Dans la Paracha Ekev («parce que») Moché poursuit son dernier discours au Peuple d’Israël, leur promettant que s’ils accomplissent les commandements (Mitsvot) de la Torah, ils prospéreront sur la terre qu’ils sont sur le point de conquérir et où ils vont s’installer, selon la promesse faite à leurs patriarches.

Moché leur adresse également des reproches pour les manquements dans la première génération en tant que nation, rappelant le Veau d’Or, la révolte de Kora’h, l’erreur des Explorateurs, le fait qu’ils aient mis D.ieu en colère à Tavéra, Massah et Kivrot Hataava («les tombes de la luxure»). «Vous vous êtes rebellés contre D.ieu, leur dit-il, depuis le jour où je vous ai connus».

 

Mais il évoque également le pardon accordé par D.ieu à leurs péchés et les secondes Tables de la Loi, écrites par D.ieu et données après leur repentance.

Leurs quarante années dans le désert, dit Moché au peuple, durant lesquelles D.ieu les a nourris avec la manne quotidienne, venue du ciel, avaient pour but de leur enseigner que «l’homme ne vit pas seulement de pain, mais c’est par la parole de D.ieu que l’homme vit».

Moché décrit la terre qu’ils sont sur le point de pénétrer comme celle où «coule le lait et le miel», bénie des «sept espèces» (blé, orge, raisins, figues, grenades, huile d’olive et dattes) et comme un lieu où se concentre, le plus au monde, la Providence Divine. Il leur commande de détruire les idoles des précédents habitants de la terre et de veiller à ne pas devenir orgueilleux et commencer à s’imaginer que «ma force et la puissance de ma main m’ont permis d’obtenir cette richesse».

Un passage clé de cette Paracha est le second chapitre du Chema qui réitère les Mitsvot essentielles, formulées dans le premier chapitre du Chema, et décrit les récompenses de l’accomplissement des commandements de D.ieu et les conséquences néfastes (famine et exil) de leur non observance. C’est également la source du précepte de la prière et il comprend une référence à la résurrection des morts à l’Ere messianique.

 

Revenons sur le passage «Vehaya Im Chamoa »  (littéralement : «et ce sera quand vous écouterez»),  passage tellement fondamental dans notre héritage de la Torah qu’il a été choisi pour être inclus dans les récitations quotidiennes du Chema et inscrit dans les Téfilines et les Mezouzot.

Pourquoi est-il si important ? Tout d’abord, il mentionne l’observance de trois Mitsvot extrêmement importantes: mettre les Téfilines, étudier la Torah et poser des Mezouzot. Ces Mitsvot servent de rappel incessant de la présence de D.ieu. Par leur respect, nous parvenons à conserver vivace notre conscience de D.ieu, non seulement occasionnellement mais continuellement, et à garder Son existence comme facteur quotidien de notre existence.

Cependant, on peut déjà lire ces Mitsvot dans le premier paragraphe du Chema.  Ce qui  rend Vehaya Im Chamoa particulièrement significatif est sa promesse de récompense et de punition. Comme le statue le passage, quand nous observons la volonté de D.ieu, nous serons récompensés d’une prospérité infinie et si nous défaillons, nous serons punis de difficultés et d’exil. L’intention est claire. Nos actes déterminent notre futur.

Nombreux sont ceux qui objecteront, protestant que cela fait des années qu’ils ont fini le Talmud Torah et qu’il s’agit là d’une approche à la spiritualité infantile. Il est possible que, pour éduquer les enfants, il faille procéder par récompenses et punitions mais en tant qu’adultes, ils ressentent que cette approche est bien trop simpliste. D.ieu est transcendant et illimité et Sa sagesse et Sa providence ne connaissent aucune limite ou plan structuré. Il est donc bien au-dessus du geste de nous tendre des prix pour bonne conduite et des punitions pour désobéissance.

Combien tout cela est-il loin de la vérité !  La responsabilité de l’homme est l’un des principes fondamentaux de notre foi. En termes simples, si nos actions n’avaient aucun impact sur notre destinée, nous vivrions dans un monde de pur hasard, sans ordre ni organisation. Par ailleurs, D.ieu exercerait un contrôle absolu selon Ses décrets et rien dans notre conduite ne pourrait faire de différence.

En fait, l’homme détermine son destin  par son propre comportement. Tout comme la cause et l’effet sont des principes fondamentaux dans la loi de la nature, ce sont également des principes fondamentaux dans la loi spirituelle.

C’est précisément pour cette raison que les gens éprouvent de la difficulté à accepter ce concept. Nous avons du mal à endosser la responsabilité. Il est tellement plus facile de dire qu’il n’y a ni juge ni jugement que de reconnaître que tout ce que nous faisons a des conséquences.

Cela étant dit, il faut également souligner que les normes de justice de D.ieu sont déterminées par Son propre jugement, insondable. Bien souvent, nous voyons des hommes justes souffrir et des hommes mauvais prospérer, car Son système de valeurs n’est pas le nôtre. Il est sûr qu’Il est infini et contrôle le monde comme Lui le juge adéquat et non comme nous, nous le voudrions. Comme le disait Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev : «Quand j’étais un jeune homme, je pensais que je pouvais donner à D.ieu beaucoup de conseils sur la manière de gérer l’univers. Mais en vieillissant, j’ai pris conscience que ce qu’Il faisait était bien». Notre défi personnel consiste à nous conformer à Sa volonté et à vivre en fonction de Ses normes.

Perspectives

L’une des interprétations données au nom Ekev indique qu’il se réfère au Futur ultime, l’Ere messianique. Nous sommes assurés qu’alors, nous recevrons la véritable récompense pour notre observance de la Torah. Aujourd’hui nous n’en obtenons que «les fruits» mais le principe lui-même nous sera accordé dans le futur.

Au moment présent, le monde n’est pas capable d’absorber la pleine mesure de la force de D.ieu car de nombreux lieux sont envahis de «poches de mal». Si D.ieu irradiait le bien de façon démesurée, les forces du mal en tireraient également de la nourriture. A l’Ere ultime, par contre, le mal sera banni de la terre et il n’y aura plus aucune raison de retenir l’afflux de bien pour les Justes. Plus encore, les Justes eux-mêmes seront encore plus puissants et seront un moyen encore plus adéquat pour la révélation de la Divinité.