Devant le nombre croissant des Enfants d’Israël en Egypte, le Pharaon les soumet à l’esclavage. Puis il ordonne aux sages-femmes juives, Chifra et Poua, de tuer tous les nouveau-nés garçons. Devant leur désobéissance, il ordonne que tous les bébés hébreux soient jetés dans le Nil. Amram et Yo’héved, la fille de Lévi, ont un fils qu’ils déposent dans une corbeille sur le Nil. Sa sœur Miryam surveille de loin et voit que la fille du Pharaon découvre l’enfant, le prend. Elle va l’élever comme son fils et le nommer Moché.

Moché, devenu un jeune homme, découvre les souffrances de ses frères. Voyant un Egyptien s’acharner sur un Hébreu, il le tue. Le lendemain, alors qu’il veut séparer deux Juifs qui se querellent, ces derniers le menacent de rapporter son crime. Moché fuit donc à Midian. Il est secouru par les filles de Yitro. Il se marie avec l’une d’entre elles, Tsipora et devient le berger de son beau-père.

La fabrique de briques

« Ils rendirent leur vie amère par des travaux forcés, avec du mortier et des briques. » (Chemot : 1 :14)

Afin qu’ils deviennent un peuple choisi par D.ieu pour être Sa « lumière parmi les nations », les Enfants d’Israël devaient d’abord passer par le creuset de l’Égypte. Pendant cent vingt ans, ils furent « des résidents provisoires dans une terre qui n’était pas la leur ». Durant les quatre-vingt-six dernières années, ils furent asservis par les Égyptiens à de durs labeurs, essentiellement dans des fabriques de briques.

Pourquoi des briques ? Rien n’est fortuit dans le monde de D.ieu, et tout particulièrement dans l’histoire de Son peuple. Si nous fumes forgés en une nation dans les fours à briques de l’Égypte, c’est que la brique joue un rôle significatif dans notre mission de la vie.

La brique par rapport à la pierre

L’être humain est un bâtisseur. Certains construisent des édifices matériels : des maisons, des villes, des routes, des machines et un nombre infini d’autres structures. D’autres s’engagent dans des constructions plus subtiles, structurant des mondes, des couleurs ou des sons pour y abriter leurs sensations ou leurs sentiments. Mais nous construisons tous notre vie, empruntant le matériau dans notre environnement, notre société ou notre propre psychisme et le forgeant en un édifice qui remplit une certaine fonction et vise un certain but.

Chacun d’entre nous ayant été doté par notre Créateur du libre-arbitre, nous pouvons attribuer à ce matériau un dessein matériel ou spirituel, égocentrique ou altruiste, positif ou négatif. Ou bien, nous pouvons l’utiliser dans le but ultime, celui de « construire une résidence pour D.ieu », en consacrant notre vie à l’accomplissement de la volonté de D.ieu comme elle se révèle dans la Torah.

Le matériau que nous utilisons entre dans deux catégories principales : l’une donnée par D.ieu et l’autre faite par l’homme.

Une grande partie de la « matière » que nous utilisons pour construire notre vie était déjà présente quand nous sommes entrés en scène, prête à être utilisée ou contenant le potentiel pour que nous puissions le faire, attendant d’être découvert et réalisé.

Mais D.ieu nous a dotés de bien plus que de la simple capacité à développer Son monde. Désirant que nous soyons de véritables « partenaires dans la création », le Créateur nous a imparti la possibilité de créer du potentiel là où il ne s’en trouve aucun.

C’est là la signification profonde des briques que nous modelâmes et fîmes chauffer alors que nous étions en plein processus de maturation pour devenir un peuple.

Dans le onzième chapitre de Béréchit, la Torah décrit l’invention de la brique. A l’origine, les survivants du Déluge habitaient des régions montagneuses et extrayaient de la pierre pour s’en servir comme matériau de construction. Mais par la suite, ils s’installèrent dans la vallée de Chinar (qui allait devenir Babylone) où ils furent pris du désir de construire « une ville et une tour dont la tête allait atteindre les cieux ». Où allaient-ils trouver un matériau suffisamment solide pour soutenir une structure aussi massive ?

« Ils se dirent entre eux : ‘Façonnons des briques et cuisons-les dans le feu’. Et la brique leur servit de pierre et la glaise leur servit de mortier. »

« La pierre » représente ces matériaux dont D.ieu nous pourvoit pour construire notre vie. Cela ne veut pas dire pour autant que nous n’ayons pas à fournir d’efforts : la pierre doit être extraite de la carrière, transformée, taillée et encastrée dans de nombreuses autres pierres afin que la structure puisse être montée. Mais la pierre est là, solide, convenant à la tâche et attendant qu’on l’exploite.

Dans notre propre vie existent certains éléments naturellement qualifiés pour servir dans la construction d’une demeure pour D.ieu et prêts à se livrer à cette tâche : les traits positifs de notre caractère, les temps et lieux sacrés dans la création (par exemple les vingt-quatre heures du Chabbat ou la Terre Sainte), les objets destinés à l’accomplissement d’une Mitsva (comme un rouleau de la Torah ou une paire de Tefiline).

Mais il y a également ces éléments qualifiés de matériaux de construction bruts : nos instincts égocentriques et animaux et un monde matériel et matérialiste qui obscurcit la vérité de son Créateur. Ce sont ces éléments qui, par nature, ne sont pas conducteurs voire sont même opposés à tout ce qui est bon et divin. Pour les inclure dans la « résidence de D.ieu » que nous faisons de notre vie, nous devons façonner des « briques ». Nous devons les malaxer et leur donner une forme qu’elles n’ont jamais connue, les chauffer dans le four du sacrifice de soi et de l’amour de D.ieu jusqu’à ce qu’elles deviennent assez solides pour soutenir notre édifice comme des « pierres » saintes.