rabbiLa Paracha Nasso précède ou suit toujours la fête de Chavouot.
En 1973, immédiatement après la fête de Chavouot, le Rabbi rassembla les ‘hassidim pour un farbrenguen imprévu et leur parla de l’importance d’utiliser les mois de vacances pour se consacrer davantage à l’éducation juive. Il exprima son étonnement devant le fait qu’aux Etats-Unis, l’on donnait aux enfants deux mois de congés. Soulignant que le Talmud compare la relation entre l’homme et l’étude à un poisson dans l’eau, le Rabbi demanda : «Peut-on conserver un poisson hors de l’eau pendant deux mois ?».
Il expliqua cependant que ce problème lui-même avait créé ses solutions car, pour que les enfants soient occupés pendant l’été, avaient été créés des camps. Souvent, l’enseignement informel dispensé dans ces camps de vacances a un effet plus important sur le développement des enfants que la structure formelle d’une classe. De plus, l’impact sur un enfant de cet environnement où il reste vingt-quatre heures sur vingt-quatre est incommensurable. L’enfant y gagne une plus grande identité juive et un engagement plus fort qu’en classe. C’est pourquoi, conclut le Rabbi, il fallait redoubler d’efforts pour contacter les enfants juifs et les inscrire dans ces camps de Torah.
Le Rabbi poursuivit citant le verset biblique : «Des bouches des nourrissons et des bébés, Tu as établi la force de détruire les ennemis et ceux qui cherchent la vengeance». Il expliqua que les efforts mentionnés ci-dessus pour disséminer l’éducation juive généreraient la protection et la force pour les Juifs dans le monde entier et tout particulièrement en Israël.
Tout au long de l’été qui suivit, il continua de répéter ce même verset et de mettre l’accent sur la manière dont l’éducation juive des enfants était liée à la sécurité des Juifs. Les ‘hassidim se demandaient pourquoi il s’attardait sur ce problème, répétant avec insistance ces points.
Après cet été-là, éclata la guerre de Yom Kippour. Le Rabbi déclara plus tard qu’il ignorait pourquoi il avait continuellement parlé de «détruire les ennemis et ceux qui cherchent la vengeance», mais apparemment, d’En haut, il y avait été poussé. Et il est de fait que la Torah des enfants joua un rôle important pour générer l’aide d’En-Haut qui fut attribuée pour l’effort de guerre.

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L’un des sujets discutés dans la Paracha de cette semaine est la façon dont on doit se comporter avec la femme sota, une femme soupçonnée d’adultère. A l’époque biblique, il existait une démarche particulière pour prouver sa fidélité ou son manquement. Un parchemin sur lequel étaient inscrits le Nom de D.ieu et des malédictions pour l’infidélité était immergé dans un récipient contenant de l’eau. La femme devait alors boire cette eau. Si elle avait réellement commis la transgression, ses organes internes éclataient et elle mourait.
La Torah introduit le passage décrivant ce sujet par le verset : «Si la femme d’un homme dévie…». Nos Sages notent la similitude entre la racine des lettres du mot tistéh, utilisé pour «dévier», et le mot chtout, qui signifie «folie», et commentent : «une personne ne pèche que si elle est possédée par un esprit de folie».
Que signifie la folie du péché ? A priori, personne ne désire consciemment de séparer de D.ieu. Si l’homme prenait conscience du fait que, par un acte donné, il se sépare de D.ieu, il n’accomplirait jamais cet acte. Aucun appât, aussi attirant puisse-t-il être, ne peut le pousser à briser son lien avec D.ieu. Car personne ne peut, ni ne veut, se séparer de D.ieu.
Dès lors, pourquoi commettons-nous des péchés ? Parce que nous rationnalisons notre conduite. «Cela n’est pas si grave», nous disons-nous à nous-mêmes. «Quoi que je fasse, ma relation, avec D.ieu est intacte».
Il est vrai d’un certain côté que ce raisonnement est juste parce que, de la perspective de D.ieu, personne n’est jamais réellement séparé de Lui. Mais d’un autre côté, cela est comparable à deux personnes qui se tournent mutuellement le dos. Sont-elles distantes l’une de l’autre ? Non. Mais peuvent-elles partager une relation ? Pas plus. A ce moment précis, et de sa propre perspective, la personne se détourne de D.ieu et il lui faut passer par un profond changement intérieur avant de pouvoir renouer sa relation avec Lui.
Si nous réalisions que chaque fois que nous commettons une transgression, nous tournons notre dos à D.ieu, nous ne pécherions jamais. Le manque de cette prise de conscience fait partie de cette folie que mentionnent nos Sages.
Une seconde dimension de cette folie voit le jour quand nous réalisons ce qui est bien et ce qui est mal mais que nous pensons que n’avons pas la force de résister à nos désirs. C’est également de la folie car il n’existe rien de plus puissant que la vérité. Et la vérité intérieure en chacun de nous est notre âme divine qui cherche à s’exprimer. Aucun désir matériel, aussi puissant soit-il, ne peut dominer cette quête spirituelle une fois qu’elle est inspirée.
Y a-t-il quelque chose que nous ne ferions pas pour former un avec D.ieu ? Pourquoi, si souvent dans l’histoire de notre nation, notre peuple a-t-il choisi le martyr plutôt que renier son Judaïsme ? Parce qu’il ne pouvait supporter la pensée d’être séparé de Lui. Bien sûr, il est évident que des désirs insignifiants sont plus faciles à surmonter que la peur de la mort. Si nous gardons à l’esprit que nous serions prêts à accepter la mort plutôt que de renoncer à Lui, la suite logique devrait être que nous surmontions n’importe quel défi intérieur qui semble se mettre au travers d’une vie en relation avec Lui.

Perpectives
La relation entre un mari et sa femme, dans ce monde matériel, est comprise comme une analogie du lien qui unit D.ieu au Peuple Juif. Notre relation passe par de nombreuses phases. Il y a des moments d’extase, le Don de la Torah, l’entrée en Terre Promise, la construction du Temple. Notre lien avec D.ieu est alors dévoilé et visible.
Et puis il y a des moments difficiles, comme la période d’exil où la nation dans son ensemble est remise en question. En fait, parfois, il semble que D.ieu teste notre fidélité, comme la sotah mentionnée plus haut.
Mais l’exil n’est que temporaire. Bien plus encore, il a un but. Il nous enseigne à regarder au-delà de l’aspect superficiel et à nous concentrer sur les dimensions fondamentales de notre relation. Durant les bons moments, cela n’est pas nécessaire. Mais quand se présentent les défis, nous devons nous interroger : quelle est la véritable nature de notre lien avec Lui ?
Et lorsque nous nous concentrons sur cette réalité intérieure, les aspects extérieurs de l’exil perdent leur signification. Et quand ils cessent d’être significatifs dans notre esprit, ils cessent alors d’exister dans la réalité et ouvrent le chemin pour l’Ere de Machia’h.