Le huitième jour, suivant les sept jours de leur initiation, Aharon et ses fils commencent leur service de Cohanim (prêtres). Un feu jaillit de D.ieu pour consumer les offrandes et la Présence Divine vient résider dans le Sanctuaire. Les fils aînés d’Aharon offrent un « feu étranger devant D.ieu, qu’Il ne leur avait pas commandé » et ils meurent devant D.ieu. Aharon reste silencieux devant sa tragédie. Moché et Aharon sont, par la suite, en désaccord sur un point de la loi concernant les offrandes mais Moché reconnaît qu’Aharon a raison. D.ieu ordonne les lois de la Cacherout, identifiant les espèces animales permises et celles qui sont interdites à la consommation. Les animaux mammifères ne peuvent être consommés que s’ils ont le sabot fendu et ruminent. Les poissons doivent posséder des nageoires et des écailles. Une liste d’oiseaux non cachères est établie ainsi qu’une liste d’insectes cachères (quatre espèces de sauterelles).

Chemini comporte également certaines lois de pureté rituelle, y compris celles qui évoquent la nature purificatrice du Mikvé (un bassin d’eau construit selon certaines règles précises) et de la source. C’est ainsi que le peuple est enjoint de « faire la distinction entre l’impur et le pur ». La Paracha de cette semaine comporte de nombreux enseignements mais nous allons ici nous attacher à tirer une leçon de son titre lui-même : Chemini, qui signifie « le huitième ». Le Baal Chem Tov enseigne que le nom hébreu reflète le concept qui lui est attaché. Ainsi l’idée, représentée par Chemini, représente la Paracha dans son intégralité. Tout dans ce monde a une contrepartie spirituelle, y compris le service divin de l’homme. En fait, c’est l’inverse qui est vrai : c’est parce que cela existe dans le monde spirituel, dans le service de l’homme, que cela existe également dans le monde concret. Ce principe s’applique également aux chiffres. Le nombre sept, par exemple, symbolise et est associé aux sept jours de la semaine : « Pendant six jours, D.ieu fit les cieux et la terre et le septième, Il s’interrompit et Se reposa. » Après le septième jour, une nouvelle semaine commence, le premier jour, le second jour, etc. jusqu’à Chabbat. Le septième jour, Chabbat, est la fin d’une semaine. Aussi, bien que des centaines de milliers de jours soient passés depuis la Création, le jour qui suit Chabbat est-il toujours appelé le premier jour et non le huitième jour. Car le but des jours de la semaine est qu’ils sont une préparation pour Chabbat et c’est pour cela que le jour qui le suit est le premier jour de préparation du Chabbat qui vient. Même un Juif simple sait que le nombre « sept » symbolise les sept jours de la semaine, associés au monde. C’est pourquoi le nombre « huit » symbolise ce qui transcende les sept jours de la semaine, ce qui est au-dessus du monde créé en sept jours. Et l’on peut tirer de cette réflexion un enseignement dans le service de D.ieu. Le Chabbat, nul n’est besoin de se précipiter vers son lieu de travail. L’on peut donc se consacrer aux prières avec davantage de concentration, etc. Bien que l’on se livre également, durant la semaine, à des activités en relation avec la Torah et les Mitsvot, cela ne peut se comparer au Chabbat où l’on n’est pas distrait par notre activité professionnelle. Le Chabbat, chaque Juif est un « roi » dans son foyer si bien que son esprit est libre de s’adonner à la Torah et aux Mitsvot avec davantage de concentration. Chemini, « le huitième », nous enseigne que même après le service spirituel élevé du Chabbat, on peut encore s’élever davantage, transcender le monde, associé aux sept jours de la semaine. En termes simples : après avoir atteint le niveau spirituel élevé du Chabbat, un Juif ne redescend pas de son niveau, à D.ieu ne plaise, pour recommencer la semaine. Mais au lieu de cela, il monte encore plus haut, même plus haut que le Chabbat, au niveau de Chemini. Cette leçon est spécifiquement dérivée de Chemini, « le huitième » et non de « huit ». « Huit » signifie que huit choses sont présentes : sept et une supplémentaire. « Huitième » implique une seule chose, la huitième. : elle vient à la suite des sept précédentes et est seule (contrairement à « huit » qui implique que les sept autres sont également là). Chemini représente donc un niveau qui n’est pas associé aux sept jours de la semaine précédente : Chemini transcende le monde. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille attendre jusqu’après Chabbat pour accomplir le service que représente Chemini, ou d’attendre une occasion particulière du niveau de Chemini. La Paracha ne s’appelle pas Yom haChemini, « le huitième jour » mais plutôt « huitième », nous enseignant qu’on n’a pas besoin d’un jour particulier pour atteindre ce niveau. On peut parvenir à ce niveau de Chemini le Chabbat lui-même ou n’importe quel autre jour. Telle est la particularité donnée au Chabbat qui bénit le mois de Nissan (cette année) par la Paracha Chemini. L’on aurait pu penser qu’étant donné le fait que ce Chabbat, qui bénit le mois, se reproduit tous les ans, il n’y a rien de nouveau cette année. Chemini nous enseigne que le service de ce Chabbat doit se conduire de telle sorte qu’il transcende le monde d’une manière nouvelle. Que la volonté de D.ieu soit qu’à partir de la Paracha Chemini nous méritions très vite la harpe de Machia’h qui sera « une harpe à huit cordes », dans le troisième Beth Hamikdach, dans la véritable et complète Délivrance.