Un jour, alors que je faisais la queue dans un supermarché de Bné-Brak, j’engageai la conversation avec la dame à côté de moi (après tout, autant mettre à profit ce temps passé à attendre de payer mes courses…). Je lui proposai d’acheter une lettre et elle accepta, enchantée. Je notai les prénoms de ses enfants puis elle me demanda :

– Je travaille dans un jardin d’enfants à ‘Holon. Je n’habite pas ici et je suis venue en autobus avec un groupe de femmes pour une soirée féminine. Je pourrai peut-être aussi inscrire les enfants dont je m’occupe à ‘Holon afin qu’eux aussi achètent une lettre dans le Séfer Torah ?

– Quelle bonne idée ! Dorénavant, vous allez devenir Chlou’ha (émissaire du Rabbi) de cette école à ‘Holon ! Parlez-en aux mamans autour de vous et transmettez-moi les noms exacts des enfants intéressés !

Elle enregistra mon numéro de téléphone personnel et s’engagea à accomplir cette mission.

Une semaine plus tard, elle m’appela effectivement et je notai les noms et nous nous mîmes d’accord pour qu’elle me fasse parvenir le paiement symbolique qui accompagne cette initiative.

D’ordinaire, quand j’inscris ainsi des enfants pour le Séfer Torah, je les transmets à Mme Liberman qui travaille dans le bureau affecté à Rav Chmouel Greizman qui est chargé de s’occuper de la logistique de cette campagne. Mais je ne transmets pas les numéros de téléphone des parents.

En février 2020, je participai à une levée de fonds en faveur du Beth ‘Habad de la ville d’Even Yehouda : en effet, le Rabbi m’avait nommée directrice de l’Association des Amis d’Even Yehouda et je me sentis obligée de participer au moins symboliquement, en passant par exemple au moins deux appels téléphoniques depuis mon agenda personnel. En parcourant mon carnet d’adresses, je suis tombée sur le numéro de cette dame que j’avais rencontrée à Bné-Brak. Je n’avais rien à perdre, je la contactai. Elle me répondit immédiatement et ne cacha pas sa joie de mon appel. De fait, j’étais assez étonnée car nous ne nous connaissions pratiquement pas ! Elle m’expliqua qu’elle s’était efforcée de retrouver mon numéro mais en vain. Personnellement, je me demandai intérieurement d’où je la connaissais, j’avais déjà oublié cet épisode, depuis trois ans peut-être…

– Non, quatre ans ! corrigea-t-elle, très sûre d’elle.

Que se passait-il ? Ma mémoire me jouait-elle déjà des tours ? Elle continua :

– Je vais vous expliquer pourquoi je suis sûre de moi : quand nous avons bavardé et échangé les numéros de téléphone, cela a pris un peu de temps et les dames m’attendaient, assez énervées de mon retard.

A cette époque, je voulais vraiment un autre enfant mais en vain : six mois, sept mois, huit mois mais toujours rien. Je m’adressai alors directement à D.ieu : Maître du monde ! J’ai inscrit les élèves de mon jardin d’enfants dans le Séfer Torah et, par ce mérite, je Te demande de me permettre de donner naissance à un autre enfant. Et si c’est un garçon, je l’appellerai Mena’hem Mendel – comme le Rabbi de Loubavitch !

Le mois suivant, j’étais enceinte !

Lors de la Brit Mila, on me demanda comment s’appelait l’enfant et j’ai annoncé : Mena’hem Mendel ! Tous s’étonnèrent ! Nous sommes Sefarades et nous n’avons pas l’habitude d’un nom en yiddish comme Mendel ! Et, de plus, chez nous, on n’a pas l’habitude de donner deux prénoms ! Mais j’insistai : « J’aime le Rabbi et je veux que mon fils s’appelle ainsi ! ». Il est vrai que mon père s’appelle Mena’hem mais chez nous, contrairement aux Achkenazim, c’est un honneur que de donner le nom d’un ascendant vivant.

Par la suite, j’ai eu une fille.

En novembre dernier, mon fils Mena’hem Mendel a eu trois ans et c’est pour cela que je sais avec certitude que cela fait quatre ans que nous nous sommes rencontrées !

Je voulais tellement vous raconter ce qui m’était arrivé à la suite de cette rencontre fortuite mais je n’avais pas enregistré votre numéro. J’ai contacté le Beth ‘Habad de la ville de Bat Yam pour demander le numéro de la dame qui inscrivait les enfants au Séfer Torah dans une épicerie à Bné-Brak mais on me répondit qu’il y en avait beaucoup… Heureusement que vous m’avez contactée de votre propre initiative, j’ai ainsi pu vous raconter tout ce qui s’est passé depuis ces cinq minutes passées ensemble, il y a quatre ans !

J’avoue que j’étais sidérée. Jamais je n’aurais pu m’attendre à un tel développement à la suite d’une petite conversation pour passer le temps dans la queue… D’un coup, les nuages qui couvraient le ciel s’étaient pour moi dissipés et j’avais entrevu comment D.ieu dirige le monde…

Tama Horouchorine

Neshei N° 1909 – Kfar Chabad

Traduite par Feiga Lubecki

C’est une campagne du Rabbi qui m’est particulièrement chère : inscrire les enfants juifs dans un Séfer Torah qui leur est dédié en incitant chaque parent à acheter une lettre dans le rouleau sacré pour chacun de leurs enfants.

