D.ieu ordonne à Avram : « Pars de ta terre, de ton lieu de naissance, de la maison de ton père vers la terre que Je te montrerai ».

Avram, Saraï et leur neveu Loth se rendent en Canaan où Avram diffuse le message divin.

Une famine pousse Avram à se rendre en Egypte où Saraï est sauvée des assauts du Pharaon. Ils repartent riches en Canaan.

Avram délivre son neveu Loth d’ennemis qui l’ont fait prisonnier.

D.ieu scelle une alliance avec Avram et lui fait savoir qu’un exil et une persécution les atteindront mais que la Terre Sainte leur est attribuée en héritage éternel. Avram, sans enfant, épouse la servante Hagar qui met au monde un fils Ichmaël. Avram a alors quatre-vingt-six ans.

Treize ans plus tard, D.ieu change le nom d’Avram en Avraham et de Saraï en Sarah et leur promet un fils.

Avraham reçoit le commandement de se circoncire ainsi que ses descendants. Il s’exécute immédiatement.

 

Avec la Paracha Lé’h Le’ha, la Torah entame le récit détaillé de l’histoire de nos Patriarches, Avraham, Its’hak et Yaakov et de nos Matriarches, Sarah Rivka, Ra’hel et Léa. Il est dit : Maassé Avot Simane Lebanim, les actions des pères et des ancêtres du Peuple juif servent d’indicateurs et de guides pour leurs descendants. Nos Patriarches nous servent de modèles.

Cette histoire commence avec le commandement divin que reçoit Avraham, dans le verset d’ouverture de notre Paracha, Lé’h Le’ha : « pars de ta terre, de ton lieu de naissance, de la maison de ton père vers la terre que Je te montrerai ».

Ce commandement de D.ieu, donné au premier Juif, reste un commandement, une ligne directrice pour tous ses descendants, pour chacun d’entre nous. Il révèle la mission, la raison d’être de l’homme dans sa vie sur terre et ce, dans chacun des détails de ce monde.

Tout d’abord, il est dit : Lé’h Le’ha : « va pour toi ». Le mot hébreu pour « aller », Hali’ha, a la connotation d’aller de l’avant, de progresser. La fonction divine de Lé’h Le’ha, est donc d’indiquer à l’homme d’avancer, d’évoluer, de se perfectionner. L’homme doit savoir qu’il ne peut rester statique. Un être humain ne peut rester toujours au même niveau. Nos Sages notent que la différence entre les hommes et les anges tient au fait que les anges sont immuables. Ils restent au niveau, au degré, à la perfection qui leur ont été donnés à leur création. Seul l’homme peut progresser et s’élever dans un processus perpétuel.

Cela va encore plus loin. L’homme ne pouvant rester au même niveau, cela signifie que s’il ne progresse pas, à D.ieu ne plaise, il régressera.

L’homme n’a donc pas seulement l’aptitude à aller de l’avant et sans cesse se perfectionner mais également l’obligation de le faire.

Telle est donc la signification de ce premier commandement adressé à Avraham, et à chacun d’entre nous : « va, avance, progresse, élève-toi pour atteindre des objectifs plus élevés ! ».

Mais comment réussir à s’améliorer, à s’élever ?

Le verset continue : « pars de ta terre ». Le mot hébreu pour « terre » : Erèts, renvoie à Artsiout, « la matérialité », et évoque une aspiration et une quête de matérialisme. Quand l’on est obsédé par cette recherche de matérialité, par des ambitions exclusivement matérialistes et mondaines, on a peine à développer des perspectives spirituelles.

C’est pourquoi la première étape, sur la route vers le progrès personnel, est de s’éloigner de notre terre, de notre matérialisme personnel, de nos désirs physiques et mondains, de les maîtriser et les contrôler.

Mais cela ne suffit pas. Le pas suivant consiste à quitter son « lieu de naissance ». Le lieu de naissance fait allusion aux sentiments et aux tendances innés. Nous ne devons pas dire, et nous convaincre, que nous sommes nés avec certaines caractéristiques, certaines tendances dont nous ne pouvons nous défaire, que nous sommes ce que nous sommes et que nul ne peut espérer changer notre nature profonde.

D.ieu parle différemment : « vous devez quitter votre lieu de naissance », c’est-à-dire que nous ne devons pas faire les choses sous prétexte qu’elles viennent naturellement en nous. Nous devons apprendre à maîtriser et contrôler nos sentiments et nos traits de caractère.

Enfin la troisième étape consiste à quitter « la maison de notre père ». Il s’agit là de l’intellect humain, la raison et la pensée. Car de l’intellect de l’homme dépendent ses actions.

C’est la raison pour laquelle seul un homme dont la raison est saine peut être considéré comme responsable dans le domaine de la loi séculière comme religieuse.

Mais D.ieu nous dit ici que nos propres idées, nos raisonnements peuvent ne pas suffire. Parfois, il nous faut entendre et écouter une meilleure manière de raisonner, un esprit bien plus ouvert que le nôtre, un esprit profondément objectif.

Tel est donc le sens du premier commandement adressé à Avraham, du premier commandement adressé à chacun d’entre nous.

Si nous voulons réellement trouver la Vérité, si nous voulons développer notre potentiel humain, si nous voulons être intègres avec nous-mêmes, il nous faut alors travailler sur nous-mêmes, faire des efforts pour progresser, pour avancer. Ne nous satisfaisons pas des qualités intellectuelles, émotionnelles ou physiques avec lesquelles nous sommes nés. Sortons de notre matérialisme, dépassons nos sentiments naturels, quittons le cocon de notre manière naturelle de penser et de raisonner et dirigeons-nous vers « la terre que Je (Moi D.ieu) te montrerai ».Cela signifie que le chemin à suivre est de nous conformer aux lignes de conduite et aux instructions que D.ieu nous donne.

Le secret de la réussite et des bénédictions d’Avraham tenait au fait qu’il suivit les recommandations divines. Et c’est également l’assurance de notre réussite et de nos bénédictions.