Moché prévient les Enfants d’Israël de la bénédiction qu’ils recevront s’ils vont dans le chemin de D.ieu et de la malédiction, dans le cas inverse.

Puis il leur adresse le commandement d’ériger le Temple et d’y offrir des sacrifices.

Il indique les punitions qu’encourront les faux prophètes et les pratiques idolâtres.

Les signes pour identifier les animaux et les poissons Cachers sont rappelés ainsi que la liste des oiseaux Cachers.

Suivent la Mitsva du prélèvement de la dîme et du premier-né animal, celle de la charité, de l’année chabbatique.

La Paracha s’achève sur l’évocation des pèlerinages à Jérusalem qui doivent avoir lieu à Pessa’h, Chavouot et Souccot.

Ce qui nous interpelle d’emblée, à propos de la Paracha Reéh, est son nom qui signifie : « vois … » Comme cela est apparu dans les deux Parachiot précédentes, Moché demanda à D.ieu de laisser le Peuple juif percevoir la Divinité comme lui-même en était capable, avec cette même clarté, associée au sens de la vue. Mais D.ieu n’accéda pas à sa requête. La génération de la conquête de la Terre Sainte (et toutes les générations futures jusqu’à la Rédemption ultime) ne serait capable de ne percevoir la Divinité qu’indirectement, grâce au sens de l’ouïe.

Comment se fait-il donc que Moché entame la Paracha suivante par son adresse au peuple qui commence par « vois » ?

La raison pour laquelle D.ieu refusa la demande de Moché, mais maintint plutôt le peuple au niveau d’une perception transmise par l’ouïe, tient aux avantages qu’il y a au fait d’entendre sur celui de voir.

Quand une personne doit établir et préserver la conscience Divine, en se battant contre « la loi » du monde matériel, sa perception s’en trouve infiniment plus profonde qu’elle ne l’aurait été si elle avait été basée sur une révélation directe mais extérieure (par le don Divin de la vue).

Étant donné que le dessein de la création est d’imprégner toutes les strates de la réalité, il est clair que ce but ne peut être atteint que si notre conscience Divine commande toutes nos autres facultés mentales et émotionnelles. Cela ne peut bien évidemment se produire que si nous raffinons ces facultés et les détournons de leur perspective matérialiste initiale.

En revanche, à un niveau subtil et subliminal, D.ieu accepta malgré tout la requête de Moché. Nous possédons tous la conviction absolue de « voir » la Divinité, enfouie profondément dans notre psychisme.

Et c’est grâce à cela que nous pouvons surmonter les appels du matérialisme qui menacent de nous désorienter.

Mais outre tout cela, le fait d’avoir « entendu », avec succès, la Divinité, de méditer et de contempler la réalité Divine suffisamment profondément pour nous affecter et nous raffiner, a pour conséquence de permettre à cette « vue » subliminale de faire surface.

Notre perception brouillée de la réalité est éclaircie par nos efforts laborieux si bien que notre esprit et notre cœur renvoient cette lumière Divine. Nous « voyons » la Divinité avec la même clarté que la génération du désert qui vécut une révélation Divine directe.

Mais notre avantage tient au fait que cette « vue » s’est ancrée suite à notre travail personnel méthodique pour nous améliorer. C’est pourquoi, après nous avoir enjoints d’« écouter », Moché nous demande ici de « voir».

Reéh comporte une très grande variété de sujets. Moché y commence sa répétition des questions législatives évoquées dans les trois précédents livres de la Torah, couvrant les lois des sacrifices, de l’idolâtrie, de la cacherout, de la charité, de l’année chabbatique, de l’esclavage et des fêtes. C’est ainsi que l’objet de cette Paracha évolue des tenants de base du Judaïsme, comme ils sont discutés dans les premières parties du livre de Devarim (Deutéronome) jusqu’aux devoirs spécifiques de Juif. Ce sujet restera d’ailleurs celui des trois Parachiot suivantes.

A la lumière de ce qui précède, l’on comprend que la brève introduction de Moché, déclarant qu’en effet l’on peut parvenir à une perception visuelle de la Divinité, constitue la transition qui réunit les trois premières Parachiot de Devarim et les quatre suivantes, qui mettent l’accent sur l’aspect législatif.

Il nous a été promis que nous pouvons en fin de compte recevoir le don d’une perception directe de D.ieu et d’une relation directe avec Lui. Il nous est alors enjoint de répondre avec des efforts continus et renouvelés pour raffiner et élever le monde (par le respect des lois citées) jusqu’à ce que lui aussi soit capable d’être un réceptacle pour la Divinité, directement, « et la gloire de D.ieu se révélera et toute chair la contemplera. »