Moché instruit les Enfants d’Israël d’apporter au Saint Temple, une fois qu’ils se seront installés en Israël, les Bikourim, prémices des fruits, pour déclarer ainsi leur gratitude à l’égard de D.ieu.

On lit également les lois de la dîme donnée aux Lévites et aux pauvres.

Moché rappelle au peuple qu’il est « le Peuple Élu » de D.ieu et que lui a choisi D.ieu.

Après avoir énoncé les bénédictions que D.ieu enverra au peuple quand ils suivront les lois de la Torah, la dernière partie de la Paracha consiste en une To’ha’ha (« Réprimande »), le récit de ce qui arriverait si les Juifs en venaient à abandonner les Commandements.

En conclusion, Moché déclare que maintenant seulement, après quarante ans depuis leur naissance en tant que peuple, les Juifs ont atteint « un cœur pour savoir, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre ».

‘Haï Eloul, le 18 Elloul et cette année le 29 aout dernier, tombe cette année la semaine de la Paracha Ki Tavo. En ce jour, naquirent « deux grands luminaires » : le Baal Chem Tov, en 5458 (1698) et Rabbi Chnéor Zalman, en 5505 (1734).

Au vu du dicton de la Michna des Pirké Avot qui affirme que « l’action pratique est le principal », nous devons tenter d’étudier quelque chose concernant ces deux luminaires qui nous affectera dans notre vie quotidienne.

Dans le domaine de l’action, se trouvent différents niveaux. Alors qu’un Juif simple est requis de directement interagir avec le monde matériel, les dirigeants et les érudits s’occupent principalement de l’étude de la Torah. Leurs actions consistent à « appliquer la théorie à la pratique de la loi ». Ils entrent dans la catégorie d’ « Issa’har », la tribu qui étudiait la Torah, alors que le reste des Juifs fait partie de « Zevouloune », la tribu dont l’occupation était le commerce et qui subvenait aux besoins matériels d’Issa’har. Pour eux, il s’agit d’élever le monde matériel et de le transformer en un sanctuaire dans lequel D.ieu peut résider.

Bien qu’en pratique, l’action d’Issa’har soit différente de celle de Zevouloune, ils partagent un point commun : l’action est l’essentiel. Il est donc clair que, quelle que soit la catégorie à laquelle nous appartenons, il nous faut trouver un moyen d’appliquer les leçons de ‘Haï Elloul dans l’action concrète. Ce n’est qu’alors que nous accomplissons notre mission, dans l’esprit de ce jour.

Mais alors une question se pose : comment faire dans un monde si matérialiste ? L’on nous dit que ‘Haï Elloul célèbre la naissance de deux grands luminaires. Cette expression est tirée du ‘Houmach dans sa description du soleil et de la lune (avant que ne soit affaiblie la lumière de la lune).

Cela nous rappelle le jour où naquit Moché Rabénou pour lequel la Torah dit que la « maison était remplie de lumière » (Rachi, Chemot 2 :2). L’anniversaire de Rabbi Chnéor Zalman est également le moment où, selon les paroles mêmes du Baal Chem Tov, une « âme nouvelle » descendit pour illuminer le monde.

En s’appuyant sur ce qui précède, il semble difficile de comprendre comment un événement si sublime que la naissance de ces deux grands luminaires puisse affecter les actes d’un Juif simple, ordinaire !

Cependant, la vérité est que la naissance de deux êtres qui furent vitaux dans leur génération respective, ainsi que dans les suivantes, doit produire un effet dans le domaine essentiel de nos entreprises, celui de l’action. Plus encore, pour obtenir cet effet, nul n’est besoin de s’approfondir sur les aspects ésotériques de ‘Haï Elloul. Cela contreviendrait aux enseignements du Baal Chem Tov et à ceux de ses successeurs. Ils désiraient tous que chaque aspect de la Torah serve de leçon pour « les coupeurs de bois et les puiseurs d’eau » tout autant que pour « les têtes des tribus ».

Puisque chacun est connu par son nom, une leçon essentielle peut être saisie par tous à partir de leur nom.

Commençons par le Baal Chem Tov dont le nom était Israël. Le sens de son nom est établi dans le ‘Houmach (Beréchit 32 : 29) : « Et il dit, ton nom ne sera plus appelé Yaakov mais Israël, car tu as combattu avec Elokim et avec les hommes et tu l’as emporté ».

