Terrible semaine que celle qui précède le 9 Av, jour anniversaire de la destruction du premier et du second Temple de Jérusalem. Semaine de tristesse et de souvenir tragique. Sans doute… Et du reste les prescriptions de la loi juive sont là pour rappeler ce caractère incontournable de la période. Pourtant, on le sait : seule la joie nous conduira à la victoire – en l’occurrence l’effacement de toute trace des drames passées. Le mot est connu : lorsqu’un soldat part au combat, il y va, un chant de joie sur les lèvres alors qu’il se rend au cœur du danger. Et c’est par cette joie qu’il remportera la bataille. C’est dans une telle situation que cette semaine nous trouve. Et avec un accent plus fort du fait que, le 9 Av tombant, cette année, un Chabbat où tout jeûne est interdit, il est reporté au lendemain. La joie doit donc rester présente ; reste à définir comment.

La Torah est définie comme «réjouissant le cœur de l’homme». C’est dire que son étude est un motif de réjouissance d’autant plus légitime que, nous est-il enseigné, « Sion sera libéré par la justice », c’est-à-dire par l’étude de la Torah.

Et, ne l’oublions pas, ce Chabbat est veille du jeûne puisque ce dernier est repoussé au dimanche. Par lui-même, il écarte toute tristesse au point que rien ne doit y transparaître d’un tel sentiment sous peine de porter atteinte à la plénitude du jour. Il faut ainsi le vivre au plus haut degré, être conscient que ce Chabbat est celui «de la vision» – où D.ieu nous montre le troisième Temple prêt à réapparaître en ce monde, à son endroit. En manière d’encouragement et comme pour nous dire : le temps est venu, c’est à chacun d’agir.

Laissons donc aller, plus que notre imagination, notre perception la plus aigüe et notre sens de l’histoire. Animés de l’enthousiasme dont sont dignes les grandes causes, avançons encore, portés par cette joie intérieure que seule l’attachement à la Torah et à ses enseignements confère. C’est aujourd’hui que nous édifions demain et c’est l’avenir qui attend notre réponse et notre action.