Les rythmes sociaux ont une importance indéniable. De fait, ils dépassent largement la simple convention communément admise. Ils sont comme une pulsation profonde et chacun est convié à les accepter comme une respiration naturelle. C’est ainsi que, pendant les jours écoulés, l’activité générale s’est ralentie pour laisser place à une sorte de plage temporelle indéterminée. Passage de l’année civile, réjouissances obligées, vacances attendues : toutes les raisons sont là pour donner fondement légitime à ce ralentissement. Et pourtant la vie continue…

Pour sa part, la tradition juive ignore ce type de pause. Pour elle, il ne saurait y avoir de trêve car chaque jour est porteur de sens. Chaque jour recèle des opportunités uniques qui attendent de chacun qu’il les utilise au maximum de leur puissance. Il est dit du premier de nos ancêtres, Abraham, qu’il était « avancé en âge » et les commentateurs de préciser la portée du propos : il n’avait laissé aucun jour sans y accomplir l’œuvre spirituelle qui était attendue de lui. Sa vie était donc complète, chargée de toutes les significations qui lui appartenaient. En notre temps, de tels points de repère font sans doute cruellement défaut. Le monde qui nous entoure nous invite souvent à laisser passer le temps alors qu’il faudrait retrouver le goût de l’initiative, en quelque sorte le faire activement passer en lui donnant un but.

C’est que notre époque présente un aspect paradoxal. A bien des égards, elle porte à l’inquiétude et nombreux sont ceux qui s’interrogent sincèrement sur ce que sera demain, et sans doute légitimement. Mais, d’un autre côté, elle déploie les attraits du confort et de la facilité, même relatifs. Il nous faut regarder tout cela avec les yeux de notre longue histoire. Il nous appartient d’agir, ici et maintenant. Il nous revient de faire de l’endroit où nous vivons un lieu de paix et d’harmonie pour tous. Par notre vie toujours en mouvement, par nos actions toujours positives et par notre confiance en D.ieu inébranlable. Cela résonne comme un pari presque insensé ? Et si nous le prenions comme une assurance…