Roch Hachana est évidemment notre horizon. Comment pourrait-il en être autrement alors que le rendez-vous est déjà là et que sa grandeur spirituelle nous domine de toute son élévation ? Et la question retentit dans toutes les têtes : comment cela va-t-il se passer ? Nous sortons à peine de longues semaines de ce que nous avons pris l’habitude d’appeler le confinement. Nous avons souvent traversé cette période comme on traverse un désert aride. Et voici qu’il nous faut être prêts pour des fêtes essentielles. Comment vivre un temps d’exigences sanitaires tout en ressentant le lien avec D.ieu avec cette force qui va bien au-delà de la simple conviction ? Tout se passe comme s’il nous était demandé de conserver la tête dans les étoiles tout en enfonçant nos pieds dans la lourde glaise. Alors, ces fêtes, de quoi auront-elles l’air ?

C’est peut-être justement à cela qu’on reconnaît le véritable prix des choses. Si les événements peuvent nous contraindre à oublier notre chemin d’éternité, c’est aussi parce que ce dernier n’a pas été tracé avec l’enthousiasme suffisant. Car, s’il est probablement plus simple d’être fidèle à soi-même en un temps d’où tout souci est absent, il est sans aucun doute plus grand de le rester au cœur du tumulte du monde, quand les nuages s’amoncellent et que se font entendre des peurs souvent irraisonnées et excessives. Il faut savoir vivre les moments qui en valent la peine. Il faut ressentir, de la manière la plus forte, la soumission à D.ieu de Roch Hachana, la crainte de D.ieu de Yom Kippour, la confiance en Lui de Souccot et l’allégresse sans limites de Sim’hat Torah. Il faut entrer dans ce grand voyage de l’âme qu’est le mois de Tichri en sachant que c’est le Créateur Qui nous y conduit.

Certes, les précautions nécessaires doivent être prises. Nul ne saurait mépriser les règles adaptées. Cela fait aussi partie de la vie. Toutefois, rien ne peut mettre en cause l’essentiel. Nous passerons donc ces fêtes dans un équilibre difficile, nous gardant de renoncer à l’un ou l’autre impératif. Mais, avec confiance, nous vivrons ces fêtes avec toute l’ampleur impliquée par ce terme. Vivons-les et nous serons véritablement vivants ! Bonne année à tous.