Le petit-fils d’Aharon, Pin’has, est récompensé de son acte zélé, celui d’avoir tué le prince Zimri, de la tribu de Chimon, et la princesse de Midian avec laquelle il avait gravement fauté. D.ieu lui accorde une alliance de paix et la prêtrise.

Un recensement du peuple dénombre 601 730 hommes de vingt à soixante ans.

Moché reçoit les instructions concernant le partage de la terre entre les tribus et les familles d’Israël, sous forme de tirage au sort.

Les cinq filles de Tsélof’had demandent à Moché le droit d’hériter de la terre de leur père, mort sans laisser de fils. D.ieu accepte leur demande et l’incorpore dans les lois d’héritage.

Moché habilite Yehochoua pour lui succéder et mener le peuple vers la Terre d’Israël.

La Paracha se conclut par une liste détaillée des offrandes quotidiennes et des offrandes additionnelles apportées le Chabbat, Roch ‘Hodèch (le premier jour du mois) et lors des fêtes de Pessa’h, Chavouot, Roch Hachana, Yom Kippour, Soukkot et Chemini Atsérèt.

L’Alliance de paix

Dans notre Paracha, D.ieu dit à Moché que Pin’has, le fils d’Élazar, fils d’Aharon le Cohen, avait agi au Nom de D.ieu, et sauvé d’innombrables vies, quand il avait tué Zimri. Zimri cohabitait avec une femme de Midian. Quand Pin’has le tua, il mit fin à une épidémie qui avait tué 24 000 personnes. Pour son acte, D.ieu le récompensa en en faisant un Cohen, un prêtre, comme le disent les versets (Bamidbar 25 :12-13) : « C’est pourquoi tu diras : Voici ! Je lui donne Mon alliance de Chalom (paix). Ce sera une alliance éternelle de prêtrise pour lui et pour ses descendants après lui. »

Des questions

  • Selon la loi de la Torah, la prêtrise (être Cohen) est héréditaire. Pin’has n’était pas né Cohen. Pourquoi D.ieu semble-t-Il enfreindre Sa propre loi pour faire ce don à Pin’has ?
  • Que signifie que D.ieu donna à Pin’has l’Alliance de Paix ? Son acte n’apparaît pas comme ayant été très pacifique !
  • Dans notre passage, la lettre hébraïque Vav dans le mot Chalom est scindée en deux. Dans sa représentation graphique, le Vav se présente comme deux lettres séparées : un Youd en haut et un petit Vav en bas. Que pouvons-nous en apprendre ?

Gagner la Prêtrise

On se serait attendu à ce que Pin’has soit Cohen depuis le début. Il était le fils d’Élazar et le petit-fils d’Aharon, tous deux Cohanim. Cependant, quand D.ieu les avait choisis pour la prêtrise, Il avait dit : « Tous vos descendants, à partir de maintenant, seront des Cohanim. » Pin’has était déjà né alors, si bien qu’il était exclu de ce don Divin. Cependant, D.ieu voulait, dès l’origine, qu’il soit Cohen mais Il désirait qu’il gagne ce titre.

Comment Pin’has le gagna-t-il ? Maïmonide définit le Cohen en termes spirituels, dans son Michné Torah : « Celui qui se consacre à se tenir devant D.ieu, à gérer, servir et suivre le droit chemin que D.ieu a créé, est tout aussi sanctifié que le Saint des Saints (il est comme le Grand Prêtre). D.ieu devient sa part et son héritage, éternellement. »

En d’autres termes, lorsque nous nous dévouons à D.ieu par des actes d’abnégation, nous sommes capables de révéler le niveau de « Cohen » dans notre âme. Ce niveau est synonyme de Ye’hida, le niveau le plus élevé de notre âme. Le Cohen, la Ye’hida, est également une étincelle de Machia’h que chacun de nous possède.

L’acte de Pin’has était empreint d’abnégation, transcendant la logique et la sécurité personnelle. Il agit dans un but supérieur, uniquement pour sanctifier le Nom de D.ieu. En révélant sa Ye’hida, il put entrer dans leur tente et transpercer de sa lance Zimri et la femme de Midian, mettant sa propre vie en danger. Parce qu’il commit cet acte de sacrifice de soi, agissant comme un Cohen, dans les termes que définit Maïmonide, D.ieu le nomma Cohen, pas seulement comme nom mais également comme profession.

Unis dans la paix

Le mot Ye’hida signifie « unique » ou « uni ». La Ye’hida est la partie essentielle de l’âme qui est unie et attachée à D.ieu ; c’est l’union entre l’humain et le Divin. Chalom, la paix, est l’unité des contraires. Lorsque nous révélons le niveau de notre âme de Ye’hida, nous sommes à même d’unir et d’apporter la paix entre l’aspect fini du monde matériel et les mondes spirituels infinis.

La lettre Vav, scindée, dans le mot Chalom, illustre cette unité. La partie supérieure, le Youd, représente la Divinité et la spiritualité. Le petit Vav, en dessous, possédant la valeur numérique de 6, représente le monde qui put exister grâce aux Six Jours de la Création. Le Youd et le Vav sont unis pour former une lettre unique.

Une alliance de paix

C’est ce qu’implique l’Alliance de Paix offerte à Pin’has : il reçut l’aptitude d’évoluer librement entre le monde spirituel et le monde matériel. Par exemple, lorsque Yehochoua l’envoya explorer Jéricho, Pin’has fut capable d’être invisible aux yeux des soldats du roi.

Le Sforno commente également notre verset en disant que Pin’has vécut 300 ans.

Les Pirké déRabbi Éliézer affirment, que Pin’has est en réalité le Prophète Eliahou Hanavi, ce qui signifie qu’il vit toujours aujourd’hui.

Tout cela démontre que l’acte de Pin’has, bien qu’apparemment violent, était en réalité un acte de paix et d’unité.

Reconstruire un Temple de paix

La Paracha Pin’has est toujours lue au cours des « Trois semaines » durant lesquelles toute notre nation pleure la destruction du premier et du second Temples.

Quel message Pin’has nous apporte-t-il durant ces « Trois semaines » ? Et comment reconstruisons-nous le Saint Temple ? En servant D.ieu, au-delà de notre zone de confort et en révélant ainsi notre Ye’hida. C’est ainsi que l’on est un « Cohen », non seulement de nom mais également de profession.

La destruction du Saint Temple soulève une dernière question : pourquoi le Vav doit-il être scindé, brisé, comme le Temple ?

De la même façon, pourquoi Pin’has dut-il agir agressivement et non « pacifiquement » ?

Le mot Chalom peut signifier « complet » ou « entier » mais la séparation dans le Vav semble rendre cette lettre incomplète !

La réponse est que, bien que nous soyons la dernière génération de l’exil et la première génération de la Délivrance, le monde n’est malheureusement pas encore parfait et nous n’aurons pas une manifestation complète de la paix avant la révélation du Machia’h. Le Baal Hatourim explique que la valeur numérique de Chalom (376) est la même que celle des mots : « Zéhou Machia’h », « Voici le Machia’h ».

Puissions-nous le mériter maintenant !