Le monde s’enfonce doucement dans la grisaille hivernale. C’est justement à présent, à l’évidence, que chaleur et lumière sont plus que jamais nécessaires. Où les trouver quand, à l’extérieur, rien ne semble y encourager ? Nulle part ailleurs que dans son propre cœur.

 

Êtres humains, couronnement de la création, gardiens du présent et responsables de l’avenir, nous sommes dotés de forces insoupçonnées. Nous possédons ainsi des qualités d’esprit, de cœur et d’âme parfois si profondément enfouies que nous pouvons en oublier l’existence. C’est là sans doute aussi la fonction du monde : nous donner à exprimer ce que nous sommes véritablement.

De fait, lorsqu’on vit des périodes où le quotidien s’efface – les fêtes, les solennités diverses etc. – être au sommet de la conscience n’est guère difficile ni audacieux. C’est quand tout cela s’estompe, quand la pesanteur des choses s’accentue, que des acquis élémentaires comme la joie et, précisément, la chaleur et la lumière peuvent paraître remis en question. Que faire alors ? Abandonner, laisser aller les jours et les espoirs avec eux ? La vision du peuple juif a toujours été bien différente de cette espèce de fatalisme subi. Il faut se souvenir de nos ancêtres affrontant bien plus que les changements de saison ou de climat, se heurtant à la dureté réelle de temps impitoyables et qui continuèrent leur longue avancée, sans jamais céder à la tentation du repli ou du renoncement. Ils surent toujours garder un certain sens du bonheur, celui de la judaïté et de la conscience.

Alors, quand l’éclat du jour vient à manquer, il nous appartient de le faire surgir de nous-mêmes. Le lien avec D.ieu est la clé, l’étude en est le chemin. Et nous détenons un secret : celui qui nous a été donné pendant tout le mois de Tichri où les expériences spirituelles ont été si nombreuses et diverses qu’elles nous ont permis d’accumuler les forces indispensables. Soyons conscients qu’au devant de nous la route s’élance et que nous en sommes les voyageurs attendus. Soyons certains que nul obstacle ne s’opposera durablement à notre marche. Et cette conviction même en écartera la simple possibilité. « Rien ne résiste à la joie » dit-on. Le moment est venu d’en administrer la preuve. Avec bonheur.