Un jour, alors que je faisais la queue dans un supermarché de Bné-Brak, j’engageai la conversation avec la dame à côté de moi (après tout, autant mettre à profit ce temps passé à attendre de payer mes courses…). Je lui proposai d’acheter une lettre et elle accepta, enchantée. Je notai les prénoms de ses enfants puis elle me demanda :

– Je travaille dans un jardin d’enfants à ‘Holon. Je n’habite pas ici et je suis venue en autobus avec un groupe de femmes pour une soirée féminine. Je pourrai peut-être aussi inscrire les enfants dont je m’occupe à ‘Holon afin qu’eux aussi achètent une lettre dans le Séfer Torah ?

– Quelle bonne idée ! Dorénavant, vous allez devenir Chlou’ha (émissaire du Rabbi) de cette école à ‘Holon ! Parlez-en aux mamans autour de vous et transmettez-moi les noms exacts des enfants intéressés !

Elle enregistra mon numéro de téléphone personnel et s’engagea à accomplir cette mission.

Une semaine plus tard, elle m’appela effectivement et je notai les noms et nous nous mîmes d’accord pour qu’elle me fasse parvenir le paiement symbolique qui accompagne cette initiative.

D’ordinaire, quand j’inscris ainsi des enfants pour le Séfer Torah, je les transmets à Mme Liberman qui travaille dans le bureau affecté à Rav Chmouel Greizman qui est chargé de s’occuper de la logistique de cette campagne. Mais je ne transmets pas les numéros de téléphone des parents.

En février 2020, je participai à une levée de fonds en faveur du Beth ‘Habad de la ville d’Even Yehouda : en effet, le Rabbi m’avait nommée directrice de l’Association des Amis d’Even Yehouda et je me sentis obligée de participer au moins symboliquement, en passant par exemple au moins deux appels téléphoniques depuis mon agenda personnel. En parcourant mon carnet d’adresses, je suis tombée sur le numéro de cette dame que j’avais rencontrée à Bné-Brak. Je n’avais rien à perdre, je la contactai. Elle me répondit immédiatement et ne cacha pas sa joie de mon appel. De fait, j’étais assez étonnée car nous ne nous connaissions pratiquement pas ! Elle m’expliqua qu’elle s’était efforcée de retrouver mon numéro mais en vain. Personnellement, je me demandai intérieurement d’où je la connaissais, j’avais déjà oublié cet épisode, depuis trois ans peut-être…

– Non, quatre ans ! corrigea-t-elle, très sûre d’elle.

Que se passait-il ? Ma mémoire me jouait-elle déjà des tours ? Elle continua :

– Je vais vous expliquer pourquoi je suis sûre de moi : quand nous avons bavardé et échangé les numéros de téléphone, cela a pris un peu de temps et les dames m’attendaient, assez énervées de mon retard.

A cette époque, je voulais vraiment un autre enfant mais en vain : six mois, sept mois, huit mois mais toujours rien. Je m’adressai alors directement à D.ieu : Maître du monde ! J’ai inscrit les élèves de mon jardin d’enfants dans le Séfer Torah et, par ce mérite, je Te demande de me permettre de donner naissance à un autre enfant. Et si c’est un garçon, je l’appellerai Mena’hem Mendel – comme le Rabbi de Loubavitch !

Le mois suivant, j’étais enceinte !

Lors de la Brit Mila, on me demanda comment s’appelait l’enfant et j’ai annoncé : Mena’hem Mendel ! Tous s’étonnèrent ! Nous sommes Sefarades et nous n’avons pas l’habitude d’un nom en yiddish comme Mendel ! Et, de plus, chez nous, on n’a pas l’habitude de donner deux prénoms ! Mais j’insistai : « J’aime le Rabbi et je veux que mon fils s’appelle ainsi ! ». Il est vrai que mon père s’appelle Mena’hem mais chez nous, contrairement aux Achkenazim, c’est un honneur que de donner le nom d’un ascendant vivant.

Par la suite, j’ai eu une fille.

En novembre dernier, mon fils Mena’hem Mendel a eu trois ans et c’est pour cela que je sais avec certitude que cela fait quatre ans que nous nous sommes rencontrées !

Je voulais tellement vous raconter ce qui m’était arrivé à la suite de cette rencontre fortuite mais je n’avais pas enregistré votre numéro. J’ai contacté le Beth ‘Habad de la ville de Bat Yam pour demander le numéro de la dame qui inscrivait les enfants au Séfer Torah dans une épicerie à Bné-Brak mais on me répondit qu’il y en avait beaucoup… Heureusement que vous m’avez contactée de votre propre initiative, j’ai ainsi pu vous raconter tout ce qui s’est passé depuis ces cinq minutes passées ensemble, il y a quatre ans !

J’avoue que j’étais sidérée. Jamais je n’aurais pu m’attendre à un tel développement à la suite d’une petite conversation pour passer le temps dans la queue… D’un coup, les nuages qui couvraient le ciel s’étaient pour moi dissipés et j’avais entrevu comment D.ieu dirige le monde…

Tama Horouchorine

Neshei N° 1909 – Kfar Chabad

Traduite par Feiga Lubecki