Il existe des semaines brillantes, de ces semaines qui présentent un tel éclat que rien ne peut les assombrir. Et même si nous pouvons être aussi les témoins d’événements que nous aurions souhaité ne jamais voir, nous sentons la lumière du temps toujours présente. Mieux, nous la voyons disperser les miasmes de l’obscurité. Cette semaine, Lag Baomer nous éclaire. C’est le 33ème jour de l’Omer, la Hilloula de Rabbi Chimon Bar Yo’haï, à qui le monde doit le Zohar. Ce jour est littéralement une lumière. Il brille dans la nuit de l’exil et étend sa protection à tous ceux dont le quotidien fragilise la spiritualité. Rabbi Chimon est celui dont les Sages ont dit qu’on « peut se fier à lui en période difficile » car son mérite entraîne le monde entier et tous les hommes qui l’habitent.

Le jour de Lag Baomer, en quelque jour de la semaine qu’il tombe, des centaines de milliers d’enfants se réunissent partout dans le monde, de New York à Paris et de Jérusalem à Moscou, pour clamer bien haut, avec leur bonheur d’être juifs, leur attachement au judaïsme et à ses valeurs, leur amour du prochain, leur espoir d’un monde enfin en paix, en harmonie avec son Créateur. Cela est d’abord une véritable joie et cela suffirait pour qu’on le souligne mais, au-delà de ce simple constat, c’est aussi l’affirmation d’une attente et d’une espérance. Rabbi Chimon fut, a-t-on dit, celui qui donna au monde le Zohar, la lumière éternelle de la Sagesse Divine. Les enfants en sont aujourd’hui les porteurs. Cette lumière est celle du sens profond de la Torah dont il revient à chacun de faire tout à la fois son compagnon et son guide.

Est-ce là une trop grande ambition ? Ce sens profond de la Torah est cependant une clé. Il est ainsi enseigné que c’est par le mérite de cette étude que « le peuple juif sera libéré d’exil avec miséricorde. » Sommes-nous dignes de cette étude ? En sommes-nous seulement capables ? L ‘enseignement de Rabbi Chimon est parvenu jusqu’à nous. Bien des siècles plus tard, le Baal Chem Tov et ses successeurs le développèrent pour qu’il puisse devenir nôtre. Aujourd’hui il est à la portée de chacun dans toutes les langues du monde. Faut-il y voir un signe ? En une semaine de lumière, n’y a-t-il pas ici comme une lumière encore plus grande qui montre ses contours ? Celle de la venue de Machia’h. Voici donc arrivé le moment où, par ses actes, chacun peut contribuer à cet avènement. Lag Baomer est venu nous le rappeler, gardons précieusement ce message. Pour le mettre en œuvre.