Nous venons à peine, la semaine dernière, de commémorer, pour la 69ème fois, le 10 Chevat, le jour où le Rabbi succéda à son beau-père, devenant le Rabbi de Loubavitch. Voici que survient alors, par définition moins d’une semaine plus tard, le 15 Chevat, le 21 janvier dernier, le « nouvel an des arbres », ce jour où, selon l’enseignement du Talmud, D.ieu juge les arbres et qui, même s’il n’est pas associé à un jour de fête au sens strict, ressort comme un point de joie sur le tissu des jours. Faut-il n’y voir qu’un hasard de calendrier ?

C’est qu’il y a comme un lien profond entre ces dates successives. Il a été abondamment dit que le 10 Chevat n’est pas un simple anniversaire mais bien le début d’un nouveau temps qui a vu les retrouvailles entre le judaïsme, la pratique de ses commandements et de larges segments du peuple juif, comme une sorte de révolution. Quels sont donc la place et le sens du 15 Chevat ?

Ce « nouvel an » est aussi la marque d’une renaissance. Certes, les commentateurs relèvent qu’à ce moment, avant le début du printemps, c’est le tout premier frémissement qui monte au cœur des arbres. Après la période où le froid a endormi la nature, c’est d’un retour de la vie qu’il s’agit. Et cela nous concerne au premier chef, d’abord au titre d’utilisateurs des arbres et des fruits qu’ils nous prodiguent, mais aussi en tant qu’arbres métaphoriques nous-mêmes. « L’homme est un arbre des champs » dit le texte. Affirmation surprenante mais ô combien légitime. Le parallèle s’impose de lui-même : parler de « racines », de « branches » et de « fruits » ne peut être que puissamment évocateur du destin des hommes. Gardons-nous cependant de ne voir le propos que comme une image facile. Il décrit profondément la réalité des choses : sans racines – dans tous les sens du terme – quel espoir de fruits pourrions-nous avoir ?

Et finalement le 10 Chevat, mercredi 14 janvier dernier, ne nous a-t-il pas donné le même message ? Vitaliser ou retrouver des racines, faire grandir ce que nous sommes, faire que toute notre vie ait un sens parce que nous portons les « fruits » qui donneront un lendemain à toutes les générations à venir : l’œuvre du Rabbi continue de montrer sa puissance. Le 15 Chevat exprime aussi tout cela. De date en date, nous voici au cœur des choses – à prendre à cœur.