Nous l’attendions, n’est-ce pas ? Et ce n’est pas du « déconfinement » qu’il s’agit ! Alors ? La fête de Chavouot est notre rendez-vous.

De fait, nous l’avons attendue depuis Pessa’h et, malgré les soubresauts de l’actualité, nous n’avons jamais perdu de vue l’avancée majeure que ce jour représente. Les épreuves de la période n’ont en rien attiédi l’ardeur naturelle qui s’empare de chacun à l’approche de la fête. Au contraire, elles l’ont soulignée. En effet, si avoir des repères forts est toujours nécessaire, cela devient sans doute encore plus impératif quand le monde alentour semble comme déstabilisé.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Jusqu’au Don de la Torah, les hommes erraient sans même être capables de donner un nom à cette errance morale et intellectuelle. Qu’est-ce qu’un être humain s’il ne possède pas de valeurs incontournables ? Qu’est-il s’il n’a pas de vision d’avenir et si, pour lui, tout n’est qu’un éternel recommencement ? Sans un espoir qui le pousse vers tous les devenirs, il n’est plus que l’image de la stagnation, du repli sur soi. Mais vient le Don de la Torah, la révélation de la Volonté Divine dans ce monde, et tout change. C’est comme si, tout à coup, les choses prenaient forme c’est-à-dire sens et vie. Nouveauté radicale : l’homme découvre le chemin qui le conduit au-dessus de lui-même. Il peut enfin sortir des limites de sa condition et, créature, s’élever jusqu’au Créateur. Plus encore, quand le ciel s’assombrit, que les circonstances lui font perdre la route, il possède à présent un guide, des repères qui le maintiennent dans la société des hommes et dans une civilisation d’harmonie.

Pour toutes ces raisons, Chavouot n’est pas une fête comme les autres et encore moins une commémoration. C’est le jour fondateur, la pierre ultime sur laquelle se fonde notre existence et il doit être ainsi vécu. En ce jour, les Dix Commandements retentiront et, comme la première fois, au mont Sinaï au lendemain de la sortie d’Egypte, D.ieu les proclamera, pénétrant ainsi le monde de Sa sagesse et de Sa présence. Plus rien ne sera jamais pareil. S’il y a un « monde d’après », c’est de celui-là qu’il s’agit. Il nous appartient de le concrétiser.