L’anecdote est connue : un des premiers maîtres du ‘hassidisme, Rabbi Zoussia d’Anipoli, enseigna qu’il avait appris de nombreuses choses en réfléchissant au comportement du voleur ; il en avait déduit la nécessité de la discrétion, du dévouement, de la continuité dans l’effort etc.

C’est dire que tout ce que le monde offre à notre regard est, de la même manière, source d’inspiration. Or, avec les beaux jours, c’est aussi le temps des compétitions diverses qui revient, dont les médias se font largement l’écho. Et nombreux sont ceux pour qui il s’agit là d’événements majeurs, de ceux qu’on ne manquerait pour quasiment rien au monde. Dans une optique plus soucieuse de l’âme que du corps, cela pourrait paraître anodin. Pourtant, le fait est de nature à retenir l’attention car de telles rencontres, quel qu’en soit le domaine, présentent toutes des traits caractéristiques : envie de vaincre, capacité de dépassement de soi, limites toujours repoussées et, au moins pour certaines d’entre elles, sens de l’effort commun.

Ces idées-là sont importantes. Mises en œuvre dans le cadre du service de D.ieu, elles peuvent changer une vie, donner accès à un monde nouveau. Car, en dernière analyse, le judaïsme tout entier est fondé sur la notion de progrès, sur cette possibilité donnée à chacun de transformer les choses, d’être l’acteur de son avenir et non le jouet des vicissitudes du temps. Savoir que l’avancée est un objectif concret – quel que soit son niveau spirituel du moment – que tout est toujours modifiable – quelle que soit la pesanteur des choses – c’est détenir une clé, celle d’une existence que l’on peut diriger et ainsi rendre signifiante. Savoir que la victoire est au bout de l’effort et que combattre ensemble réalise bien plus que l’addition d’individualités mêmes brillantes, c’est donner corps à l’idée de fraternité.

Voici que l’on retrouve ici une de ces vérités anciennes et nouvelles. L’homme est la créature suprême voulue par D.ieu afin de mener le monde à son accomplissement. Le chemin est tracé et, même si l’ascension peut être longue, nous savons déjà que le sommet est à portée et que les moyens de l’atteindre sont entre nos mains.