Temps d’unité et de joie. C’est ainsi que se déclinent les jours du mois de Tichri. Après la solennité puissante de Roch Hachana et de Yom Kippour, l’allégresse ressemble à une déferlante qui emporte tout sur son passage et sa marque est d’autant plus profonde qu’elle efface aussi les différences, pour la plupart artificielles, entre tous ceux qui prennent part à la joie.

De Souccot à Sim’hat Torah, il est donc temps de vivre pleinement ce temps où il n’y a plus place que pour l’essentiel : la confiance en D.ieu, la célébration, l’exultation de l’espoir et la foi en l’avenir. Car, finalement, c’est bien de cela qu’il s’agit. Nos actes d’aujourd’hui portent en eux les ferments de ce qui fera demain. Et aucune autre période de l’année ne l’exprime avec autant d’éclat que celle que nous traversons. De fait, ce que nous faisons jour après jour, commandement après commandement, rite après rite, est-il autre chose qu’une façon de poser des jalons sur la route nouvelle qui commence à présent ?
Prenons donc la pleine mesure des jours qui passent. Dans la Soucca, si éternellement solide et si manifestement fragile, nous ressentons essentiellement la protection Divine, cette Présence qui est le sens des choses, qui résonne profondément en nous comme une partie de nous-mêmes. Assis dans cette demeure d’une semaine, l’unité de tous, sous ce toit de branchage et, sans doute, de lumière, est une donnée d’évidence. Et il y a comme une atmosphère d’ailleurs qui flotte au-dessus de tout cela. On dit parfois que la joie peut être palpable. Ici, elle n’a pas besoin de l’être, elle s’impose sereinement avec la force de l’élémentaire.
Puis la douceur explose dans les mille éclats de Sim’hat Torah et cette façon de danser de toutes ses forces avec les Séfer Torah dans les bras. Etre porteur de la Torah, c’est un rêve d’homme, une réalisation de fête. Cela change-t-il quelque chose à un quotidien qui ne tarde pas ensuite à vouloir récupérer ses droits ? C’est justement là l’enjeu. Ce n’est plus un changement partiel ou imparfait que l’on recherche mais bien une transformation de fond. Quand l’année recommence, tout est possible. Nous détenons les forces acquises pendant tous les jours de Tichri. Déployons-en, à présent, la puissance. Elle n’est pas une menace, elle est une promesse. Bonne année à tous !