L’unité comme une évidenceDes idées à la fois nouvelles et anciennes remontent parfois à l’esprit avec éclat à la faveur des évènements du monde. C’est d’ailleurs là chose bien naturelle : le Baal Chem Tov n’enseigne-t-il pas que tout est message divin ou, en d’autres termes, que tout peut avoir valeur d’enseignement ?
C’est ainsi que les débats de la période – divers et plus ou moins furieux – rappellent, à qui veut y prêter attention, la grandeur d’une notion bien nécessaire : l’unité. Quel que soit le contenu concret que les uns et les autres puissent souhaiter y voir, c’est elle qui brille, par nature, tout au long de tous les parcours et c’est encore vers elle que tendent et tendront, comme par évidence, tous les efforts des hommes. Cette unité est complexe et, de fait, difficile à atteindre. Elle n’implique pas la réalisation d’une unanimité de façade par effacement brutal de toutes les différences. Elle ne vise pas à remplacer la richesse de la diversité par la morne grisaille de l’uniformité. Peut-être est-ce précisément ce qui fait sa force… L’important est que cette unité-là soit vivante, agissante, porteuse d’espoir et de progrès.
Décidément, c’est bien d’une idée nouvelle et ancienne à la fois qu’il s’agit. Car, pour ce qui nous concerne, la notion d’unité est sans doute constitutive du peuple juif. Étrange peuple en effet qui, dispersé parmi les nations, disséminé de par le monde, sans contact facile entre ses membres pendant les âges de ténèbre, adoptant peu à peu les habitudes culinaires ou vestimentaires de ses différents lieux de résidence, reste cependant toujours fidèle à son passé, conscient de son présent et dans l’attente impatiente de l’avancée de l’histoire. Voici un peuple constitué d’hommes et de femmes que bien des choses peuvent séparer, d’êtres humains dont le Talmud atteste qu’ils sont tous différents et dont, cependant, l’unité est parfaite à chaque instant de la vie. Comme si, pour nous, l’unité n’était pas un combat mais une évidence. Est-ce là une leçon ? C’est, en tout cas, une manière de vivre et de considérer le monde. L’unité n’est-elle pas le chemin qui mène au temps éternel de la paix indépassable : celui de Machia’h ?