Une fête se prépare toujours avec une impatience d’autant plus naturelle que la célébration porte en elle sa propre joie. Quand elle arrive enfin, son ouverture n’est pas qu’un début, elle est un couronnement.

Et quand il s’agit de ‘Hanouccah, les flammes qui dansent au sommet des chandeliers dans chaque maison sont, à la fois, comme des signaux d’éternité, des figures d’avenir et des chants de pure joie. Car c’est autour d’elles que la fête est construite.

Ces flammes sont décidément porteuses d’idées essentielles à notre vie. Il faut d’abord relever qu’elles ne se contentent pas d’être ce qu’elles sont : brillantes, éclairant ce qui les entoure. Elles se donnent à qui veut les prendre. Et, quand le feu se partage, par cette belle action, il ne retire rien à lui-même. C’est un grand altruiste et c’est justement cet altruisme qui lui donne encore davantage à vivre. Son don fait le progrès de la lumière. Mieux, alors qu’il existe dans ce monde, il aspire toujours à s’élever, il vit comme dans une tension constante pour parvenir, en quelque sorte, à un au-delà de lui-même.

Ces flammes, pures par nature, affirment également haut et fort que rien ne peut vaincre la volonté de liberté et la recherche du bonheur. Elles disent à qui veut entendre que l’oppression ne peut durer qu’un temps et que les pires tyrans finissent par être emportés par les torrents qu’ils ont eux-mêmes créés. L’histoire de ‘Hanouccah incarne la véracité de l’idée : puissance, avidité, cruauté n’y changent rien, l’homme porteur d’idéal est celui qui brille ; à l’instar des flammes de la fête, rien ne peut l’étouffer. Nos sages l’ont ainsi exprimé : « Les lumières de ‘Hanouccah disparaissent jamais. »

Décrites de cette façon, chacun peut percevoir leur puissance. Cependant, il faut ajouter un point supplémentaire. Ces flammes ne sont pas qu’extérieures à l’homme. Elles vivent en lui. Car chacun est un dispensateur de lumière. Chaque homme, du fait de son âme, éclaire tout ce qui l’entoure. A ‘Hanouccah, d’une certaine manière, allumant les lumières de la fête, nous ne faisons qu’exprimer ce que nous détenons profondément : la flamme qui bouscule la nuit des cœurs et des esprits comme la grisaille des habitudes acquises. Avec la célébration et ses rites, il nous appartient de le manifester, mieux de le proclamer pour qu’enfin s’embrasent les derniers restes des murailles qui nous enserrent encore afin que nous entrions bien vite dans le temps de Lumière.