Le beau-père de Moché, Yitro, entend parler des miracles extraordinaires qu’a accomplis D.ieu pour le Peuple d’Israël. Il se rend de Midian au camp d’Israël, accompagné de la femme de Moché et de leurs deux fils. Yitro conseille à Moché de désigner une hiérarchie constituée de magistrats et de juges pour l’aider dans sa tâche de chef et de législateur pour le peuple.

Les Enfants d’Israël établissent leur campement face au Mont Sinaï où il leur est dit que D.ieu les a choisis pour être Son « royaume de prêtres » et « une nation sainte ». Le peuple répond en proclamant : « Tout ce que D.ieu a dit, nous le ferons ».

Le sixième jour du troisième mois (Sivan), sept semaines après la sortie d’Egypte, le peuple juif dans son intégralité s’assemble au pied du Mont Sinaï. D.ieu descend sur la montagne dans le tonnerre, les éclairs, des tourbillons de fumée et le son du Chofar. Il commande à Moché de monter.

D.ieu proclame les Dix Commandements, enjoignant le Peuple d’Israël de croire en D.ieu, de ne pas servir d’idoles ou de prononcer le Nom de D.ieu en vain, de garder le Chabbat, d’honorer les parents, de ne pas tuer, de ne pas commettre d’adultère, de ne pas voler et de ne pas porter de faux témoignages ni de jalouser la maison d’autrui. Les Juifs s’adressent à Moché en criant que la révélation est trop intense pour qu’ils puissent la supporter, le suppliant de recevoir, lui, la Torah de D.ieu et de la leur transmettre.

La Paracha Yitro relate le Don des Dix Commandements sur le Mont Sinaï. Comment les Dix Commandements améliorent-ils notre compréhension de l’action à mener ?

Les cantillations supérieures et les cantillations inférieures

Lorsque l’on observe les Dix Commandements, en hébreu, l’on peut remarquer que les signes de cantillation, ou notes musicales, qui figurent sur les lettres des Dix Commandements sont très particulières. Chaque mot de la Torah est accompagné d’une note musicale que l’on appelle « Taâm ». Cependant, sur les mots des Dix Commandements sont apposés deux types de ces notes musicales.

On les appelle « Taâm Ta’htone », cantillations inférieures et « Taâm Elyone », cantillations supérieures. Les notes « Taâm Ta’htone » sont utilisées lorsque l’on prononce informellement ou individuellement les Dix Commandements. Celles définies comme « Taâm Elyone » sont celles que l’on prononce lorsqu’on lit les Dix Commandements publiquement.

Non seulement leurs mélodies sont différentes mais la structure de leur prononciation l’est également. Par exemple, selon le « Taâm Ta’htone », les deux premiers des Dix Commandements sont découpés en plusieurs passages séparés alors que dans le « Taâm Elyone », ils constituent un seul passage.

Deux à partir d’un

Le livre des Psaumes affirme : « Un [commandement] D.ieu prononça, deux furent entendus » (Tehilim 65 :12). Le Talmud explique qu’au Mont Sinaï, D.ieu commença en prononçant simultanément les deux premiers commandements. Cela nous fut totalement incompréhensible si bien que D.ieu répéta les commandements, en séparant, cette fois-ci, les deux passages.

Il est sûr que D.ieu, omniscient, était conscient que les êtres humains ne pouvaient comprendre les deux commandements prononcés en même temps. Pourquoi donc le fit-Il ? Et si, dans Son infinie sagesse, D.ieu sait que ces commandements doivent être transmis en un seul verset, pourquoi les sépara-t-Il par la suite en deux versets ?

Actif et passif

La Torah est constituée de 613 commandements qui se séparent en deux catégories : 248 commandements positifs et 365 commandements négatifs.

Les commandements positifs sont des actes concrets : « Lève-toi et fais ! ». Les commandements négatifs consistent à s’abstenir de faire des choses interdites.

Quelle est la récompense spirituelle pour un commandement positif ? Il attire une énergie positive dans ce monde, en en faisant un monde meilleur, avec des bénédictions, du succès, de la bonne santé et de la lumière spirituelle.

La récompense pour les commandements négatifs est le fait d’enlever les sources de négativité dans le monde : diminuer le mal et chasser la maladie, la souffrance, la guerre etc.

En dernier ressort, l’esprit d’impureté, le mal seront totalement éliminés de la surface de la terre, avec la venue du Machia’h.

Cependant, Maimonide affirme que la Torah ne changera jamais, même alors. En d’autres termes, aucun des 365 commandements négatifs ne deviendra obsolète. Mais dans un monde de lumière, sans plus aucun mal à supprimer, quelle sera leur fonction ? Leur accomplissement doit, sans aucun doute, avoir un autre rôle que celui de déraciner le mal !

Au-delà de la compréhension et dans la compréhension

Accomplir un commandement négatif apporte, en réalité, une lumière dans le monde qui est « plus positive que la positive ». Cette lumière est si transcendante, tellement éloignée de notre compréhension que la seule manière de la traduire en mots est d’utiliser la forme négative, dire ce qu’elle n’est pas. C’est ce que l’on appelle « l’obscurité qui rayonne plus que la lumière ». C’est le message de « Un, D.ieu prononça, deux furent entendus », quand le premier et le second commandement furent délivrés ensemble, comme un seul.

L’objectif de « Un, D.ieu prononça » est de nous enseigner que le commandement positif et le commandement négatif, faire et ne pas faire, sont essentiellement un : ils sont tous deux positifs. Tel est le sens des « cantillations supérieures ».

En revanche, les cantillations inférieures ont trait à l’individu qui commence à étudier et à comprendre la Loi de la Torah et à servir D.ieu. Pour pouvoir comprendre correctement le chemin qu’il doit prendre, il doit disséquer et analyser chaque verset et chaque lettre de la Torah et il doit faire des distinctions claires entre ce qui est négatif et ce qui est positif dans sa vie.

Entendre l’Unité

Il est clair que les cantillations supérieures tout comme les cantillations inférieures jouent un rôle important dans la mélodie de notre service Divin. Mais comment réellement parvenir au niveau des cantillations supérieures ? Nous pouvons le faire en servant D.ieu en tant que communauté, en tant qu’assemblée, nous unifiant les uns les autres, tout comme nous le fîmes au Mont Sinaï. C’est ainsi que la force de nos actions spirituelles individuelles se multiplie. Quand nous nous unissons, la seule chose qui nous reste à faire est d’ouvrir les yeux, de ressentir l’obscurité brillante au-delà de la lumière.

Comme l’affirme le Rabbi : « l’ère messianique est déjà là. Tout ce qu’il nous reste à faire est d’ouvrir les yeux ».