Aharon reçoit l’ordre d’allumer la Menorah et la tribu de Lévi est initiée au service du Sanctuaire.

Un « second Pessa’h » est institué en réponse à la demande d’un groupe de Juifs qui n’avaient pu apporter le sacrifice pascal.

D.ieu indique à Moché l’itinéraire dans le désert et le peuple juif part du Mont Sinaï où il avait campé presqu’une année.

Les Juifs réclament à Moché de la viande.

Moché demande aux 70 Anciens de l’assister dans la difficile gouvernance du peuple juif.

Miryam parle en termes critiques de son frère Moché. Elle est punie par une maladie de la peau. Moché prie pour sa guérison et la communauté entière attend sept jours jusqu’à ce qu’elle guérisse.

 

Le but de l’éducation

C’est par un verset unique : « éduque un enfant selon son chemin de sorte que, même lorsqu’il grandira, il ne s’en écarte pas » que le Roi Salomon communique plusieurs concepts fondamentaux de l’approche de la Torah à l’éducation.

Le but de l’éducation ne consiste pas simplement à transmettre des informations mais à modeler le caractère, à mettre l’enfant (ou l’élève) sur une voie qu’il pourra suivre tout au long de sa vie. Chaque enfant s’engagera dans un « chemin » car la vie ne nous permet pas de nous arrêter et nous subissons des changements et construisons ainsi une route. Mais un enfant doit être préparé à ces transitions, qui ne doivent pas le prendre au dépourvu. Et c’est là même le but de l’éducation : lui donner une échelle de valeurs et des principes qui lui enseigneront comment se projeter dans l’avenir, comment faire face et surmonter les défis de la vie.

Il ne s’agit pas seulement de principes abstraits mais ils doivent faire partie intégrante de sa vie concrète et être intériorisés.

Ainsi, non seulement l’enfant aura un but vers lequel se diriger mais également la force intérieure qui lui permettra de relever les défis. L’enfant, fort des principes et des valeurs sincères qu’il aura appris, sentira monter en lui une énergie qui s’exprimera dans des expériences de vie positives.

Encourager l’individualité

Il est important, dans ce processus, de prendre conscience que chaque enfant a « son chemin », sa nature individuelle. Comme le disait le Rabbi précédent, « chaque Juif a une mission spirituelle dans sa vie ». Bien que nous partagions tous le but commun de transformer notre monde en résidence pour D.ieu, chacun de nous possède des tendances et des talents particuliers. C’est leur expression qui permet au dessein Divin de se manifester selon différentes manières, ce qui touche un champ plus vaste.

Un maître ne doit donc pas pousser tous ses élèves dans une direction unique mais apprécier les dons de chacun et cultiver leur expression. Même lorsqu’il s’agit des vérités universelles de la Torah, le but ne doit pas être le conformisme mais au contraire le fait de permettre à chacun d’intérioriser ces vérités, d’une manière qui sied à sa propre nature.

Des lampes qui resplendissent

La Paracha de cette semaine, qui commence avec le commandement que reçoit Aharon d’allumer la Menorah, évoque précisément ces concepts. La Menorah symbolise le Peuple juif car le but de l’existence de chaque Juif est de diffuser la lumière Divine dans le monde : « l’âme de l’homme est la lampe de D.ieu » car « avec la lumière de la Torah et la bougie des Mitsvot », notre peuple illumine le monde.

La Menorah s’élevait en sept branches qui symbolisent sept voies dans le service Divin. Et pourtant, elle était confectionnée à partir d’un seul bloc d’or. Cela signifie que les qualités diverses des membres du Peuple juif ne les empêchent pas de former une unité essentielle. La diversité ne mène pas à la division et le développement d’une véritable unité provient de la synthèse d’élans divers, chacun exprimant ses propres talents et sa personnalité.

Des efforts indépendants

Dans l’expression du commandement de D.ieu à Aharon d’allumer la Menorah, la Torah utilise la phrase : Behaalote’ha Ete Hanérot, littéralement : « quand tu feras monter les lampes ». Rachi explique que cela signifie que le Cohen devait appliquer la flamme à la mèche, « jusqu’à ce que la flamme s’élève par elle-même » et brille de son propre chef.

L’interprétation allégorique de chacun des termes exprimés par Rachi reflète un concept fondamental.

 

La flamme : Chacun est une « lampe » potentielle. Mais une flamme réalise son potentiel lorsqu’elle produit une brillante lumière.

S’élève : Nous ne devons pas nous satisfaire de notre état présent, quelque raffiné qu’il soit. Nous devons chercher à aller plus loin, pour atteindre un service Divin d’un niveau encore plus élevé et plus complet.

D’elle-même : Il nous faut intérioriser l’influence de nos maîtres jusqu’à ce que leur lumière devienne la nôtre. Le savoir que nous avons acquis doit nous donner la force de « briller » par nous-mêmes, de façon indépendante.

Mais cela va encore plus loin.

S’élever par elle-même signifie que le désir d’aller de l’avant doit devenir notre nature-même. Nous devons continuer à chercher à progresser, quand bien même nous n’y sommes pas encouragés par les autres.

Par le même biais, lorsque nous enseignons, notre intention doit être de faire de notre élève une flamme « qui s’élève par elle-même », une lampe indépendante qui répand « la lumière de la Torah » dans son environnement.

Continuer le voyage

Behaalote’ha n’est pas simplement le début de la Paracha, c’est également son nom. Les leçons qu’il communique s’applique au contenu de tous les versets. Cela s’exprime dans la plus grande partie de la Paracha, décrivant les préparatifs et les premières étapes du voyage du Peuple juif dans le désert. Le Baal Chem Tov explique : « ces voyages se reflètent dans les voyages de chaque individu au cours de sa vie ».

Le Peuple juif ne resta pas au Mont Sinaï où il avait reçu la Torah et construit le Sanctuaire. Mais ils prirent la Torah et le Sanctuaire et se mirent en chemin à travers le désert du monde.

De la même façon, le fait d’allumer la lumière dans l’âme d’une personne, ce qui est le but de son éducation, doit lui permettre de prendre sa « lumière de la Torah » avec elle, dans ses voyages de par le monde. Et en répandant cette lumière, chacun contribue à accomplir le but de toute existence : la construction d’une demeure pour D.ieu dans notre monde matériel.

C’est dans cette veine que les voyages du Peuple juif dans le désert font aussi allusion aux périples de notre Peuple, à travers les âges, vers la réalisation de ce dessein : la révélation de la lumière du Machia’h. Et c’est alors que nous nous rejoindrons avec la reconstruction du Beth Hamikdach où nous pourrons à nouveau contempler les Cohanim allumer la Menorah.