Matot Moché transmet les lois concernant l’annulation des vœux.

Une guerre est engagée contre Midian pour son rôle dans la dégradation morale d’Israël.

La Torah fait le compte-rendu du butin et de son partage.

Les tribus de Réouven, Gad et plus tard la moitié de Ménaché demandent des terres à l’est du Jourdain. Moché finit par accepter cette requête à condition qu’ils se joignent d’abord au reste du peuple dans sa conquête d’Israël.

Massé Sont listés les quarante-deux voyages et campements du Peuple juif, depuis son départ d’Egypte.

Sont données les limites de la Terre Promise et sont désignées des villes de refuge.

Les filles de Tsélof’had se marient dans leur propre tribu pour préserver l’héritage paternel.

Au début de la Paracha Matot, nous sommes initiés aux lois d’annulation des vœux. Ici, les tribus d’Israël, habituellement appelées Chevatim, sont désignées par le terme Matot.

Pourquoi ce changement et quel rapport y a-t-il avec l’annulation des vœux ?

Bien que ces deux mots, Chévèt et Maté, aient le même sens, signifiant littéralement « bâton » ou « morceau de bois », ils présentent des différences fondamentales.

Chévèt se réfère à une branche toujours attachée au tronc ou récemment coupée. Elle est toujours humide à l’intérieur. C’est du bois vert.

Mais un Maté a été détaché depuis un certain temps et a eu le temps de sécher et durcir.

Un sculpteur sur bois qui désire créer un objet de qualité a besoin de connaître la qualité d’humidité du bois qu’il va utiliser. Les conditions auxquelles a été soumis ce bloc de bois auront un impact sur la qualité de la sculpture.

Pour donner un exemple : le bois de récupération (vieux de dizaine d’années et ayant servi dans le bâtiment, etc.) est très prisé parce qu’il a des qualités qu’on ne trouve pas dans un bois récemment coupé.

Par la suite, l’artiste va utiliser ses outils pour scier, percer, ciseler et polir, faisant ainsi ressortir sa beauté naturelle originelle et sa fonction.

Revenons aux vœux. Pourquoi quelqu’un ferait-il un vœu ? Peut-être parce qu’il possède une certaine faiblesse qui le pousse à pécher. Faire un vœu d’abstinence peut être utile tout simplement par la peur qu’il suscite de le briser. Toutefois, le vœu ne change pas la personne et faire annuler ce vœu serait contreproductif puisque la personne a conservé sa faiblesse.

C’est alors qu’intervient le Sage pour annuler ce vœu. Son travail consiste à aider celui qui a fait le vœu à travailler sur lui-même pour se renforcer, à faire surgir des profondeurs de son être l’énergie qui l’aidera à surmonter sa faiblesse. Le vœu devient alors inutile et peut être annulé.

Chacun d’entre nous est un Maté. D.ieu nous fait passer par toutes sortes de situations, certaines heureuses, certaines douloureuses, certaines empreintes de joie pure et d’autres de souffrance. Cependant, nous savons que D.ieu est le Sculpteur ultime, que c’est Lui qui nous met dans ces situations et qu’Il nous aide à surmonter tous les obstacles. Nous savons qu’Il va faire surgir notre plus grand potentiel.

Il en va de même pour la nation juive. D.ieu nous a placés dans toutes sortes de conditions difficiles. Bien que nous en ignorions la raison, nous savons qu’Il a un plan et qu’Il agit pour le bien.

La Paracha Massé est toujours lue le Chabbat où l’on bénit le mois d’Av. Par ailleurs, il y est explicitement fait mention de Roch ‘Hodèch Av puisque c’est le jour où disparut Aharon : « le cinquième mois, au premier jour du mois ».

En tant que Cohen (prêtre), l’aspect fondamental du service d’Aharon consistait à attirer la Divinité dans ce monde. Le jour où un Tsaddik quitte ce monde, la source spirituelle de son âme se manifeste ici-bas et suscite d’extraordinaires révélations divines. Elles affectent les niveaux inférieurs de notre monde, niveaux pour lesquels même les sacrifices n’avaient aucun impact.

Le même concept peut se dégager de la position du mois d’Av dans le calendrier hébreu. Av est le cinquième mois. La Cabbale explique que le monde entier est structuré dans une séquence de quatre. Il y a quatre mondes spirituels, quatre moyens d’interpréter la Torah, quatre lettres dans le Nom de D.ieu.

Le chiffre 5 est considéré comme au-dessus ou au-dessous de cet ordre. En effet, ces deux extrêmes sont liés. Les profondeurs les plus abyssales ont leur source dans les sommets les plus élevés et c’est justement à cause de cette origine sublime qu’elles sont si basses.  De la même façon, ce n’est que par le biais de niveaux supérieurs que peuvent être raffinés les plus bas.

Cette idée se reflète également dans les événements qui se produisirent au mois d’Av. D’une part, c’est le mois lié à Ticha béAv (le 9 av), le moment du paroxysme de la destruction. Mais par ailleurs, le 15 Av était une fête à propos de laquelle la Michna déclare : « le Peuple juif ne célébra jamais de fêtes aussi grandes que le 15 Av et Yom Kippour ».

Ce qui précède suggère une leçon concrète.

Quand arrive le mois d’Av, le Yetser Hara (inclination vers le mal) tente d’attrister les Juifs, voire de les désespérer. Malgré tout le service des grands Tsaddikim, de par les âges, le mois d’Av est là et la Délivrance ne s’approche toujours pas.

La Torah nous apporte la réponse : le mois d’Av est lié à la Hiloula d’Aharon, le Cohen Gadol (le Grand Prêtre), et en ce jour, toutes ses bonnes actions sont complètement accomplies. Quand nous prenons conscience de ces faits, nous servons D.ieu avec joie et nous bénissons le mois en priant que ce soit un mois de vie, de paix, de joie, de bonheur, de délivrance et de consolation.

Ces bénédictions s’accompliront par nos efforts pour intensifier notre étude de la Torah et augmenter nos dons à la Tsédaka. Alors, avec bonheur et joie, nous accueillerons le Machia’h, rapidement et de nos jours.