Le quatrième Rabbi de ‘Habad-Loubavitch, Rabbi Chmouel de Loubavitch, connu sous l’acronyme « Maharach »,1 naquit à Loubavitch le 2 Iyar 5594 (1834), jour de Tiféreth chebeTiféreth (« la Splendeur dans la Splendeur ») dans le compte du Omer, donc dans un jour comme aujourd’hui.

Rabbi Chmouel était le plus jeune des sept fils de Rabbi Mena’hem Mendel de Loubavitch, connu sous le nom de « Tséma’h Tsédek », et de la Rabbanit ‘Haya Mouchka.  Son père lui donna le nom d’un « Tsadik caché » qui était porteur d’eau dans la ville de Polotsk.

Dans son jeune âge, il se distingua par sa mémoire et son intelligence prodigieuses. Ses études furent particulièrement fructueuses. Dès 5601 (1841), il commença à commenter publiquement la ‘Hassidout.

En 5608 (1848), il épousa, en première noce, la Rabbanit Shterna, fille de son frère, Rabbi ‘Haïm Chnéour Zalman, le Rabbi de Lyadi. Le mariage célébré en présence de milliers de ‘Hassidim, fut particulièrement fastueux. Mais la Rabbanit tomba malade quelques jours après la cérémonie. Elle souffrit pendant trois mois, puis quitta ce monde. Pour consoler le Rabbi Maharach, le Tséma’h Tsédek lui permit de rentrer à tout moment dans son bureau et de consulter tous ses manuscrits, y compris ceux que ses frères ne pouvaient voir.

En 5609 (1849), il épousa, en seconde noce, la Rabbanit Rivka, fille de la Rabbanit ‘Haya Sarah et du ‘Hassid, Rabbi Aharon Alexandrov de Chkol. La Rabbanit Rivka naquit en 5593 (1833) et quitta ce monde le 10 Chevat 5674 (1914). Elle perdit ses parents étant encore enfant et fut élevée par sa grand-mère, la Rabbanit Cheïna, épouse de l’Admour HaÉmtsahi.

À l’âge de dix-sept ans, le Rabbi Maharach, sur l’ordre de son père, reçut l’ordination rabbinique auprès de plusieurs Rabbanim. Par la suite, il étudia avec son père la Kabbalah, la ‘Hassidout et l’Éthique.

Activisme communautaire

C’est en 5615 (1855) qu’il se consacra, sur l’ordre de son père, aux besoins de la communauté. Le Rabbi Maharach entreprit, à l’intérieur de la Russie, de nombreux voyages pour défendre les intérêts du peuple juif. C’est ainsi qu’il se rendit à Pétersbourg en 5609 (1849). Là, il intercéda auprès du Général-Gouverneur, en faveur de centaines de familles juives expulsées de Wholinie. Celui-ci lui accorda son estime et son intervention fut couronnée de succès.

En 5625 (1865), il dut partir pour Pétersbourg et agir pour faire annuler une décision du Sénat, qui imposait des restrictions aux Juifs de Lituanie et de Zamout. Enfin, il établit un comité permanent à Pétersbourg, afin de prendre en charge les problèmes de la communauté juive.

Son activité le conduisit également à rencontrer les responsables communautaires d’autres pays. C’est pour cela qu’il se rendit en Italie, en 5618 (1858), en Allemagne, en 5619 (1859) et en France, en 5628 (1868).

Leadership

C’est en Nissan 5626 (1866) qu’il prit la tête des ‘Hassidim ‘Habad. Dès le début de l’année, son père l’avait chargé de commenter publiquement la ‘Hassidout et avait dit aux ‘Hassidim : « Vous l’écouterez comme vous m’avez écouté. »

Un rouleau d'Esther écrit de la main de Rabbi Chmouel (crédit photo Agudas Chassidei Chabad Lubavitch Library/Kehot)

Un rouleau d’Esther écrit de la main de Rabbi Chmouel (crédit photo Agudas Chassidei Chabad Lubavitch Library/Kehot)

Son œuvre permit de développer les commentaires de la ‘Hassidout. Son enseignement est consigné dans de nombreux livres.

À l’époque, les pogroms se succédaient en Russie à une allure dramatique. Là encore, l’action du Rabbi Maharach fut déterminante et, en 5640 (1880), il parvint, jusqu’à un certain point, à calmer la situation.

Par ailleurs, il savait lire les notes de musique et composait lui-même. Il parlait couramment le russe, le français et le latin. Il connaissait la médecine. Il avait des talents de créateur et forgea une Menora, ayant hauteur d‘Homme, à douze ou treize branches. Il construisit des tables en mosaïque, avec de tout petits morceaux de bois. Il était sofer et écrivit une Meguila pour chacun de ses fils. De même, il écrivit de nombreuses mézouzot.

Son enseignement

Aujourd’hui, Rabbi Chmouel est peut-être surtout connu pour son dicton :

« Le monde a coutume de dire : “Si vous ne pouvez pas passer en dessous [d’un obstacle], passez par-dessus” ; quant à moi, je dis “lekhate’hila ariber !” : passez d’emblée par-dessus ! »

De nombreux écrits de Rabbi Chmouel ont été publiés par Kehot, la maison d’édition de Loubavitch. À ce jour, plus de vingt volumes de ses travaux ont été publiés et d’autres sont en préparation.

Plusieurs mélodies sont également attribuées à Rabbi Chmouel