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Le Rabbi ne commet pas d’erreurs | Habad 66 Le Rabbi ne commet pas d’erreurs | Habad 66

Appelons-le Chimon. Ce ‘Hassid tenait à passer la fête de Pessa’h, chaque année, chez son Rabbi. C’était un aubergiste qui fermait son débit de boisson pendant Pessa’h puisque ses alcools étaient ‘Hamets. Chaque année, il nettoyait sa maison bien en avance, distribuait des sommes considérables pour les familles nécessiteuses de sa ville, laissait ses enfants mariés s’occuper de sa famille tandis que lui-même se rendait chez son Rabbi.

La première nuit de Pessa’h, peu après la prière de Maariv, le secrétaire lisait la liste des 20 personnes qui auraient le privilège d’être invitées à la table du Rabbi. Certains étaient systématiquement invités chaque année et Chimon en faisait partie, lui qui était si attaché à son Rabbi et participait généreusement à ses campagnes en faveur des pauvres.

Le second soir, un autre groupe de vingt personnes se joignait à la table du Rabbi tandis que Chimon célébrait le Séder avec les autres ‘Hassidim et leur répétait les commentaires qu’il avait entendus la veille car, non seulement Chimon était riche mais il excellait aussi dans la compréhension des profonds concepts développés par son Rabbi.

Or une année, alors que, comme d’habitude il avait confié au secrétaire sa contribution généreuse aux œuvres charitables, Chimon eut la surprise de ne pas entendre son nom annoncé sur la liste ! Alors que les ‘Hassidim dont les noms avaient été appelés rayonnaient d’une joie profonde, lui se sentait misérable. Quelque chose ne tournait pas rond, il devait y avoir une erreur ! Après tout, depuis quatorze ans il avait toujours figuré parmi les heureux élus !

– C’est une erreur ! bredouilla-t-il.

– Le Rabbi ne commet pas d’erreurs, remarqua laconiquement le secrétaire. Si votre nom ne figure pas sur la liste c’est que le Rabbi veut que vous vous joigniez aux autres ‘Hassidim ce soir !

– Peut-être le Rabbi ne sait-il pas que je suis là ? se hasarda Chimon.

– Le Rabbi sait que vous êtes là, je lui ai remis votre lettre et je l’ai vu la lire et commenter, joyeusement : cette année, nous pourrons encore aider davantage de personnes pour la fête !

Chimon était bouleversé. Le secrétaire avait certainement raison, d’ailleurs lui-même avait souvent répété ces mots à d’autres visiteurs… Il rejoignit donc les autres ‘Hassidim mais ne parvint pas à ressentir leur joie. « En quoi ai-je démérité ? Ai-je peut-être commis quelque terrible faute ? Ou peut-être, le Rabbi a-t-il l’intention de m’inviter plutôt demain soir ? ». Il se força donc à sourire et à chanter avec les autres convives.

Le lendemain soir, il se mit en avant pour être sûr que le Rabbi le verrait et ne l’oublierait pas. Mais une fois de plus, son nom ne fut pas appelé !

– Etes-vous sûr que… ? balbutia-t-il, hébété, devant le secrétaire lui-même étonné.

– Regardez vous-même le papier !

– Ce doit être une erreur !

– Chimon ! Vous connaissez la grandeur de notre Rabbi ! Le Rabbi ne commet pas d’erreurs ! Il doit y avoir une raison mais qui sommes-nous pour comprendre le Rabbi ? Il voit ce que nous ne pouvons pas voir…

Pour Chimon, ce fut plutôt Yom Kippour que Pessa’h. Certainement le Rabbi avait perçu quelque mauvais décret divin contre lui et ne pouvait pas l’annuler malgré toutes ses prières. Oui, il devait faire Techouva et, ce soir, ce serait quelqu’un d’autre qui raconterait ce qu’il avait entendu la veille à la table du Rabbi. Il s’assit à un bout de table, perdu dans ses pensées, lisant machinalement les mots de la Haggada.

Soudain, le secrétaire l’appela : le Rabbi l’invitait !

Enfin ! Quand il entra, le Rabbi lui fit signe de s’approcher et lui tendit une bouteille vide. Lentement, le Rabbi versa dans cette bouteille les gouttes qu’on verse de sa coupe de vin quand on énumère les 10 Plaies d’Égypte ! Puis le Rabbi prit soin de fermer la bouteille et annonça à Chimon : « Garde-la précieusement ! Tu peux maintenant retourner à ton Séder ! ».

Si Chimon était triste auparavant, il était maintenant très triste : le Rabbi lui confiait toutes les malédictions associées à ces dix plaies !

Quand il rentra chez lui, il répéta sans conviction quelques paroles qu’il avait entendues de la bouche des ‘Hassidim mais eut trop honte de raconter ce qui lui était arrivé. Quant à la bouteille, il décida de la placer tout en-haut sur une étagère, là où il gardait les bouteilles d’alcool les plus chères.

Un jour, trois hommes entrèrent dans l’auberge et demandèrent une bouteille de la meilleure qualité en posant l’argent sur la table pour prouver qu’ils en avaient les moyens. Puis, alors qu’il grimpait sur une échelle pour attraper encore d’autres flacons, les brigands se ruèrent sur lui, le ligotèrent et se saisirent de « meilleure bouteille », celle qui était cachée tout au fond, celle des « Dix Plaies » du Rabbi ! Tout heureux de leur trouvaille, ils trinquèrent à leur bonne chance, avalèrent une gorgée et, bizarrement, s’assoupirent comme drogués et incapables de se réveiller. Chimon en profita pour se dégager de ses liens et prévenir la police qui arrêta les « dormeurs » qu’elle recherchait en fait depuis longtemps.

« Oui, le Rabbi ne se trompe pas ! Il savait que je serais en danger et me donna ce vin pour me sauver. Il savait aussi que je devais faire Techouva pour mériter d’être sauvé et c’est pour cela qu’il ne m’a pas invité à son Séder ! Ce que je croyais être une punition n’était qu’une bénédiction ! ».

L’année suivante, Chimon fut de nouveau invité à la table du Séder de son Rabbi…

Rav Shalom DovBer Avtzon

Traduit par Feiga Lubecki