Nous nous y sommes ardemment préparés, elle est là : la fête de Pourim emplit l’univers dès le début de cette semaine.

Hâtons-nous de relever qu’elle ne se limite pas à ses jours de célébration mais qu’elle illumine bien toute la semaine et sans doute largement au-delà. Cela précisé, comment vit-on Pourim ? Cette fête est évidemment liée à des circonstances historiques précises : l’exil du peuple juif à Babylone après la destruction du premier Temple, la situation à la cour d’Assuérus, les jeux de pouvoir etc. Il y a là tant d’éléments spécifiques qu’on ne peut que se demander quelle peut être notre relation avec de tels événements. Et pourtant la fête de Pourim est si ancrée dans la conscience juive qu’elle retentit comme la joie indépassable qui entraîne chacun dans un bonheur sans limites.

Peut-être est-ce justement ce caractère qui la rend si précieuse ? Nous vivons, comme nos ancêtres à Babylone, en un temps d’exil où le Temple ne se dresse pas sur sa colline à Jérusalem et où notre sort paraît dépendre de facteurs hors de notre portée. Nous vivons aussi un temps d’inquiétude plus ou moins justifiée et la crainte du lendemain prend parfois des aspects qu’on a peine à contenir. Voici donc que nous ressentons avec une intensité nouvelle une certaine instabilité des choses. Et même si nous vivons généralement dans des conditions matérielles dont nos ancêtres ne pouvaient même pas rêver, ce sentiment d’instabilité, d’incertitude crée une sorte d’inconfort au quotidien. Et Pourim arrive. Et la fête fait monter en nous la grande symphonie de l’espérance et de la confiance.

Car il y a ici un véritable combat à mener en soi-même et dans la société où nous nous trouvons. Pourim nous dit que les drames annoncés ne se réalisent que si on les laisse se développer. La fête nous rappelle que regarder le monde positivement est une manière essentielle de lui apporter la guérison essentielle qu’il attend, qu’elle soit matérielle ou morale. Dans ce combat, chacun est un acteur que nul ne peut remplacer. Il nous faut être ces porteurs de foi et d’enthousiasme que rien n’arrête, pas même les soucis du temps ou les perspectives moins satisfaisantes. Il en a toujours été ainsi, l’avenir est entre nos mains. Comme Morde’haï le fit au temps historique de Pourim, il nous appartient de lui donner sa direction : celle de la vie et de la joie. Un combat qui nous dépasse ? Certainement pas, Pourim est passé par là !