Résumé

La Paracha Tazria poursuit le sujet des lois de pureté et d’impureté, de l’impureté rituelle et de la pureté rituelle.

Une femme qui donne naissance doit suivre un processus de purification, qui comporte l’immersion dans un mikvé (un bassin d’eau naturelle) et des offrandes apportées au Saint Temple. Tous les garçons doivent être circoncis le huitième jour de leur vie.

Tsaraat (souvent mal traduit par «lèpre») est une plaie surnaturelle qui peut également toucher les vêtements. Si des taches blanches ou roses apparaissent sur la peau d’une personne (rouge foncé ou vertes sur les vêtements), l’on doit faire appel à un Cohen. S’appuyant sur l’observation de différents signes, comme une croissance de la zone atteinte après une mise en quarantaine de sept jours, le Cohen prononce que la tache est impure ou pure.

La personne affligée de tsaraat doit résider seule à l’extérieur du campement (ou de la ville) jusqu’à ce qu’elle soit guérie. Les parties touchées du vêtement sont enlevées. Si la tsaraat s’étend ou revient, tout le vêtement doit être brûlé.

La nuit brille comme le jour

Nos Sages déduisent des mots : «le huitième jour, la chair de son prépuce sera circoncise» (Vayikra 12 :3) que la mila, la circoncision, ne peut être accomplie que durant le jour et non la nuit.

Puisque cette affirmation ne fut promulguée qu’avec le Don de la Torah, la loi interdisant la mila la nuit fut également instituée après que la Torah eut été donnée. Au préalable, le Peuple juif pouvait l’accomplir le jour comme la nuit.

C’est ainsi que le Midrach (Chemot Rabbah 19 :5) relate que lorsque les Juifs se trouvaient toujours en Egypte, juste avant l’Exode, bon nombre d’entre eux n’avaient pas encore été circoncis. Une fois que D.ieu fit en sorte que l’arôme du sacrifice pascal de Moché se répandit sur toute la terre d’Egypte, les Juifs vinrent se présenter devant Moché, en lui demandant de partager son sacrifice pascal. Moché leur répondit qu’ils ne pouvaient le faire que s’ils étaient circoncis. A ces mots, ils voulurent accomplir cette mitsva.

Nous voyons, à partir de ce midrach, que de nombreux Juifs se circoncirent la nuit de Pessa’h.

Cela requiert des explications supplémentaires.

Bien qu’il soit vrai qu’avant le Don de la Torah, la mila était autorisée la nuit, pourquoi D.ieu ne suscita-t-Il pas de circonstances qui auraient motivé ces Juifs à pratiquer la circoncision durant la journée ? Cela n’aurait-il pas été préférable, même avant le Don de la Torah ?

Certains répondent à ces questions en affirmant que la nuit de la sortie d’Egypte était d’un tel niveau spirituel que «la nuit brillait comme le jour» (Tehilim : 139 :12) et que donc, c’était comme si ces circoncisions s’étaient véritablement produites le jour.

Mais pourquoi attendre de telles circonstances alors que les Juifs de l’époque auraient aisément pu se circoncire le jour ?

La sortie d’Egypte se produisit entièrement à la manière de Pessa’h, «passer au-dessus», au-dessus et au-delà des limites physiques de la nature. Car selon les lois de la nature, il était absolument inconcevable que les Juifs puissent sortir d’Egypte.

Cela était impossible sur le plan matériel : l’Egypte était si puissante que pas même un seul esclave ne pouvait en échapper, a fortiori une nation entière. Mais c’était tout autant impossible sur le plan spirituel : les Juifs étaient si plongés dans la dépravation morale et l’impureté égyptiennes qu’ils ne pouvaient s’extraire seuls de cette souillure.

Ce n’est que par la force de l’illumination divine qui transcenda totalement l’ordre de la nature, où la lumière et l’obscurité, le jour et la nuit furent véritablement unis, où toutes les contraintes et les limites de l’Egypte, qu’elles soient spirituelles ou matérielles, furent abolies, que les Juifs purent quitter ce pays en peuple libre, libre dans leur corps et libre dans leur esprit.

C’est la raison pour laquelle la préparation au départ de l’Egypte consistait en l’offrande du sacrifice pascal et la circoncision car ces commandements indiquent tous deux un service spirituel qui transcende les limites.

Pessa’h, comme nous l’avons mentionné, évoque le fait de «passer par-dessus». Quant à la mila, elle est une alliance éternelle avec D.ieu, alliance ne connaissant ni limites ni frontières.

Cela explique également pourquoi les commandements positifs de Pessa’h et de la mila ont ceci d’unique que si on ne les accomplit pas, à D.ieu ne plaise, cela tombe dans la catégorie des fautes passibles de karèth, «retranchement du lien de l’âme avec D.ieu», quelque chose que l’on ne rencontre pas en ce qui concerne les autres commandements positifs.

Car lorsque nous sommes confrontés à des degrés de sainteté tellement élevés, la possibilité de niveaux intermédiaires n’existe tout simplement pas : ou l’on est lié éternellement et infiniment à D.ieu ou non.

C’est pourquoi la révélation où «la nuit brillait comme le jour» entretenait un lien spécifique avec la mila, car «la nuit brille comme le jour» dénote le niveau absolument transcendant du service du Juif, reflété dans la mila.

Ce véritable «passage par-dessus» de la mila eut précisément lieu avant le Don de la Torah car ce n’est qu’alors qu’il était véritablement infini : il sortit les Juifs du domaine de l’impur et les installa dans celui de la pureté.

Plus encore, la mila du Peuple juif avant la sortie d’Egypte eut pour effet de les sauver des quarante-neuf degrés d’impureté et de les unir avec la révélation de D.ieu dans «toute Sa Gloire et Son essence». C’était un passage qui ne connut véritablement aucune limite. En conséquence, à ce moment-là, toutes les barrières entre le jour et la nuit disparurent également.