La Paracha Nitsavim comporte certains des principes fondamentaux de la foi juive.

L’unité d’Israël : nous nous tenons tous devant D.ieu, depuis les chefs de tribus jusqu’aux puiseurs d’eau.

La Rédemption future : l’exil et la désolation seront suivis de la réunion de tous sur la terre de nos pères.

La pratique de la Torah : elle nous est accessible, elle est proche de nous et nous avons la capacité de nous y adonner.

Le libre-arbitre : devant nous, sont la vie et le bien, la mort et le mal. Marchons dans les voies de D.ieu, gardons Ses commandements, choisissons la vie.

La Paracha Vayélè’h relate les événements du dernier jour de la vie de Moché sur cette terre. Il transfère sa gouvernance à Yehochoua et écrit un rouleau de la Torah qu’il confie aux Léviim afin qu’ils le conservent dans l’Arche de l’Alliance.

On y lit la Mitsva du Hakhel : au cours de la fête de Soukot, lors de l’année qui suit celle de la Chemita, c’est-à-dire la huitième année, le Peuple entier se réunira dans le Saint Temple où le Roi lira la Torah.

La Paracha s’achève avec la prédiction que le peuple se détournera de D.ieu qui cachera Sa face mais également avec la promesse que les mots de la Torah ne seront pas oubliés par ses descendants.

Alors que Rabbi Chnéor Zalman de Lyadi séjournait auprès du Maguid de Mézéritch, son maître lui cita le Baal Chem Tov :

Commentant le fait qu’au cours du Chabbat qui précède le mois de Tichri, l’on ne récite pas la bénédiction pour le nouveau mois, le Baal Chem Tov déclara :

« Le septième mois, qui est le premier des mois de l’année, est béni par D.ieu Lui-même et par la force de cette bénédiction, les Juifs peuvent bénir les mois de l’année à venir. »

Le Baal Chem Tov poursuivit, expliquant que la nature de cette bénédiction s’exprime dans la Paracha lue en ce Chabbat : 

« La section de la Torah commence par ‘vous vous tenez debout aujourd’hui…’ »

« Aujourd’hui » se réfère à Roch Hachana, le Grand Jour du Jugement.

« Vous », c’est-à-dire l’ensemble du Peuple juif, vous tenez forts et fermes.

Et selon le commentaire de Rachi sur le mot « aujourd’hui » : « Tout comme le jour perdure et brille, ainsi D.ieu brille-t-Il pour vous et continuera à briller pour vous. », c’est la bénédiction de D.ieu pour le septième mois qui est plein et remplit les autres mois, apportant au Peuple juif beaucoup de bien pour toute l’année. »

De nombreuses perspectives peuvent être tirées de cette déclaration. En soulignant le fait que Roch Hachana est le Jour du Jugement, le Baal Chem Tov met l’accent sur la force du Peuple juif.

Clarifions ce concept avec un point de la Hala’ha (Loi Juive).

Un Chtar (document légal) qui a été soumis à un questionnement puis vérifié par une cour législative est plus fort qu’un Chtar ordinaire. Ce dernier peut faire l’objet d’une remise en question par la cour. En revanche, une fois que la cour a vérifié le Chtar, son authenticité ne peut jamais être démentie.

Par le jugement de Roch Hachana, l’intégrité du Peuple juif est examinée et malgré tout, « vous vous tenez forts et fermes », les Juifs reçoivent donc ainsi une force supplémentaire.

Le même concept est lié au service essentiel du mois de Tichri : le service de la Techouvah (le retour à D.ieu). Le Baal Chem Tov explique qu’un Baal Techouvah (celui qui est revenu à D.ieu) possède un avantage sur celui qui n’a jamais fauté. Ce dernier n’a jamais été confronté à un défi et nul ne sait comment il aurait réagi, le cas échéant. Par contre, un Baal Techouvah a testé le péché mais s’en est séparé par la suite. Il a conquis ses impulsions et a fait preuve d’une force d’engagement supérieure. C’est pourquoi le Talmud commente : « Un Tsaddik (Juste) parfait ne peut se tenir devant un Baal Techouvah. »

Une autre idée peut être suggérée à partir des paroles du Baal Chem Tov. Il déclare que le mois de Tichri « apporte au Peuple juif beaucoup de bien pour toute l’année. »

Cela ne signifie pas, à D.ieu ne plaise, que les bénédictions apportées par le mois de Tichri sont spécifiquement confinées dans cette année. En fait, elles affectent toutes les années à venir. Une « année » est un cycle temporel complet qui ne cesse de se répéter. Il inclut toutes les possibilités de changement et de variation dans les saisons, dans le temps, etc. Cela signifie, en d’autres termes, que les bénédictions de Tichri s’appliquent à d’autres époques qui peuvent également arriver dans les années futures.

(Ce concept n’annule pas la possibilité pour D.ieu d’augmenter Ses bénédictions d’une année sur l’autre, selon le principe : « les sujets de sainteté doivent être réactualisés.)

Cette notion est évoquée en allusion dans le mot Chana (« année ») qui est lié au mot Chéni signifiant « répétition » (dans un sens plus large).

(Le mot Chana est également lié au mot Chinouï qui signifie « changement », impliquant qu’il y a des variations d’une année à l’autre. Cependant, son sens premier est Chéni, « répéter ».)

Telle est la bénédiction de D.ieu pour l’année à venir. Puisque « la Parole de D.ieu est considérée comme une action », nous pouvons avoir l’assurance d’une bonne année, d’une année pleine de bonheur. Puis ce bonheur brisera toutes les barrières, y compris les barrières de l’exil et apportera la Rédemption ultime et complète.

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Il est adéquat de mentionner l’importance de Ha’hnassat Or’him, la Mitsva de recevoir des invités. Les invités sont confrontés à de nombreuses difficultés. Pour leur rendre les choses plus faciles, certains se sont engagés à leur donner le gite et le couvert. Ces gens sont dignes de grandes louanges. Cependant cela ne doit pas empêcher d’autres de suivre leur exemple. Bien au contraire, tous, y compris ceux qui sont engagés dans l’étude de la Torah, doivent faire un effort dans ce sens.

(Même celui qui consacre tout son temps à l’étude de la Torah doit s’arrêter quelque temps si on lui offre « de l’or, de l’argent et des pierres précieuses. » C’est pourquoi, il convient qu’il s’interrompe pour accomplir la Mitsva de A’hnassat Or’him. Ce principe se trouve renforcé par la déclaration de nos Sages selon laquelle durant le mois d’Éloul, il est adéquat de prendre un peu de son temps consacré à l’étude de la Torah pour le mettre au service de la prière. La Tsedaka est une préparation à la prière. Il convient donc de prendre du temps de sa propre étude et d’aider les invités arrivés pour les fêtes.)

En outre, les besoins spirituels des invités doivent être comblés. Des cours doivent être organisés pour leur permettre d’étudier au moins Pérèk E’had, « un chapitre », une session d’étude le matin et une le soir. Ce qui précède s’applique aux hôtes tout comme aux invités. Ils doivent étudier les lois de la fête ainsi que des textes qui mènent à l’amour et à la crainte de D.ieu. A Roch Hachana, le principe de l’unité juive est fortement accentué. C’est pourquoi ces activités servent de préparation convenable à la fête.