Le petit-fils d’Aharon, Pin’has, est récompensé de son acte zélé qui l’a fait tuer le prince Zimri, de la tribu de Chimon, et la princesse de Midian avec laquelle il avait gravement fauté. D.ieu lui accorde une alliance de paix et la prêtrise.

Un recensement du peuple dénombre 601 730 hommes de vingt à soixante ans.

Moché reçoit les instructions concernant le partage de la terre entre les tribus et les familles d’Israël, sous forme de tirage au sort.

Les cinq filles de Tsélof’had demandent à Moché le droit d’hériter de la terre de leur père, mort sans laisser de fils. D.ieu accepte leur demande et l’incorpore dans les lois d’héritage.

Moché habilite Yehochoua pour lui succéder et mener le peuple vers la Terre d’Israël.

La Paracha se conclut avec une liste détaillée des offrandes quotidiennes et des offrandes additionnelles apportées le Chabbat, Roch ‘Hodèch (le premier jour  du mois) et lors des fêtes de Pessa’h, Chavouot, Roch Hachana, Yom Kippour, Soukot et Chemini Atsérèt.

La lecture de la Paracha commence par la déclaration de D.ieu : «Pin’has, fils d’Elazar… a détourné Ma colère… par le zèle (qu’il a manifesté) pour Moi». Nos Sages identifient ce zèle au messirout néfèch, don de sa propre personne, un acte de dévouement à l’égard de D.ieu qui ne connaît ni limites ni retenue. Quand bien même sa propre vie est en danger, comme ce fut le cas pour Pin’has qui risqua la sienne pour préserver la moralité du peuple, on est prêt à courir ce risque au nom des principes et des valeurs que D.ieu nous a donnés.

Dans un sens plus profond, le sacrifice de soi transcende les limites de la raison et de la logique. Chacun d’entre nous possède certaines valeurs et certains principes dont il reconnaît la validité et qu’il voudrait appliquer dans sa vie et voir se refléter dans la communauté qui l’entoure.

Travailler pour faire valoir ces valeurs et ces principes n’implique pas de messirout néfèch. Bien au contraire, l’on est heureux et satisfait de faire ce qui est nécessaire pour atteindre son but. Aucune pression, aucun défi ne sont ici impliqués.

Mais à certaines occasions, les exigences de la Torah nous forcent à dépasser le cadre de l’engagement que nous sommes prêts à investir. Et à d’autres moments, c’est notre environnement qui crée des défis qu’il semblerait raisonnable de ne pas relever. Certes, il est important de s’en tenir à nos principes et à nos valeurs mais jusqu’à quel point ? Combien sommes-nous prêts à sacrifier pour les respecter ? Dans la plupart des cas, nous estimons que notre vie, et peut-être même nos possessions sont trop importantes pour les mettre en danger.

Cela met en lumière la force extraordinaire du messirout néfèch et du zèle dont fit preuve Pin’has. Même lorsque la raison et la logique n’exigeaient pas de lui une telle implication, il n’hésita pas.

Où se trouve la source d’un tel engagement ? S’il ne naît pas dans l’esprit, d’où vient-il ? Pourquoi une personne est-elle prête à prendre de tels risques et à faire de tels sacrifices ?

La ‘Hassidout explique que dans le tréfonds de chacun réside une âme, «réelle partie de D.ieu». Cela représente un niveau encore plus profond que les pensées et les sentiments. C’est ainsi qu’il est prêt à s’engager pour D.ieu même lorsque sa logique et sa raison lui dictent le contraire. Son véritable moi, son intériorité Divine s’identifient avec la volonté de D.ieu et le poussent à faire ce qui est nécessaire pour l’accomplir, quels que soient les risques ou les sacrifices impliqués.

D’un côté, cela semble témoigner d’un niveau admirable. Mais dans la vie quotidienne, cela peut paraître problématique. Puisque nous évoquons un engagement qui dépasse la logique et la raison, comment cela peut-il être distingué d’un fondamentalisme fanatique, tellement présent dans de nombreuses couches de la société contemporaine ? En quoi ce message diffère-t-il de ce que de nombreux cultes religieux répandent en disant à leurs adeptes de renoncer à tout, pour le lien avec D.ieu que promet le culte ?

La réponse à ces questions réside dans le fait que les valeurs et les principes pour lesquels le Judaïsme préconise le messirout néfèch sont ceux-là mêmes qui ont caractérisé la vie juive depuis plus de trois mille ans. Nous ne parlons pas de nouveaux idéaux qui viennent d’éclore mais d’un système éthique et moral qui est mis en pratique depuis des siècles. Le messirout néfèch d’un Juif est l’extension de l’Histoire qui a prouvé son intégrité au fil du temps. Ce sacrifice de soi continue la chaîne d’or de dévouement pour laquelle notre peuple a vécu, et est mort, pour D.ieu et Sa Torah.

Perspectives

Nos Sages identifient Pin’has avec le prophète Elie, messager de la Rédemption. Elie est également caractérisée par le zèle, un engagement qui va au-delà de toutes limites. Puisqu’à l’ère de la Rédemption, le fond Divin qui se trouve à l’intérieur de chaque personne et de chaque entité se révélera, le messager de la Rédemption doit être quelqu’un qui a révélé sa propre intériorité Divine.

Nos efforts pour révéler la Divinité qui réside à l’intérieur de nous-mêmes et du monde suscitent une initiative symétrique de la part de D.ieu, Le poussant à révéler des énergies essentielles, normalement inexploitées.

D’une manière générale, il y a un ordre et un modèle dans la révélation Divine et Son essence n’est pas dévoilée. A l’Ere messianique, «ton Maître ne sera plus caché» et ces révélations essentielles se manifesteront ouvertement.

Qu’est-ce qui suscitera ce changement ? Un changement similaire à l’intérieur de nous-mêmes. En allant à la recherche de notre moi intérieur et en révélant notre essence Divine, nous inspirons un processus parallèle de la part de D.ieu.