Tous les mois du calendrier juif présentent, chacun pour ce qu’il est, des qualités particulières. Bien sûr, le mois de Tamouz ne fait pas exception à cette règle mais les observations auxquelles il conduit peuvent sembler surprenantes.

De fait, le mot «Tamouz» fait partie de ces dénominations ramenées de Babylone par nos ancêtres. Selon les commentateurs, il s’agissait là d’une divinité païenne dont le rite consistait à la mettre près du feu, à la chaleur, d’où l’usage d’un tel nom pour le mois le plus chaud. Comment a-t-on donc pu choisir de continuer à s’y référer alors que l’exil babylonien était terminé ? N’aurait-on pas dû retenir une appellation plus juive ?

Un enseignement sans doute essentiel se cache dans un tel choix. L’idée est connue : la chaleur du mois de Tamouz, pour la pensée juive, évoque la présence plus fortement révélée du Nom de D.ieu. C’est dire que cette chaleur a des connotations spirituelles particulièrement fortes et positives. Cela ne contredit-il pas l’origine même du nom de ce mois ? C’est que les temps changent. A l’époque de l’exil à Babylone, l’œuvre de transformation du monde, menée par le peuple juif au travers de la Torah et de ses commandements, n’a pas encore pris toute son ampleur. Mais voici que les siècles sont passés et les actes quotidiens de tous ont modifié la donne. Voici que ce qui semblait n’être que chaleur d’impureté peut devenir enthousiasme de sainteté. Du reste, ne voit-on pas, à la période contemporaine, le mois dans son ensemble prendre une nouvelle dimension avec des dates telles que le 3 Tamouz, la Hilloula du Rabbi, et, dès le début de la semaine prochaine, les 12 et 13 Tamouz, dates de la libération du précédent Rabbi des prisons soviétiques ?

C’est bien une libération à fêter qui se profile et celle-ci concerne chacun. Car la victoire qu’elle représente est celle du Bien sur le Mal, de la liberté sur l’oppression, finalement de la justice. Il y a comme un souffle nouveau qui se lève ainsi sur le monde et, plus particulièrement, sur le mois. Il faut en être conscient car nous avançons avec lui et il nous portera, si nous le voulons, plus loin et plus haut que ce que l’on peut imaginer.