La fête de ‘Hanouccah est encore présente dans nos mémoires ; il est vrai que sa lumière est si puissante qu’on ne saurait l’oublier en si peu de temps tant son éclat est encore présent dans notre cœur. Du reste, ne nous accompagnera-t-elle pas durant toute l’année ? Il est donc encore temps de revenir sur un message de la célébration qu’il ne faudrait surtout pas considérer comme secondaire.


De fait, l’histoire de ‘Hanouccah nous offre une vision bouleversante : celle de ces enfants à qui l’occupant grec avait interdit d’étudier la Torah ou, encore plus clairement dit, de rester fidèles à eux-mêmes et à l’héritage du judaïsme. Ces enfants, est-il rapporté, refusèrent de plier. Ils trouvèrent refuge dans la campagne, dans les grottes ou les forêts et, là, ils continuèrent de faire, en secret, ce que tous les enfants devraient pouvoir faire librement : apprendre. C’est d’ailleurs là l’origine de la toupie de ‘Hanouccah, qui servait de prétexte à ces réunions d’enfants quand l’envahisseur les découvraient malgré les précautions prises. Il y a, ici, comme l’héroïsme d’une génération. Ce sont de jeunes enfants, ils doivent braver des interdictions sévères et, cependant, ils n’hésitent pas. Mais où est l’origine d’un tel courage, d’une telle fermeté, de cette force-là qui n’est rien d’autre que celle qui a soutenu le peuple juif tout au long de son histoire ? Un seul mot répond à cette question : l’éducation.
C’est là un mot d’une grandeur et d’une puissance inégalables. L’éducation est une œuvre de chaque instant, dont dépendent le maintien de notre peuple et, plus largement, celui de la société des hommes. De fait, c’est dans ses jeunes années de formation que, pour l’enfant, tout se joue. C’est alors qu’il se pénètre des valeurs qui conduiront ensuite toute sa vie. C’est à ce moment que la sagesse et la connaissance lui apparaissent pour ce qu’elles sont : les biens les plus précieux qui se puissent acquérir. Il n’est pas étonnant que le judaïsme y ait toujours accordé une si grande attention et que, inversement, ses ennemis se soient toujours attaqués à elle. Elle est l’enjeu majeur car c’est l’avenir de l’enfant et celui de notre peuple qui y sont liés.
Nous vivons des temps où ce thème résonne avec une force accrue. Car, comme au temps de ‘Hanouccah, certains ne veulent voir dans l’éducation juive qu’une image du passé, dérangeante par son insistance à traverser les siècles. L’histoire de la fête leur répond encore. C’est par la conscience et la mémoire transmises que le peuple juif sait poursuivre sa route.