L’heure est déjà au retour. Certes, beaucoup continuent encore à jouir de ce rituel de notre temps, les vacances, mais déjà l’essentiel en est passé et le quotidien reprend ses droits d’une façon indiscutablement croissante.

 

Dans cette période de transition, sans doute la tentation est forte de se laisser entraîner par le mouvement naturel des choses et de retrouver les rails familiers. Mais cette année, un événement exceptionnel nous l’interdit : c’est cette semaine que se déroule le congrès européen des Chlou’him, les envoyés du Rabbi sur tout le continent. Ils connaissent et vivent des situations bien différentes, depuis les rivages de l’Europe occidentale jusqu’aux confins de l’Europe orientale, des bords de la méditerranée aux fjords norvégiens. Et ce n’est pas seulement de géographie ou de climat qu’il s’agit.

De telles rencontres sont toujours importantes par elles-mêmes, pour les retrouvailles et les échanges qu’elles permettent. Mais celle-ci a quelque chose de particulier. Elle se déroule, cette année, en Russie, au Belarus et au Kazakhstan. Ces pays n’ont bien sûr pas été choisis par hasard. Le Belarus est l’état où se trouve la ville de Loubavitch aujourd’hui, suite aux changements contemporains des frontières. La Russie est le lieu historique du mouvement. Quant au Kazakhstan, c’est là, dans la capitale de ce qui fut l’Asie soviétique, que repose le père du Rabbi, Rabbi Lévi Its’hak, décédé durant la peine imposée par le pouvoir de l’époque.

C’est la deuxième fois qu’un tel congrès a lieu dans cette région du monde. La première fois était juste après la chute du rideau de fer, cette année voit la seconde. Il y a ici comme un immense symbole. Ces terres-là furent celles d’une oppression cruelle, elles sont devenues des lieux où les Chlou’him se réunissent et parlent de l’avenir du judaïsme et de celui de leurs communautés respectives. En ces temps de morosité, et bien loin de toute attitude nostalgique, il y a ici comme une invitation, mieux une leçon de vie et d’espoir. Quand on connaît le chemin que l’on suit, qu’on avance sans faiblir, les rendez-vous avec l’histoire ne peuvent être que positifs. Cela réclame une bonne dose d’optimisme sans doute. Mais n’est-ce pas justement la capacité de l’homme, et particulièrement du Juif, de toujours croire en l’avenir pour pouvoir mieux le construire, d’avoir ce type de rêve dont on tisse la réalité ?