Le verset 7, 12, introduisant la Parchat Ekev, dit : «Et, ce sera, si (Ekev) vous écoutez». Rachi constate que le mot Ekev signifie à la fois : «si» et : «talon». En ce sens, il fait allusion aux : «Mitsvot légères(1), que l’homme foule de son talon», mais qu’il doit, néanmoins, mettre en pratique avec le plus grand scrupule.

Le roi David dit, dans ses Tehilim : «Pourquoi aurais-je peur pendant les périodes de malheur(2) ? La faute de mes talons m’entoure». En d’autres termes, David craignait plus spécifiquement ces Mitsvot légères, qui sont comparées au talon.

On peut être surpris par une telle conclusion. En effet, le roi David porte lui-même témoignage, dans ce Psaume, que : «Ton serviteur les respecte scrupuleusement, il garde le talon», ce qui veut bien dire qu’il mit effectivement en pratique, avec le plus grand scrupule, ces Mitsvot légères. Dès lors, de quoi avait-il peur ? 
En outre, il ne fait pas de doute que le roi David accomplissait toutes les Mitsvot, légères ou graves, de la manière la plus parfaite. Il ne craignait donc pas de les avoir éventuellement négligées, d’avoir oublié de les mettre en pratique. Sa peur devait avoir une toute autre cause(3).
 L’explication de tout cela est la suivante. Il est possible qu’un homme mette en pratique la Torah et les Mitsvot à la perfection, avec tous les détails d’application, de la manière la plus scrupuleuse, mais que, simultanément, sa pratique soit entachée par le manque. En effet, en accomplissant les Mitsvot, il les catégorisera en son esprit, parviendra à la conclusion que certaines sont plus importantes, d’autres secondaires, ce qu’à D.ieu ne plaise. 
Le jugement de l’homme est toujours basé sur sa rationalité et sur sa logique. Les Mitsvot, en revanche, émanent de la sagesse de D.ieu, qui est infinie. Elles ne peuvent donc pas être mesurées et analysées par les critères limités de l’intellect humain(4).
 Un Juif doit observer toutes les Mitsvot de manière identique, car elles sont toutes partie intégrante de la Volonté du Saint béni soit- il(5). S’il adopte une telle conception, sa manière de mettre en pratique les Mitsvot s’en trouvera modifiée(6). Il les accomplira toutes, quelles qu’elles soient, avec la même joie, la même intégrité, le même scrupule(7).

(Discours du Rabbi, Likouteï Sihot, tome 19, page 89)

Notes :
(1) Que l’homme perçoit comme telles. 
(2) En d’autres termes, qu’est-ce qui serait susceptible de m’inspirer la peur ? 
(3) Qu’il convient de déterminer. Pourquoi avoir peur quand on sait que l’on a mis en pratique, de manière effective, toutes les Mitsvot ?
(4) C’est la raison pour laquelle celui qui adopte une telle approche sera nécessairement dans l’erreur. 
(5) Qui est d’un seul bloc et ne peut pas être catégorisée. 
(6) Et renforcée.