur et la crainte de ses parents et le respect de la valeur sacrée de la vie.

On peut également lire dans Kedochim la célèbre sentence, qualifiée par le grand Sage, Rabbi Akiba, de principe cardinal de la Torah, et dont Hillel disait : « Voilà toute la Torah, tout le reste n’est que commentaire », « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Ce Chabbat est lié à deux sections de la Torah : A’haré et Kedochim , jointes cette année en une seule section qu’on lit le matin et à Emor qu’on lit lors du service de Min’ha, l’après-midi du Chabbat. Puisque tout ce qui se produit est dirigé par la Providence Divine, et ce principe s’applique a fortiori aux lectures publiques de la Torah, nous pouvons en déduire que ces trois Parachiot partagent un facteur commun et que chacune apporte une contribution à l’autre.

Il s’agit en fait de l’expression de la relation entre la sainteté du Nom de D.ieu (la Mitsva de sanctifier le Nom de D.ieu) et la sainteté du Peuple juif.

Ce concept est communiqué dans A’haré qui commence avec une référence à la mort des fils d’Aharon, quand « ils se sont approchés de D.ieu ». Dans son commentaire du verset « Je sanctifierai ceux qui sont proches de Moi », Rachi explique : « Moché dit à Aharon : ‘Je savais que le Sanctuaire serait consacré par la mort de ceux qui sont proches de D.ieu’ ». La Paracha se poursuit sur un thème similaire, mentionnant le service du Grand Prêtre dans le Sanctuaire et dans le Saint des Saints, lors de Yom Kippour, le jour le plus saint de l’année.

De la même façon, comme cela est impliqué par son nom, Kedochim (« saints ») reflète ce concept de la sanctification du Nom de D.ieu. Cette Paracha renferme plusieurs commandements incitant les Juifs à se sanctifier. Et la fin de la Paracha conclut : « Et vous serez saints parce que Je suis saint ».

Nos Sages apportent sur ce verset le commentaire suivant : « Le Saint Béni soit-Il, dit à Israël : ‘Je suis sanctifié grâce à vous comme il est écrit, ‘…Israël, par lequel Je serai loué’ et vous serez sanctifiés grâce à Moi… Si vous vous sanctifiez, Je le considérerai comme si vous M’aviez sanctifié’ ».

Dans la même veine, la Paracha Emor inclut le verset : « Et Je serai sanctifié au sein des Enfants d’Israël ». Nos Sages en déduisent le commandement de sanctifier le Nom de D.ieu.

La même idée émerge du nom de la Paracha qui peut être interprété comme signifiant : « accorde des louanges et de la distinction », comme dans les versets « Tu as accordé de la louange et de la distinction à D.ieu, en ce jour… et D.ieu t’a accordé de la louange et de la distinction ».

Telle est la fonction du Peuple juif : louer le Nom de D.ieu en révélant Son unité à travers tout l’univers.

Tentons d’expliquer plus profondément ces concepts.

La mort des fils d’Aharon, mentionnée au début de la Paracha, est problématique. Dans une compréhension simple du récit de la Torah, il apparaît que leur mort venait en punition d’un péché. Et pourtant, cela est difficile à admettre : ils étaient d’un niveau spirituel extraordinaire, ce qui ressort de manière évidente, puisqu’ils étaient ces individus « proches de D.ieu », que D.ieu choisit pour consacrer le Sanctuaire. En fait, après leur mort, Moché dit à Aharon : « Maintenant je vois que leur niveau a surpassé le nôtre ». Il est sûr que ce n’était pas par humilité que Moché fit une telle déclaration mais plutôt selon une juste appréciation de leur niveau spirituel.

Le Or Ha’hayim tente de résoudre cette difficulté en expliquant que la mort des fils d’Aharon était le résultat d’un extraordinaire attachement à D.ieu.

Ils parvinrent à une extrême lumière d’amour saint et en moururent. C’est le mystérieux secret du baiser (de D.ieu) par lequel meurent les Justes… Bien qu’ils sentirent qu’ils en mourraient, ils ne se retinrent pas de s’approcher de ce doux (lien d’) amour… au point que leur âme quitta leur corps.

Ainsi leur péché (‘hèt en hébreu signifie également « manque ») consistait-il dans le fait qu’ils ne contrôlèrent pas leur attachement à D.ieu, s’autorisant consciemment à atteindre le point où leur âme quitta leur corps.

Cela n’est pas désirable parce qu’un Juif doit pouvoir ressentir une grande aspiration à s’approcher de D.ieu, un grand amour pour Lui mais il doit également se consacrer à accomplir Sa volonté dans ce monde et de le transformer en une résidence pour Lui.

C’est pourquoi la mort des fils d’Aharon peut être comparée à un sacrifice dans lequel ils renoncèrent à leur vie pour s’attacher à D.ieu. Et c’est ainsi qu’ils sanctifièrent Son Nom et consacrèrent le Sanctuaire.

C’est dans ce contexte que l’on peut comprendre une interprétation positive du verset : « et ils apportèrent à D.ieu un feu étranger qui ne leur avait pas été commandé ». L’amour pour D.ieu des fils d’Aharon était « un feu étranger », qui sortait de l’ordinaire, « qui ne leur avait pas été commandé », c’est-à-dire dépassant les limites de ce qui pouvait être ordonné au Peuple juif. En fait, c’était le premier exemple de Juifs renonçant à leur vie par amour pour D.ieu (Kiddouch Hachem).

Cette expression infinie d’amour pour D.ieu donna au Peuple juif le potentiel de sanctifier le Nom de D.ieu, par le biais d’une vie dans ce monde, dans toutes les générations qui allaient suivre. C’est pour cela que ce passage a été choisi pour introduire la partie qui décrit le service de Yom Kippour. La sanctification du Nom de D.ieu par les fils d’Aharon généra le potentiel pour Aharon, et à sa suite pour tous les Grands Prêtres, d’accomplir le service de Yom Kippour.

C’est sur cette base que nous pouvons comprendre le lien entre la Paracha A‘haré et celles qui suivent. Kedochim contient le commandement de nous sanctifier, un service qui peut être accompli grâce à l’influence du service des fils d’Aharon. Et par la suite, Emor exprime le commandement de sanctifier le Nom de D.ieu et de révéler Son unité dans le monde.

Ces trois portions peuvent ainsi être comprises pour exprimer trois différentes phases dans ce service de sanctification :

Tout d’abord, il s’agit de sanctifier le Nom de D.ieu à travers un service qui appartient au domaine de ce qui est saint.

Ensuite, sanctifier le Nom de D.ieu en se coupant des influences négatives du monde.

Enfin, se sanctifier soi-même par le biais des éléments matériels du monde, en les utilisant pour une sainte finalité.