Même si je n’ai jamais eu la chance de rencontrer personnellement le Rabbi, je peux affirmer qu’il a eu une forte influence sur ma vie professionnelle – à travers plusieurs de mes patients.

Par ma famille, j’avais déjà entendu beaucoup d’histoires sur le Rabbi, entre autres par mon beau-père, Rav Meir Schochetman qui avait étudié avec le Rabbi à la Sorbonne à Paris dans les années trente.

En 1985, alors que je n’étais qu’un médecin inexpérimenté à l’Hôpital Hadassah de Jérusalem, je reçus un coup de téléphone désespéré d’un jeune homme dont la femme – mère de deux enfants – était atteinte de leucémie. Elle avait été traitée dans un hôpital du nord d’Israël mais sans succès. La maladie ne cessait de s’étendre et de devenir plus menaçante. Ses médecins avaient abandonné tout espoir puisqu’ils avaient tenté tous les remèdes conventionnels. Le mari était bien sûr bouleversé de cette situation ; il avait rencontré des ‘Hassidim de Loubavitch et ceux-ci lui avaient suggéré d’écrire au Rabbi à New York, ce qu’il avait fait. Dans sa réponse, le Rabbi insistait pour qu’il aille consulter dans un autre hôpital, assurant qu’il existait certainement d’autres remèdes.

C’est ainsi que ce jeune homme nous avait contactés et, par l’effet de la Providence Divine, c’était moi qui avait répondu au téléphone. Il m’avait décrit longuement les symptômes de son épouse et avait ajouté qu’il me téléphonait sur le conseil du Rabbi. Ceci m’obligea à réfléchir à la situation et je décidai que, malgré les efforts des médecins précédemment consultés, je devais trouver une autre façon d’agir à laquelle personne n’avait pensé jusque-là. J’en discutai avec mon équipe et tous acceptèrent mon idée : essayer sur la patiente un protocole de soins qui avait passé avec succès les tests en laboratoire mais n’avait jamais été expérimenté sur des êtres humains.

Une fois que cette information fut transmise au Rabbi, il répondit : « Puissent-ils avoir beaucoup de succès et puisse-t-elle connaitre une guérison complète ! ». Malgré le peu de chances statistiques qui entourait cette méthode, je me sentis grandement encouragé par la bénédiction du Rabbi et je vis en cela une occasion de sanctifier le Nom de D.ieu : comment une personne qui était dans un état désespéré pouvait retrouver la santé grâce à une bénédiction.

Nous avons donc mis en route le processus et, à la surprise générale, au bout de trois ou quatre semaines, nous avons remarqué une nette amélioration. De plus, la santé de la jeune femme se renforçait et cela nous permit de continuer avec cette méthode encore inconnue.

Nous avons même réussi à procéder à une greffe de moelle osseuse : ce fut long et très compliqué mais, D.ieu merci, au bout de six mois de traitement, elle put quitter l’hôpital, complètement guérie.

Pour nous, ce fut un immense soulagement et tout le personnel impliqué reconnut qu’il s’agissait là d’un véritable miracle. Ce qui avait débuté par une situation désespérée s’était achevé comme une réussite médicale inattendue et complète. Il était clair aux yeux de tous que D.ieu avait agi pour la guérison de cette jeune femme qui est, aujourd’hui, une grand-mère active : je suis encore en contact avec la famille.

J’appris de ce cas que nous ne devons jamais perdre espoir. Nous devons persévérer et chercher continuellement de nouveaux moyens – même s’ils ne sont pas conventionnels – jusqu’à ce que nous réussissions.

C’est ainsi que l’intervention du Rabbi a marqué un tournant du tout au tout dans ma carrière médicale. Elle a changé ma façon de traiter les malades, d’enseigner aux étudiants et d’orienter la recherche médicale. Je peux affirmer avec certitude que les succès que j’ai rencontrés avec de nombreux patients depuis lors sont dus à ce tournant radical que le Rabbi m’avait inspiré.

Quelques années plus tard, le Rabbi m’enseigna une autre leçon. Le fils d’un rabbin israélien connu arriva dans nos services, avec une infection de la moelle osseuse. Nous avons réussi à contenir l’infection mais nous craignions qu’elle ne récidive. Le personnel médical était divisé quant à la façon d’agir. Une partie de l’équipe estimait qu’il fallait procéder à une transplantation de moelle osseuse et ainsi éliminer toute menace. L’autre partie craignait qu’une telle opération soit bien trop dangereuse par rapport à la santé générale du patient. Aucune des deux parties ne parvenait à convaincre l’autre et les médecins les plus expérimentés ne savaient pas estimer quelle procédure serait la moins dangereuse.

A la fin, la famille nous dégagea de la responsabilité et écrivit au Rabbi qui répondit qu’aucune greffe n’était nécessaire et que le jeune homme se rétablirait. Effectivement, la suite des événements lui donna raison.

Ceci me servit de rappel : nous autres médecins ne sommes que des instruments dans la Main de D.ieu – ce qui m’a servi tout au long de ma carrière. Très souvent, j’ai dû faire face à des situations dans lesquelles toutes mes connaissances et toute mon expérience ne me servaient à rien et j’ignorais comment procéder. Mais en me souvenant des bénédictions du Rabbi, je réalisais qu’il suffisait que j’agisse aussi bien que je le pouvais car, en vérité, l’avenir du malade dépend de D.ieu.

Professeur Reouven Or – Hôpital Hadassah Jérusalem – JEM

Traduit par Feiga Lubecki