Sarah meurt à 127 ans. Elle est enterrée dans la Grotte de Ma’hpélah qu’Avraham a acquise pour quatre cents chékèls d’argent auprès d’Efrone le ‘Hittite.

Avraham envoie son serviteur Eliézer, chargé de cadeaux, à ‘Harane, pour y trouver une épouse pour son fils Its’hak.

Eliézer demande à D.ieu un signe qui lui permettra d’identifier la bonne épouse.

Quand apparaît Rivka, la fille du neveu d’Avraham, Bethouel, elle s’avére correspondre à ce qu’attendait Eliézer. Convié dans sa famille, il relate les événements du jour et Rivka repart avec lui en Canaan où ils rencontrent Its’hak en train de prier dans les champs. Ils se marient et Its’hak se trouve réconforté de la disparition de sa mère.

Avraham épouse Ketoura (Hagar), a six autres fils. Mais Its’hak reste son seul héritier. Il meurt à 175 ans et est enseveli à côté de Sarah par ses deux fils aînés : Its’hak et Ichmaël.

Pourquoi sommes-nous là ? Que cherchons-nous à atteindre ?

Et puis, qu’y a-t-il de particulier à propos d’Avraham Avinou, qu’apporta-t-il de nouveau dans le monde et dans sa relation avec D.ieu ?

Il est sûr que bien avant lui, et même à son époque, existaient des monothéistes, des gens convaincus de l’unicité de D.ieu. Adam et Noa’h, Malkitsédèk, prêtre de D.ieu auquel Avraham avait donné la dîme.

En quoi Avraham se distinguait donc-t-il et en quoi était-il si spécial ?

La Paracha de cette semaine nous décrit avec une réelle abondance de détails une transaction financière entre Avraham et Efrone pour l’achat d’une partie de terre, la première partie de la Terre Sainte, de la terre d’Israël. Il s’agit de la grotte de Ma’hpélah, le lieu de sépulture dans lequel il allait enterrer Sarah et où il reposerait lui-même par la suite ainsi que ses enfants et ses petits-enfants.

Pourquoi la Torah, que l’on sait économe de mots, s’étend-elle avec tant de détails pour décrire une simple transaction commerciale ? Le verset 17 de la Paracha énonce : « le champ d’Efrone s’éleva ». Cela signifie que la simple transaction d’Avraham pour acheter ce champ suscita une élévation du champ, le transforma, en fit quelque chose de saint, de spécial. Il n’y avait même pas encore enseveli Sarah mais le fait que ce lieu appartienne à Avraham en fit un lieu très spécial.

Et c’est cela qu’il nous revient de faire dans ce monde : dévoiler la Divinité qui réside dans la matérialité. C’est cela qui distingue Avraham et le but de la présence ici bas de chaque enfant d’Israël : élever le matériel et ainsi le transformer en spirituel.

La Paracha ‘Hayé Sarah relate également avec force détails la recherche d’une épouse pour Its’hak. Avraham envoya son serviteur Eliézer pour trouver cette future épouse. La Torah raconte qu’Eliézer adressa à D.ieu une prière et une requête précise. Il demanda qu’un signe lui soit montré des Cieux pour lui indiquer s’il avait trouvé la jeune-fille adéquate ou non. Il allait demander à la jeune-fille de lui donner à boire pour étancher sa soif. Et si elle abreuvait également ses chameaux, ce serait alors le signe qu’elle était destinée à Its’hak. La Torah poursuit en relatant que dès qu’il eut fini de prononcer ces mots, Rivka apparut et tout comme il l’avait indiqué, non seulement lui proposa-t-elle à boire mais elle abreuva également tous ses chameaux. Eliézer sut alors, de façon certaine, qu’elle était celle que D.ieu avait choisie pour être l’épouse d’Its’hak.

Bien que ce qui précède indique qu’Eliézer demanda un signe pour pouvoir reconnaître la personne adéquate, tout ce que note la Torah est significatif et donc le choix précis de ce signe l’est également.

Au niveau le plus simple, l’on peut dire qu’Eliézer voulait déterminer si Rivka était une personne généreuse. Et le fait qu’elle donna également à boire à ses chameaux en attesta.

A un niveau plus profond, la philosophie ‘hassidique explique que par ce signe s’exprime la différence entre la sainteté et le contraire de la sainteté.

Que représente l’idée de la sainteté au niveau céleste ?

La sainteté se retrouve dans le concept de la Création. Le monde a été originellement créé, ex nihilo, à partir de rien, et son existence est continuellement maintenue. Et en soi cela constitue un acte créateur, un acte de partage de la part de D.ieu.

Il en va de même chez l’individu, ici-bas, dans ce monde matériel. Comment discerner si une personne est sainte ? C’est lorsqu’elle est altruiste, qu’elle ne se contente pas de garder ce qu’elle possède pour elle-même, dans le sens matériel, c’est-à-dire en ce qui concerne ses possessions, mais également dans le sens spirituel, dans ce qui est relatif à son savoir, ce qu’elle transmet aux autres.

La « non sainteté » spirituelle est exactement l’inverse : c’est le fait de garder tout ce que l’on possède et de retenir toute possibilité d’exercer une bonne influence. Cela revient à empêcher ou à minimiser l’acte créateur.

Il en va de même dans le sens matériel : tenter d’interrompre la source de vie, la vitalité, le don d’argent ou le partage des connaissances sont des actes qui prennent leur source dans le contraire de la sainteté.

Dans le Tanya, Rabbi Chnéor Zalman explique que le niveau spirituel le plus bas possible est celui qui ne fait que recevoir et ne donne rien. Et le Rabbi de mentionner certains insectes qui ne font qu’ingérer et ne produisent rien à l’extérieur, symbolisant ici le plus bas niveau de la non-sainteté.

Telle est donc la raison du choix du signe que fit Eliézer. Il savait que bon nombre de gens, dans l’environnement où évoluait Rivka, n’étaient pas particulièrement saints. Cela se confirme dans les paroles de nos Sages qui affirment que trouver Rivka dans un tel lieu était comparable à trouver « une rose parmi les épines ».

Il voulait donc être assuré que la jeune fille qu’il trouverait pour Its’hak serait complètement imprégnée de sainteté, que toute son existence serait marquée par le fait de donner, ce qui symbolise la sainteté en général. Il choisit donc ce signe en particulier : non seulement elle allait lui donner à lui, parce qu’il l’avait demandé, mais elle allait donner chaque fois que cela lui serait possible, même sans en avoir été sollicitée, ce qui est attesté par le fait qu’elle abreuva les chameaux alors que cela demandait un effort physique difficile. Elle voulait donner, était prête à le faire, sans même qu’on le lui demande ou en être obligée.

C’était donc la femme parfaite pour Its’hak, celle qui allait être la mère de Yaakov et donc la Matriarche du Peuple juif tout entier.