Sarah meurt à l’âge de 127 ans et est enterrée dans la grotte de Ma’hpélah à ‘Hévron qu’Avraham a achetée à Ephron le Hittite pour quatre cents Chékels d’argent.

Le serviteur d’Avraham, Eliézer, est envoyé à ‘Haran, chargé de cadeaux, pour trouver une femme pour Its’hak. Au puits du village, Eliézer demande à D.ieu un signe : quand les jeunes filles arriveront au puits, il demandera de l’eau pour boire. Celle qui proposera d’abreuver également ses chameaux sera celle qui est destinée au fils de son maître.

Rivka, la fille du neveu d’Avraham, Bethouel, apparaît au puits et réussit le « test ». Eliézer est invité dans sa maison où il relate à nouveau les événements du jour. Rivka revient avec Eliézer en terre de Canaan où ils rencontrent Its’hak, priant dans un champ. Its’hak épouse Rivka, l’aime et est consolé de la perte de sa mère.

Avraham prend une nouvelle épouse, Ketourah (Hagar) et engendre six autres fils mais Its’hak est désigné comme son seul héritier. Avraham meurt à l’âge de 175 ans et est enterré, à côté de Sarah, par ses deux fils aînés, Its’hak et Ichmaël.

La bague, le cercle et le toit

« L’homme prit une bague en or, du poids d’un demi chékèl, deux bracelets pour ses mains, du poids de dix chékels d’or » (Beréchit 24 :22)

« Comment une femme est-elle fiancée ? Le fiancé (ou son intermédiaire) lui donne de l’argent ou un objet de valeur, en présence de deux témoins, et lui dit : « Voici, tu m’es ainsi consacrée. » Bien que la consécration puisse s’effectuer avec n’importe quel objet d’une valeur minimale d’une Prouta, la coutume veut que l’on utilise une bague. » (Talmud Sanhédrin 2a; Choul’han Arou’h Even HaEzer 27 :1)

Le cercle marque la frontière entre un espace défini, qui se trouve à l’intérieur, et l’étendue illimitée de l’extérieur. En fait, le cercle lui-même est mystérieux dans la mesure où sa valeur, connue sous le nom de « pi », constitue une chaîne de chiffres s’étirant à l’infini.

Dans les enseignements de la Kabbale, le cercle représente la lumière « enveloppante » qui entoure notre réalité. La Kabbale fait la différence entre plusieurs types de lumières :

  1. Une lumière « pénétrante », immanente, la « lumière intérieure »
  2. et une lumière « enveloppante », transcendante.

La lumière « pénétrante » représente un flux d’énergie Divine conforme aux paramètres de notre vie. L’œuvre de la nature, par exemple, ou le processus de l’histoire sont en réalité des influences divines sur notre existence. Mais ces influences ont pris une forme et une « nature » que nous pouvons comprendre et intérioriser.

Et puis existent des manifestations de la Lumière divine, surnaturelles, et irrationnelles. Nous les appelons « miracles », « mystères de l’existence », « expériences à couper le souffle ». Nous ne pouvons ni les comprendre ni les expliquer mais seulement les accepter et nous ouvrir à elles.

Cela ne signifie pas pour autant que cette lumière « enveloppante » soit quelque chose qui existe en dehors de notre être. Elle pénètre la réalité « de la tête aux pieds et à l’intérieur de sa partie la plus profonde ». Elle est aussi essentielle, voire plus essentielle, à notre existence que la « lumière intérieure ». Cependant, tout en se diffusant à l’intérieur de notre être, elle reste distante et au-delà de notre portée, nous enlaçant tout en écartant toutes tentatives de la saisir et de la définir.

L’âme humaine, créée à l’image de D.ieu, irradie également à la fois une « lumière intérieure » et une « lumière enveloppante ».

Elle se manifeste par l’intermédiaire de facultés définies et limitées comme les sens, les talents, l’intellect, les sentiments…

Mais elle s’exprime également par des forces « enveloppantes » comme la volonté, le désir, la foi et la capacité du don de soi. Ce sont ces forces surnaturelles et irrationnelles qui défient les limites de la physique et de la raison et même de l’égocentrisme et de l’auto préservation.

Trois cercles

Le mariage est l’engagement le plus irrationnel et surnaturel que prend l’homme. Car le fait que deux individus ne forment qu’« une seule chair » va à l’encontre des lois de l’égo et de l’identité personnelle et demande que l’on dépasse la loi de base selon laquelle « un et un font deux. » C’est ainsi que c’est dans le mariage que nous imitons au mieux D.ieu, créant la vie et rendant éternel le temporel (en ayant des enfants, l’homme et la femme ne font pas que créer un enfant mais aussi le potentiel que cet enfant en ait à son tour et ainsi de suite, jusqu’à l’infini). Quand deux individus deviennent un, ils transcendent le fini et le mortel, mettant en œuvre la seule faculté humaine qui est infinie et Divine.

Le mariage demande donc que l’on active les forces « enveloppantes » de tous ceux qui sont concernés. Dans le mariage, il y a trois partenaires : l’homme, la femme et D.ieu et chacun contribue à animer sa dimension qui dépasse la nature.

Le mariage consiste donc en trois cercles : le cercle féminin, le cercle masculin et le cercle Divin.

La cérémonie du mariage commence lorsque la Kalla (mariée) entoure le marié. Elle tourne sept fois autour de lui, l’encerclant dans la lumière « enveloppante » de son âme, s’engageant à un lien qui transcende la raison et l’égo. Puis le fiancé fait alors la même chose en encerclant son doigt d’une bague, et la consacrant ainsi comme son épouse.

Et tout cela a lieu sous la ‘Houpah (le dais nuptial) qui représente le fait que D.ieu enveloppe le couple de Sa lumière transcendante, lui donnant ainsi la force de dépasser les limites du moi et de s’unir dans « l’édifice éternel » qu’est le mariage.