C’est à présent que l’on commence à penser sérieusement à l’été. Même si le soleil et le ciel ne sont pas toujours aussi radieux qu’on l’aurait souhaité, le calendrier,

avec son infini déroulement des jours, est là pour en donner l’assurance : nous entrons dans cette saison que le climat comme les habitudes sociales nous ont habitués à espérer avec constance. Ne nous souhaitons-nous pas traditionnellement un été en bonne santé ? Mais, au fait, pourquoi tant d’attention portée à ce qui n’est qu’une des saisons de l’année ? Pourquoi s’y attacher plus qu’à toute autre ?

Bien sûr, la chaleur plus agréable, la lumière du jour plus joyeuse y sont pour quelque chose. Mais c’est sans doute un autre facteur qu’il convient de relever ici comme déterminant : la proximité croissante des vacances. L’été est cette période littéralement fabuleuse où chacun s’apprête à disposer de cette denrée de plus en plus rare dans notre modernité : du temps libre. Alors, quand il revient, c’est d’abord cette perspective de liberté retrouvée que nous saluons, avec ses promesses de bonheur. Reste alors la question persistante et essentielle : que faire de cette liberté nouvelle ?

L’été est cette époque de l’année où le soleil est plus fort. De ce fait, les mois qui le constituent ont fini par être voués, par le monde tel qu’il va, à une sorte de culte spécifique fondé sur le corps et l’astre solaire accompagnés par des éléments tels que la mer ou la montagne. C’est ainsi que, au gré des conquêtes sociales, les vacances se sont étendues, dans la vacuité impliquée par leur dénomination, à l’ensemble des sociétés. Devenues temps d’oubli, elles incarnent une sorte de bonheur postmoderne.

Pourtant, ne peut-on penser qu’elles sont un privilège, même s’il est largement partagé ? Ne peut-on penser qu’elles contiennent des potentialités encore négligées ? Ne peut-on, enfin, les prendre pour ce qu’elles sont : un espace où tous les rêves peuvent s’accomplir, un espace qu’il appartient à l’homme de remplir, loin justement du vide accoutumé ? Un temps pour soi et sa famille, un temps pour prendre conscience et se ressourcer, un temps pour l’étude et la réflexion. Si précieux que les générations précédentes ne l’ont pas connu. L’été revient, sachons en faire un temps de splendeur !