Les Juifs ont l’espoir qu’à Roch Hachana, D.ieu leur accordera, en tous points, une bonne et douce année, de même qu’aux membres de leur famille, enfants, santé et prospérité matérielle, dans la largesse, en un bien visible et tangible.Pour autant, le bien n’a pas de limite. C’est la raison pour laquelle D.ieu a accordé les dix jours de Techouva, la période qui sépare Roch Hachana de Yom Kippour. L’effort en ces jours permet d’obtenir que la bénédiction de D.ieu, à Yom Kippour, plus et encore plus, de Sa main pleine et large, en fonction de Ses moyens.
Quel est l’effort qui est nécessaire, pendant ces jours ? Nous le précisions dans le rituel des fêtes :  » La Techouva, la prière et la Tsédaka « . Grâce à ces trois domaines, D.ieu accorde la bénédiction, de Sa main pleine et large.
Ces trois domaines, si on les examine sommairement, existent également chez les non-Juifs, qui connaissent  » la repentance, la prière et la charité « .
Pour autant, ces trois notions, telles que le Judaïsme les définit sont profondément et radicalement différentes. Les termes de Techouva, de Tefila et de Tsédaka permettront de s’en convaincre.

La Techouva :

La repentance est, en fait, synonyme de regret. La Techouva, par contre, n’est pas le regret. Bien plus, les deux notions sont même opposées.

Le regret est l’introduction d’une situation nouvelle, pour celui qui est contrarié d’avoir mal agi ou, tout au moins, de ne pas avoir bien agi. La Techouva, en revanche, est un retour. Un Juif est bon, par nature et il souhaite avoir un comportement judicieux. Mais, pour différentes raisons, qui échappent à sa volonté ou n’en découlent pas totalement, il peut aussi mal agir. Il n’en reste pas moins qu’il est bon, de manière naturelle.

Sa Techouva est donc un retour aux sources, aux origines, à son moi profond, qui, dès lors, se révèle et dirige sa vie. C’est pour cela que chacun, y compris le Juste, peut accéder à la Techouva, puisque tous désirent atteindre leur moi profond et le mettre en évidence.

L’impie peut également faire Techouva. Aussi bas qu’il soit tombé, cette voie lui reste toujours accessible, puisqu’il ne s’agit pas pour lui d’une situation nouvelle, mais seulement d’un retour vers son existence intérieure.

La Tefila.

La prière est synonyme de requête. Les Juifs, en revanche, préfèrent parler de Tefila. Là encore, ces deux notions sont opposées. La requête est ce que l’on demande, alors que la Tefila est un moyen de s’attacher.

La requête porte sur ce qui manque à l’homme. Elle est formulée à D.ieu pour qu’Il l’exauce, de Sa propre initiative. Elle n’a pas de sens lorsque le manque n’est pas constaté ou lorsqu’elle porte sur ce que l’on ne désire pas. La Tefila, par contre, permet à l’homme de s’attacher à D.ieu et il prend lui-même l’initiative de ce lien. Une telle démarche peut être le fait de tous, à
n’importe quel moment.
Chaque Juif possède une âme, qui est liée à D.ieu. Celle-ci pénètre dans un corps matériel, vivifie un homme et, dès lors, elle éprouve des besoins physiques, comme la nécessité de manger et de boire. Et, ces besoins affaiblissent son attachement à D.ieu. Quelques moments de la journée doivent donc être consacrés à la prière, afin de rafraîchir et de raffermir ce lien.
En conséquence, ceux qui n’éprouvent aucun besoin doivent également avoir recours à la Tefila, avec autant de force que les autres, car celle-ci n’a pas pour but de formuler une requête, mais bien de s’attacher à D.ieu.