Pendant l’été 5733 (1973), une directive transmise par le secrétaire partic-
ulier du Rabbi (le Rav ‘Hodakov) indiquait d’envoyer cinq émissaires en
Israël, pour s’établir dans la ville de Tsfat, en Haute-Galilée.


Le choix devait porter sur des jeunes gens qui accepteraient d’emblée la mission,
sans poser de questions ni de conditions. Parmi ceux-ci, nous relaterons ce qui
arriva à Rav Chlomoh Raskin, jeune marié à peine sorti du Collel.

À la question du secrétaire, il répondit immédiatement présent, et partit tout de suite pour la Terre
Sainte en compagnie de son épouse. La ville de Tsfat était à cette époque dans un
état différent de ce que nous connaissons, caractérisé par une absence quasi-
complète de structures, et le couple ne put que s’installer dans un minuscule loge-
ment, dépourvu de mobilier.Pour leur premier Chabbath, ils ne disposaient que
d’une bouteille de vin, de ‘Halloth et de sardines, mais, à entendre Rav Raskin, il
passa là son meilleur Chabbath, dans l’accomplissement de la volonté du Rabbi.
La directive suivante, transmise par le Secrétariat du Rabbi, stipulait qu’il lui fallait
d’urgence trouver un maître d’œuvre pour procéder à la remise en état d’une an-
cienne synagogue ‘Habad, à l’abandon depuis des décennies, appelée
«Synagogue Tséma’h-Tsédek», et celle-ci devait être prête pour les premières
Fêtes de Tichri, dans un délai de deux mois! Il fit appel à plusieurs entreprises mais
celles-ci refusèrent ironiquement, arguant que cela lui coûterait une fortune, jusqu’à
ce qu’un artisan accepte finalement de le faire à des conditions raisonnables. La
directive suivante, raccourcissant encore le délai, imposait que tout soit terminé
pour la semaine des Séli’hoth ! Le défi fut tenu, et les premiers fidèles vinrent prier
alors que la peinture était encore fraîche. Le secret de cette hâte ne fut connu, par
les protagonistes de l’histoire, que le jour deYom-Kippour, lorsque éclata la Guerre
du même nom, et qu’une colonne syrienne, étant parvenue à traverser le plateau
du Golan, se dirigea sans rencontrer la moindre résistance sur la ville de Tsfat,
avec pour objectif de la détruire. Soudain, l’officier supérieur qui la commandait, fit
arrêter la colonne, parce qu’il venait de penser que le manque de réaction d’Israël
cachait un piège, et lui fit rebrousser chemin vers son point de départ. Or, l’absence
de réaction d’Israël n’était malheureusement pas un piège…Pourtant, le «casque
de fer», actionné par le Rabbi, avait fonctionné sans défaillance, parce qu’il avait
été véhiculé par une obéissance sans conditions.
Aujourd’hui comme autrefois, il est urgent d’intensifier une opération de
«Mivtsaïm» parmi la population d’Israël (et parmi les Juifs du monde entier), ainsi
que l’accomplissement de la directive du Rabbi, sans tenir compte de ce que
penseront les nations: « Il sera un jour nécessaire de reprendre ce qui a été cédé
de manière irresponsable». Personne, dans le monde, ne s’opposera à l’avance
de la Délivrance. (Rav Pin’has Pachter)