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Récit: allumé les lumières de ‘Hanouccah | Habad 66 Récit: allumé les lumières de ‘Hanouccah | Habad 66

Rav Morde’haï Hanzin fut arrêté trois fois en Union Soviétique. La première fois, il fut emprisonné dix ans, la seconde fois cinq ans et la troisième fois six ans. En tout, il passa 21 ans dans différentes prisons russes et camps de travail en Sibérie.

Il souffrit terriblement mais son esprit restait intact et déterminé. Sa foi inébranlable l’aida à survivre dans des conditions effroyables. Un jour, un de ses gardiens s’énerva contre lui et pointa son révolver vers lui. Rav Morde’haï n’avait pas peur ; il le regarda droit dans les yeux, montra son front et dit : « Voici, tire ici sur mon front juif ! ».

Stupéfait, le gardien baissa son arme et Rav Morde’haï fut épargné.

Durant toutes ces années dans les camps, il respecta le Chabbat et ne mangea que cachère – ce qui était évidemment surhumain.

Par la suite, Rav Morde’haï aimait raconter des histoires de sa vie – de sa survie – en Russie. Il considérait qu’il devait ce testament aux générations futures. Cependant, pour lui, c’était vraiment une Mitsva de raconter l’épisode suivant à cause d’une promesse.

Alors que ‘Hanouccah approchait, un groupe de 18 jeune gens détenus comme lui dans le « camp de travail » en Sibérie lui demandèrent de les aider à planifier comment allumer les bougies de la fête malgré les dangers que cela impliquait. L’un d’entre eux promit sa ration de margarine, d’autres tirèrent des fils de leurs vêtements pour en confectionner des mèches et un autre s’engagea à fournir les récipients qui serviraient de godets.

Morde’haï était le plus âgé parmi eux. On décida qu’au milieu de la nuit, on se rassemblerait pour allumer aussi discrètement que possible les lumières de ‘Hanouccah. Morde’haï fut honoré pour allumer la première bougie et, la voix chargée d’émotion, récita les trois bénédictions dont il se souvenait par-cœur.

Tandis qu’ils contemplaient la flamme à travers leurs larmes en pensant à leurs familles et en se souvenant de fêtes plus joyeuses, la porte fut brusquement ouverte et des officiers du NKVD (la police secrète) firent irruption : sans ménagements, ils poussèrent tous les participants dans une minuscule cellule sombre, humide et… sans chauffage.

Le premier à être « jugé » fut le plus âgé du groupe, Morde’haï. Le procès n’était évidemment qu’une parodie puisque le verdict était connu d’avance et qu’il n’y avait ni avocat ni preuves.

Morde’haï connaissait bien les procédures de la « justice » soviétique mais fut néanmoins surpris de s’entendre être suspecté de comploter une révolte. N’avait-il pas allumé des lumières qui risquaient de signaler à l’ennemi leur position ? (C’était tellement ridicule car les Allemands n’étaient évidemment pas intéressés à détruire des « camps de travail » !). Le tribunal n’était pas très grand. Le juge était assis d’un côté de la pièce et l’accusé lui faisait face. D’un ton sévère, le juge lut l’acte d’accusation et conclut que le verdict était clair : la peine de mort. Morde’haï avait-il quelque chose à ajouter pour sa défense ?

L’accusé se leva, le cœur battant.

– Cette sentence s’applique-t-elle uniquement à moi ou aussi au reste du groupe ?

– A tout le gang antirévolutionnaire évidemment ! répondit le juge, visiblement énervé par cette question incongrue à ses yeux.

Morde’haï regarda autour de lui. Jusque-là, il avait essayé de rester indifférent mais maintenant il comprenait que ce n’était pas seulement sa vie qui était en jeu mais aussi celle de ses compagnons d’infortune. Il éclata en sanglots. Il se sentait responsable de ces jeunes gens qu’il avait encouragé à respecter les lois de la fête.

Il pleurait sans pouvoir se maîtriser et le juge le regardait, incrédule. Morde’haï était très sensible de nature malgré les années de détention et il ne pouvait pas se retenir. Toutes les émotions qu’il avait tenté de refouler toutes ces années remontaient à la surface.

– Viens ici ! tonna le juge.

Morde’haï s’approcha du bureau du juge qui lui posa des questions sur les membres de sa famille, leurs noms, leurs occupations et autres détails. Morde’haï répondait tout en continuant de pleurer et sans comprendre à quoi serviraient toutes ses réponses.

Le juge se mit à marcher de long en large. Il se répétait tous les noms qu’il venait d’entendre.

– Qu’as-tu à ajouter pour ta défense, camarade ? demanda-t-il soudain en s’arrêtant.

– Nous sommes juifs, répondit Morde’haï en s’armant de courage. Nous avons juste allumé les bougies de ‘Hanouccah et c’est la raison pour laquelle nous nous sommes rassemblés.

– Vous avez allumé les bougies de ‘Hanouccah ! C’était donc cela !

Le juge répéta ces mots encore et encore, apparemment très ému.

Il fit signe aux deux « assesseurs » de sortir de la pièce.

– Si vous, vous avez allumé les bougies de ‘Hanouccah, alors moi je vais vous montrer à quoi servent vraiment les bougies de ‘Hanouccah !

Le juge alluma une lampe à pétrole sur son bureau et, un à un, approcha et brûla les feuillets consignant les actes d’accusation contre les 19 « coupables » ! Ses mains tremblaient et il se dépêchait de jeter au feu tous les papiers – comme s’il craignait de regretter par la suite son geste : « C’est ainsi qu’on allume les bougies de ‘Hanouccah ! Tu as compris ? ». Un à un, tous les papiers furent consumés puis le juge ramassa les cendres, ouvrit la fenêtre et le terrible vent sibérien se chargea de les disperser à des kilomètres à la ronde. Il n’en restait plus une trace.

Le juge pressa un bouton, les soldats rentrèrent :

– Prenez tous ces jeunes gens, dispersez-les de façon à ce qu’ils ne puissent plus se rencontrer. Ils sont des traîtres méprisables mais ne les tuez pas, ils ne valent même pas le prix des balles de fusil !

Surpris par la tournure des événements, les soldats sortirent et le juge s’adressa de nouveau à Morde’haï : « Moi aussi je suis juif et je te demande – quand tu parviendras à retrouver ta liberté – de raconter aux générations futures comment j’ai allumé les bougies de ‘Hanouccah ! ».

En 1965, avec l’avènement de Nikita Kroutchev au pouvoir en Union Soviétique, des centaines de milliers de prisonniers du Goulag furent libérés. Morde’haï Hanzin fut lui aussi lavé de toute accusation et fut autorisé à rentrer chez lui.

Mena’hem Ziegelbaum – L’Chaim N° 1549

Traduit par Feiga Lubecki