D.ieu instruit Moché de commander à Aharon et ses fils leurs devoirs et leurs droits en tant que Cohanim (« prêtres ») qui offrent les Korbanot (sacrifices animaux et alimentaires) dans le Sanctuaire.

Le feu sur l’autel doit brûler constamment. On y incinère entièrement les différents sacrifices animaux et alimentaires.

Les Cohanim consomment la viande de certains sacrifices animaux et ce qui reste de l’offrande alimentaire. L’offrande de paix est mangée par celui qui l’a apportée, à l’exception de parties spécifiques, données au Cohen. La viande sainte des offrandes doit être consommée par des personnes en état de pureté rituelle, dans l’endroit saint qui leur a été désigné et à un moment spécifique.

Aharon et ses fils restent dans l’antre du Sanctuaire pendant sept jours, au cours desquels Moché les initie à la prêtrise.

Chabbat Hagadol

Chabbat Hagadol, « le Grand Chabbat », est le Chabbat qui précède Pessa’h et qui célèbre le miracle qui tint au fait que les premiers-nés égyptiens combattirent leurs propres frères pour qu’ils libèrent les Juifs d’Égypte.

Chabbat en lui-même, constituant l’un des jours de la semaine, fait partie du cycle naturel. Le « Grand Chabbat » représente ainsi l’idée de grandeur introduite dans la nature, d’un miracle à l’intérieur de la nature et non d’un miracle qui la transcende. Et il faut savoir qu’un miracle dans la nature est supérieur à celui qui en dépasse les limites car, d’ordinaire, un miracle est par définition au-dessus des confins de la nature. Mais lorsqu’un miracle se produit au sein du monde naturel et reste un miracle, c’est un aspect innovant et très profond.

C’est le service des Juifs qui permet d’atteindre cette dimension.

Chabbat, contrairement aux fêtes, est « sanctifié par lui-même » et ne dépend pas de nos actions. Cependant, Chabbat Hagadol s’accomplit par les efforts des Juifs car la Rédemption d’Égypte se produisit grâce aux supplications qu’adressèrent les Juifs à D.ieu. De la même façon, le miracle des Égyptiens se battant entre eux n’arriva que lorsque les Juifs offrirent le sacrifice pascal, le 10 du mois.

Les leçons dans le service Divin

Un Juif pourrait penser que, pour accomplir son service à l’égard de D.ieu, il doit au préalable se retirer de toutes les considérations matérialistes et se mettre « au-dessus de la nature ». Chabbat Hagadol nous enseigne que certes, le Juif transcende la nature mais que le but ultime est de s’adonner à la pratique de la Torah et des Mitsvot, comme elles se réalisent : dans ce monde matériel et physique.

Nos Sages ont déclaré : « la Torah n’est pas au ciel » mais a été donnée sur terre. C’est pour cela que les Mitsvot s’accomplissent avec des objets matériels, pour faire descendre la Divinité dans le monde.

« Modé Ani Lefané’ha »

Ce qui précède est mis en lumière par cette prière que chaque Juif récite dès qu’il se réveille : « Modé Ani Lefané’ha… »*, « Je T’offre des remerciements, à Toi, Roi vivant et éternel… »

Rabbi Chnéor Zalman écrit : « immédiatement à son réveil… une personne doit être consciente de la présence devant laquelle elle se trouve. Elle doit faire attention au fait que le Suprême Roi des rois, le Saint béni soit-Il, plane au-dessus d’elle… L’un des principes importants de la Torah… est que « Je place l’Éternel devant moi, à tout moment ». Car le comportement et la conduite de l’individu, quand il est seul chez lui, ne sont pas les mêmes que ceux qu’il adopterait en présence d’un grand roi… Quand donc il considère que le Suprême Roi des rois, le Saint béni soit-Il se tient devant lui et observe ses actions, il sera rempli d’un sentiment de respect et d’humilité et ressentira toujours un sentiment de modestie devant D.ieu. »

Dès qu’il se réveille, avant même de se laver les mains, le Juif doit savoir que D.ieu est avec lui et il doit manifester le respect et l’humilité appropriés.

Telle est l’idée précédemment expliquée : un Juif ne doit pas attendre d’atteindre des moments d’élévation spirituelle pour s’engager dans la Torah et les Mitsvot, mais dès son réveil, il se doit de réfléchir au fait que le Présence Divine est présente et le contemple.

Cela va encore plus loin : la relation entre le Juif et D.ieu, à ce moment-là, se fait avec l’Essence-même de D.ieu, transcendant Ses noms (que l’on ne prononce pas avant de se laver les mains et qui ne figure pas dans le « Modé Ani »). Cela correspond à ce qui a été expliqué, c’est-à-dire que la grandeur de D.ieu est spécifiquement liée à la nature, car le statut du Juif, avant qu’il ne se lave les mains est semblable au monde comparé à un service transcendant le monde.

En outre, le sommeil lui-même reflète l’idée de la nature et donc, lorsque quelqu’un prononce « Modé Ani » dès qu’il se réveille, cela met l’accent sur le concept d’un service spécifiquement effectué dans le cadre du monde naturel. Le sommeil est d’une nécessité absolue. Personne ne peut se passer de dormir.

Le Talmud statue que celui qui fait le serment : « je ne dormirai pas pendant trois jours » reçoit des tapes et après, il doit aller immédiatement dormir. » Car, étant donné que, par nature, le sommeil est impératif, il est impossible qu’une personne s’en abstienne pendant trois jours. Aussi un tel serment est considéré comme un serment en vain.

Le sommeil représente donc, de façon très probante, l’idée de la nature.

Ainsi, quand une personne prononce le « Modé Ani » à son réveil et réfléchit au fait que D.ieu Se trouve devant elle, s’exprime l’idée de ce service, dans la nature (et non celui qui la transcende et implique qu’il faille atteindre un niveau supérieur).

Que par nos actions et notre service à l’image de ce qui précède nous permettent de mériter une rédemption véritable et complète par notre juste Machi’ah, rapidement, de nos jours.

*Modé ani lefané’ha mélè’h ‘haï vékayame chéhé’hézarta bi nichmati be’hèmla, raba émounaté’ha