La Torah interdit par trois fois de cuire la viande dans le lait : « Tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère » (Chemot – Exode 23 : 19 ; Chemot 34 : 26 et Devarim – Deutéronome 14 : 21). Les Sages ont déduit de cette triple répétition qu’il était aussi interdit de manger et même de tirer profit de toute viande cuite dans du lait.

De plus, ils ont institué qu’on évite soigneusement toute possibilité de contact entre les aliments Bassari (mélangés avec la viande) et les aliments ‘Halavi (mélangés avec du lait). Il est donc nécessaire de prévoir des vaisselles différentes pour ces deux sortes de nourriture. Il est aussi plus pratique de disposer vraiment de tous les accessoires de cuisine en double et telle est la coutume dans tous les foyers juifs.

Ainsi, on dispose de deux salières – de peur que des miettes de l’un ou l’autre aliment s’y soient introduites et aussi de peur qu’on les ait touchées avec des mains imprégnées de l’un ou l’autre aliment. De plus, si on verse du sel (sucre etc.) dans un aliment bouillant, la vapeur chaude est susceptible de véhiculer le goût de l’aliment au sel. On aura aussi deux sucriers, deux ketchups, moutardes, mayonnaises etc.

Le pain resté sur la table de lait ne sera pas consommé avec un repas de viande et vice-versa – sauf si on a veillé soigneusement à le garder propre – ce qui est pratiquement impossible s’il y a de jeunes enfants (ou des convives peu scrupuleux) à table.

(d’après Rav ‘Haïm Hillel Raskin – COLlive)