Ce verset se prête à de nombreuses interprétations. Le sens simple en est : tu as combattu avec les anges (souvent appelés « Elokim ») et avec Essav et Lavan (« les hommes ») et tu l’as emporté. Le mot « combattu », « Sarita », indique que le combattant possède une certaine supériorité même avant que la bataille ne soit gagnée. Il faut souligner ici deux points : tout d’abord, il part au combat avec un sentiment de supériorité. Cela est un accomplissement remarquable puisqu’il n’est même pas sûr de sa victoire. De plus, il gagne effectivement contre l’ennemi. Quand l’on part en guerre, confiant dans une victoire possible, il est évident que l’on se bat avec un état d’esprit et un enthousiasme différents. Cette idée est exprimée dans le verset suivant : « Quand tu pars en guerre sur tes ennemis et que l’Eternel ton D.ieu les livreras entre tes mains » (Devarim 21 :10). La Torah utilise le mot « sur », « al », et non « avec » ou « contre » tes ennemis. Quand un juif part en bataille, et qu’il est confiant qu’il est sur son ennemi, il est alors assuré que « D.ieu les livrera entre tes mains ».

Tous ces enseignements découlent du nom Israël. Le nom est quelque chose qui n’est donné qu’à une âme, dans ce monde. Le nom du Baal Chem Tov doit donc avoir un effet sur chaque Juif dans le plus matériel des mondes. Le Baal Chem Tov était notre dirigeant et notre berger, donc lié à chaque Juif. Mais il n’est pas seulement un berger qui garde maintenant son troupeau d’En Haut. Tout comme Moché, explique Rabbi Chnéor Zalman dans le Tanya, il se trouve en chacun de nous. Il s’agit de cet élément d’« Israël », dans notre for intérieur, qui nous permet de mener le combats et d’en sortir victorieux.

Cette leçon s’applique à chacun, depuis « les têtes des tribus » jusqu’à ceux, insiste le Rabbi précédent, pour lesquels le nom Israël est de moindre importance. Nous tous devons, et particulièrement maintenant, à l’époque de ‘Haï Elloul, partir en bataille contre le mauvais penchant. Nous ne devons pas nous décourager mais nous sentir supérieurs à nos ennemis car nous serons « sur » eux. Nous serons victorieux et l’ennemi lui-même louera D.ieu, tout comme l’ange qui combattit Yaakov et lui attribua lui-même le nom d’Israël.

Attardons-nous maintenant sur Rabbi Chnéor Zalman. Il possédait donc deux noms : Chnéor et Zalman. Le premier est en langue sainte alors que le second est en yiddich. Les deux forment un nom si bien qu’une leçon peut être tirée des deux.

Parlons de « Chnéor ». Ce nom se compose de Chné qui signifie « deux » et Or, « lumière ». Chnéor veut dire « deux lumières ».

La lumière ne crée rien mais elle révèle ce qui existe. Dans une pièce obscure, remplie de meubles, l’on risque de trébucher. Mais avec de la lumière, tout s’illumine et il n’y a plus aucun risque. Rien n’a changé mais l’ameublement est aisément visible. Un tout jeune enfant comprend très tôt qu’il faut faire très attention dans une pièce obscure.

Cette analogie convient à Rabbi Chnéor Zalman. Il illumina ce qui était déjà là : les enseignements du Baal Chem Tov.

Il est possible de se comporter en accord avec tous les enseignements du Baal Chem Tov. Mais cette conduite peut ne pas être « pleine de lumière », sans enthousiasme. Cela s’appelle le Kabalat Ol, « la soumission au joug divin » mais cela manque du sentiment d’accomplissement.

Il est sûr que c’est un service très louable. Mais Chné Or, « deux lumières » nous enseigne que notre service de D.ieu doit être lumineux. Pour ce faire, il nous faut y investir toutes nos facultés et pas seulement le Kabalat Ol. Il nous faut vivre l’accomplissement des Mitsvot à la fois intellectuellement et émotionnellement, avec tout notre être.

La contribution de Rabbi Chnéor Zalman se manifeste dans nos relations avec les autres Juifs. Le Baal Chem Tov mit l’accent sur la Mitsva de ressentir un profond amour pour son prochain juif. Il enseigna que l’on doit même aimer celui qui vit à l’autre bout du monde. Il donna comme exemple de rendre service dès que l’occasion s’en présente.

Rabbi Chnéor Zalman ajouta l’idée suivante : lorsque l’on veut donner de la Tsédaka, l’on n’utilise que nos doigts. Pour y investir tout notre être, il faut le faire avec « une attitude joyeuse » et en réconfortant la personne que l’on aide. Ainsi, toutes nos facultés sont-elles illuminées par la Mitsva qui « brille de tous ses éclats ». Et l’on ressent alors que l’on a accompli cette Mitsva pour nous-mêmes et pour le monde en général. Cette démarche peut s’appliquer à toutes les Mitsvot.

Rabbi Chnéor Zalman offrait lui-même le meilleur exemple. Il avait l’habitude de se rendre dans les villes avoisinantes dans le seul but de faire surgir l’amour fraternel entre les Juifs.

La leçon que nous offrent ces deux grand luminaires est donc simple : un juif doit toujours s’imprégner de l’élément d’ « Israël », nullement impressionné par les obstacles et il doit s’illuminer lui-même ainsi que tous ceux qui l’entourent de la lumière et de la chaleur de la Torah.