Certaines idées ne s’imposent pas d’elles-mêmes, elles ont comme besoin d’un événement fondateur. Elles sont pourtant bien souvent importantes. Réfléchissons donc à un concept presque anodin, celui de l’anniversaire. Quelqu’un naît, par nature et nécessité, un certain jour de l’année. La pratique générale est de marquer ce jour, apparemment simple fait du hasard, d’année en année.

Tout cela pourrait s’arrêter là, comme si le judaïsme n’avait rien à dire à propos d’un rite social parmi tant d’autres. Mais voici qu’à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de son épouse, la Rabbanite ‘Haya Mouchka, le Rabbi lançait le 25 Adar 1988 une campagne de célébration de l’anniversaire juif. Le 25 Adar tombe cette semaine, c’est l’occasion de s’en souvenir. Mais où cela peut-il bien mener ?

C’est alors qu’apparaît en pleine lumière la richesse de la notion. L’anniversaire est-il autre chose que le jour où D.ieu nous a donné la vie ? De ce fait, est-il autre chose qu’un jour où nous ressentons envers Lui la gratitude la plus sincère et où nous avons à cœur de Lui adresser nos remerciements pour ce don fabuleux ? Plus encore, si, en ce jour, notre âme est descendue dans ce monde pour y accomplir sa mission, cela signifie également qu’elle lui est comme liée. C’est dire que, pour elle, cette journée a une portée et une puissance inhabituelles. Nos Sages l’expriment clairement : en ce jour, disent-ils, « sa source spirituelle a la primauté ». En d’autres termes, chacun, lorsque revient ce qui est essentiellement « son » jour, est doté d’une capacité d’action et de changement qu’il ne rencontre pas à une autre date.

Ainsi, un jour d’anniversaire de naissance est à la fois un jour de joie, puisqu’il célèbre le bonheur inégalé d’être en vie, et un jour de réflexion sur les avancées à décider puisque rien ne pourra les arrêter. Finalement qu’est-ce que l’existence d’un être humain sinon la conjonction de ces deux démarches : se réjouir et agir pour le bien. L’anniversaire juif, évidemment calculé dans le calendrier hébraïque, est l’incarnation même de cette œuvre double. C’est aussi pour cela qu’il peut opérer une véritable transformation de soi. C’est bien un jour à soi, qui nous appartient en propre, un jour où on se réunit avec ses amis, où la Torah et la Tsedaka sont présents. C’est un jour d’exception à prendre comme tel parce que se souhaiter un « bon anniversaire » va beaucoup plus loin que ce que la banalité de l’expression peut laisser entendre. Le judaïsme sait toujours poser des jalons pour soutenir chacun dans son progrès personnel et le guider sur le chemin à suivre. L’anniversaire est de ceux-là.

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